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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 13 octobre 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Olga "Helle" Bogdanova
(chant)

-Evgeny Zhytnyuk
(chant+claviers)

-Dimitri Vinninchenko
(guitare)

-Alexander "Xander" Kamyshin
(basse)

-Ivan Kholmohorov
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Maksym "Max Norton" Pasichnyk
(chœurs+guitare)

-Yossi "Sassi" Sa'aron
(guitare+bouzouki sur "Petrichor")

-Vladislav Osadchiy
(alto)

-Yuri Yatsyuk
(orchestration sur "How I Hate the Night")

TRACKLIST

1) Şeytanu Akbar
2) Alexandria
3) Petrichor
4) Theatre of Denial
5) Jahi
6) Halves Rupture
7) Last Chosen by You
8) Alga
9) How I Hate the Night
10) Leviathan (Ultra Sheriff cover)

DISCOGRAPHIE


ignea - The Sign of Faith
(2017) - metal symphonique folk metal prog extrême metal - Label : Autoproduction



Après un premier EP, Sputnik, Parallax décide en 2015 de changer de nom, en raison d’un grand nombre de groupe arborant cet intitulé, pour devenir Igneaflamboyant »). Après avoir stabilisé le line up, les Ukrainiens, sous l’égide de son leader et principal compositeur, Evgeny, délivre en 2017 ce magnifique The Sign of Faith mélange de metal oriental, extrême, prog et sympho.

Sputnik, plus simple, dessinait les prémices (notamment à travers "Planet War") de ce qu’allait être The Sign of Faith. Cependant, la qualité intrinsèque ce premier LP prend de court un auditeur qui ne s’attend clairement pas à ce déferlement. Tout est savamment pensé, dosé et ce de manière intelligente (c’est d’ailleurs l'un des aspects de la touche prog du combo). "Şeytanu Akbar" illustre parfaitement ce propos. Le tempo est relativement lent, après une intro appuyant sur l’aspect oriental ; s’ensuit un bon gros riff puissant avant de laisser place à la dualité du chant entre la voix si particulière d’Helle et les screams d’Evgeny. On est loin du tube à la "Sputnik". Traitant du terrorisme, le groupe se révèle pertinent sur ce morceau et aborde un thème qui lui est cher. Le rythme s’accélère et The Sign of Faith prend une tournure plus direct avec "Alexandria", au refrain efficace et son pont mettant encore en lumière les sonorités orientales prisées par le collectif.
Sonorités qu’on retrouvera tout au long de ce premier effort, que ce soit en mode ballade sur "Theatre of Denial" ou plus heavy à la Myrath sur le tube "Halves Rupture". Helle va se même se permettre, le temps de "Petrichor", des lignes vocales arabisantes, ce qui permet encore une fois, de « casser » le rythme, d’apporter de la nouveauté à chaque nouvelle proposition, confirmant cet aspect prog qui va trouver son apogée sur l’épique "Jahi". Plus difficile d’accès, et se mettant doucement en place, l’occurrence se dévoile avec discrétion pour arriver au break faisant penser à Orphaned Land et redonnant un second souffle au titre mais également à la réalisation. Là où Ignea frappe fort c’est sur ces changements de rythmes incessants. On passe du tempo lent et lourd, aux morceaux plus directs voir plus épiques. Si cet aspect rend The Sign of Faith si réjouissant c’est qu’il se structure autour de compositions centrales, placées aux bons moment. "Şeytanu Akbar" et "Jahi", donc, mais également "Last Chosen by You" et "Leviathan".
Ces deux dernières sont l’âme de ce petit bijou. La première citée, piste la plus courte, est d’une efficacité sans nom, grâce à un refrain en screams qui n’a rien à envier à ceux de n’importe quel titre de speed mélo tant il déborde de puissance, d’énergie et d’efficacité, précédé d’un break parlé par Helle permettant une rupture avant le final. Quant à la seconde, c’est la quintessence de ce qu’est The Sign of Faith : ravageuse, puissante, quasi exclusivement instrumentale (avec quelques incursions d’Evgeny). Le riffing et surtout la batterie sont redoutables - on notera la performance globale assez exceptionnelle d’Ivan tout du long, se permettant même par moment quelques blasts. "Leviathan", c’est une touche de death, de prog et même de sympho qui, bien que peu présent, fait quelques apparitions sur l’album (la magnifique ballade orchestrale "How I Hate the Night"). Tel le monstre marin redoutable qu’il est, "Leviathan" conclut en beauté un recueil qui a été pensé de manière intelligente par son maître à penser.

Pas si facile d’accès aux premiers abords, The Sign of Faith se révèle complexe, puissant et magnifiquement construit. Ignea dévoile au fil de l’œuvre un metal oriental légèrement prog, subtilement sympho tout en continuant de lorgner sur le metal extrême. The Sign of Faith et ses occurrences lentes et prenantes ("Şeytanu Akbar") efficaces ("Last Chosen by You") épiques ("Jahi") et dévastatrices ("Léviathan") mettent en lumière une jeune formation terriblement talentueuse et décomplexée à qui on ne peut souhaiter que le meilleur.



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