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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 22 octobre 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Dame Silú de Mordomoire
(tout)

TRACKLIST

1) Alone Among the Misty Hills
2) Melancholia
3) Grim Banners
4) Voyageur
5) Kingdom of Liars
6) Douceur de la Dernière Pierre
7) Moonlight Rider
8) Snowfall

DISCOGRAPHIE

Ordeals (2018)
A World of Shadows (2020)

Dame Silú de Mordomoire - A World of Shadows
(2020) - gothique ambient - Label : Naturmacht



« Elle revient ! » J’aurais aimé entendre l’annonce du retour de l’Elfe Noire, en train de marcher dans la forêt. Qu’un messager ailé vienne m’apporter la nouvelle. Avec les restrictions propres à cette fin d’année 2020, j’ai dû apprendre la sortie d’ "A World of Shadows" via Facebook. Entre la photo du petit dernier de la cousine Jacquotte et un pamphlet anti-**** (remplacez les astérisques par ce que vous voulez, hein, au royaume des hypersensibles, les prudents sont rois). C’est moins magique, mais j’étais certain que le pouvoir du nouvel album de Dame Silú de Mordomoire me plongerait illico dans son monde.

Et ça n’a pas loupé. Avec Dame Silú, c’est pratique, appuyez sur « play » et hop ! aspiration, brumisation, forestisation garanties. Sa musique, picturale à souhait, évoque tout de suite les ombres des personnages des Terres du Milieu, Dead Can Dance en plus. C’était déjà le cas sur Ordeals où notre artiste plantait le décor : dungeon-synth à tous les étages, agrémenté d’une heavenly voice très, très heavenly, de quelques morceaux plus catchy et rythmés que ce que le genre réserve en général, et d’une ambiance Summoning du plus bel effet. Qu’en est-il sur World of Shadows ? La sorcière des bois a-t-elle réuni les mêmes ingrédients ? Oui. Et pourtant… Le résultat est quelque peu différent, voire meilleur. Alors que j’attendais un premier titre rythmé, indiquant une possible - et légitime - envie de Dame Silú de Mordomoire d’attirer le chaland, je me trouve en face de trois titres très dungeon synth, éthérés, magnifiques de finesse, mais dont l’absence de rythme n’étayent en aucun cas ma thèse d’une volonté d’élargissement de parts de marché. Dame Silú s’affirme résolument attachée à son monde d’origine. No compromise. Respect.
À la fin de "Grim Banners", on en vient donc à penser que l’Elfe Noire se cantonnera prudemment à son style de prédilection, tel un Bolt Thrower arcbouté sur ses gros riffs. Que nenni : avec "Voyageur", elle prend son envol et se lâche. Le quatrième titre de l’œuvre va loin, puisque Dame Silú s’envole vers le néo-classique à la sToa. Empreint d’une douceur et d’une mélancolie que seuls les êtres à l’âme fragile savent engendrer, il n’a d’égal que la candeur bluffante, touchante de "Moonlight Rider" où l’artiste se transforme l’espace d’une chanson en l’émule de Kate Bush. Quant à "Kingdom of Liars", il s’agit du troisième joyau de la Princesse. Débutant comme un sérieux candidat au titre de champion du Summoning-intro contest - du rythme, enfin du rythme ! - le Royaume des Menteurs séduit par un côté martial plus développé qu’à l’accoutumée, et l’entrée en jeu au moment opportun de la superbe voix de Dame Silú, dont les vocalises Lisa Gerrard-like épousent parfaitement le côté épique de la musique. On touche au sublime. Bref, ce World of Shadows est un album parfaitement composé, profond et beaucoup plus ambitieux que ce que l’on pourrait croire de primer abord. Un grand moment.

-Sam, dépêche-toi, il faut y aller !
-Maître Frodo, encore quelques minutes, elle chante si bien…
-Voyons, Sam, il faut…
-Non mais tu va me lâcher, deux minutes, oui ? Je l’écoute chanter ! Okay ? T’as qu’à y aller tout seul à Cirith Ungol, si t’es si pressé ! Putain, il est relou celui-là !
Ah ces Elfes Noirs… Leur charme vénéneux viendrait à bout de Gandalf lui-même. Le deuxième ouvrage de la saga initiée par Dame Silu de Mordomoire a encore plus de corps que le premier. A consommer sans modération.






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