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CHRONIQUE PAR ...

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Demostan
Cette chronique a été mise en ligne le 21 octobre 2020
Sa note : 19/20

LINE UP

-Dimitris Perros
(guitare)

-George Apalodimas
(basse)

-Stelios Darakis
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Yannis Papadopoulos
(chant)

-Vagelis Spanakis
(guitare)

-Steve Lado
(guitare sur "Sacred Outcry")

-John Skalkotos
(claviers)

TRACKLIST

1) Timeless
2) Legion of the Fallen
3) Sacred Outcry
4) Where Ancient Gods Are Still Hailed
5) Scared to Cry
6) Lonely Man
7) Crystal Tears
8) Damned for All Time
9) Farewell

DISCOGRAPHIE


Sacred Outcry - Damned For All Time
(2020) - power metal - Label : No Remorse Records



Sorti le vingt-cinq septembre 2020 chez No Remorse Records, Damned For All Time est le premier album du groupe de heavy épique grec Sacred Outcry. Mais bien qu’étant le premier, il n’est pas né d’un groupe aussi jeune qu’on pourrait le croire, puisque celui-ci s’est formé au Pirée en 1998, soit il y a tout de même vingt-deux ans ! Et ce qu’il nous livre aujourd’hui est un beau fruit longtemps mûri. Après l’avoir enregistré entre 2001 et 2003, le groupe a décidé de le laisser en jachère sous la forme d’un rough mix, en attendant de pouvoir, un jour, le peaufiner comme il le méritait. En 2015, ils ont remis l’ouvrage sur le métier… et enfin, le voilà !!!

Après avoir brossé la genèse de l’album, je ne peux entrer dans le vif du sujet sans évoquer l’artwork, de toute beauté, signé par George Apalodimas, qui n’est autre que le bassiste du groupe, et dont on peut déjà espérer qu’il illustrera leurs futurs recueils, tellement on est frappé par la beauté du talent qu’il nous révèle. En somme, nous pouvons dire que la révélation de Sacred Outcry est tout autant musicale que picturale, et que l’album se situe à la hauteur des promesses de la pochette, en nous servant du heavy épique dans ce qu’il peut offrir de meilleur et de plus fin. L’écoute est lancée… La musique s’approche dans une rumeur de sons indistincts sonnant comme un écho des morceaux qui vont suivre, avant de laisser place à deux guitares infiniment harmonieuses qui nous font savourer le calme avant la tempête. C’est là que "Legion Of The Fallen" fait une entrée fracassante et se déploie avec panache dans un galop élégant et fier, nous régalant d’un chant altier et de guitares joliment mélodieuses. Lancée dans l’aventure, la formation donne déjà toute sa mesure dans cette cavalcade musicale qui nous mène droit vers le combat. C’est alors que "Sacred Outcry" arrive pour en découdre ; introduite par de grands coups de batterie et un riff de guitare à la Judas Priest, la composition, éloquente et très sentie, nous jette à corps perdu dans la bataille ; le tout est tellement bien composé et orchestré qu'en l'écoutant, des images de glorieux affrontements défilent devant nos yeux.
Éloquente aussi, sur un ton exalté et aventureux, "Where Ancient Gods are Still Hailed" poursuit l’odyssée avec prestance, menée par deux voix auxquelles des chœurs lointains semblent répondre. Mais le cœur de l’album est sans conteste "Scared To Cry", autant par la place centrale qu’elle y tient que par l’épanchement poignant qu’elle nous fait entendre, grâce à la synergie des voix et des guitares acoustiques. On poursuit la promenade avec un "Lonely Man" mené par le même duo de voix ensorcelantes, dont la quête solitaire se mue progressivement en une galopade jubilatoire où tout l’ensemble instrumental revient s’ébattre pour la plus grande joie de nos oreilles. C’est alors que la magnifique solennité de "Crystal Tears" nous invite à communier avec les larmes des héros déchus, entre ballade médiévale et éclats joliment épiques. Arrivent enfin "Damned For All Time", le plus long titre de l’album (quatorze minutes), et quelque part, l’heure de vérité du guerrier face à sa destinée. Le morceau concentre en lui-même la quintessence de l’œuvre, et aussi, j’ose le dire, celle du metal épique. Des allusions au cycle d’Elric soulignent l’inspiration fantasy évoquée d’entrée par l’artwork : une musique d’une telle qualité est propre à transcender cette thématique. Enfin, venu du fond du cœur des musiciens, le morceau "Farewell" clôture l’enregistrement avec tout l’éclat qu’il mérite, et toute la mélancolie du héros damné.


De la même manière qu'ils entretenaient, dans l'Antiquité, les feux sacrés au sein de leurs sanctuaires, on peut dire qu'à notre époque, les Grecs sont de dignes porte-flammes du metal, et en l'occurrence, du heavy metal épique. Après Solitary Sabred, dont j’ai chroniqué le dernier album, un groupe tel que Sacred Outcry s’en montre également un digne gardien et représentant. Usant avec intelligence et brio des plus grandes références du genre, de Helloween à Manowar en passant par Iced Earth, ils savent aussi les faire oublier pour mieux nous entraîner dans leur périple. Aussi, peut-on sincèrement espérer que cette sortie éblouissante ne soit que le début d'une grande odyssée.





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