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CHRONIQUE PAR ...

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Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 12 octobre 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Tomas "The Cuckoo" Hallbom
(chant+tous instruments)

-Hibernal
(tous instruments)

-Risperdal
(tous instruments)

Ont participé à l'enregistrement :

-Knivfen
(chant sur "Makoria")

-Jonas A. Holmberg
(chant sur "Ghost at The End of The Rope")

-MkM
(chant sur "Where Shadows Have Teeth")

-Thinking tree
(chant sur "Exuvia")

-Vindsval
(chant sur " Fire Dances")

-Lidde
(guitare sur "Exuvia")

-Alex Stjernfeldt
(basse sur "Where Shadows Have Teeth")

TRACKLIST

1) Makoria
2) Ghost at The End of The Rope
3) The End Is Mine to Ride
4) Marmorisation
5) Where Shadows Have Teeth
6) Exuvia
7) Fire Dances

DISCOGRAPHIE

The Tunnels (2011)
The Reverses (2016)

Terra Tenebrosa - The Reverses
(2016) - black metal post Indus black - Label : Debemur Morti Productions



Je me demande encore ce qui m’a amené à écouter The Reverses. Une curiosité malsaine, raison valable. Mais avouez quand même que l’artwork est intriguant (inquiétant ?) et assez loin des codes métalliques. Avouez aussi que les masques un peu vénitiens arborés par les membres sont suspects. Et quand dans la définition du style de Terra Tenebrosa, on lit « avant-garde », outre que cela ne veuille pas dire grand-chose, cela a tendance à éveiller l’appétit des plus musicalement téméraires d’entre nous. Ainsi, sans avoir l’air d’y prêter autre chose que de la curiosité désintéressée, j’ouvrais la boîte de Pandore.

Dans l’artwork, il fallait y voir la scène d’un bon film d’horreur entre le satanisme de chambre et le gore classe, sorte de cabane hantée par des entités dont on se demandera le film durant d’où elles viennent et ce qu’elles sont derrière ces masques. Pas ce qu’elles font, ça c’est évident. Elles déstructurent et décomposent. La voix d’abord, teintée de black, mais modifiée, torturée, susurrée puis crachée ou psalmodiée (en français dans "Fire Dances") toujours dans un but précis : entrer en vous par la moindre faiblesse, la moindre inadvertance et remonter jusqu’à vos craintes les plus enfouies.
Les riffs ensuite, qui n’empruntent au black metal que la froideur parfois lancinante. Le reste est imprégné de densité industrielle, répétition des mêmes accords à l’infini jusqu’à l’étouffement. La seule corde de vie restant un certain sens de la mélodie abstraite et tout à fait subjective. Je n’ai pas ressenti une telle oppression depuis ma rencontre avec Generator d’Aborym. À ceci près que ce dernier ne créa pas vraiment d’angoisse. The Reverses, si. La clôture "Fire Dances" vous sera difficile… Près de dix-sept minutes de cet acabit à avaler, assurez-vous d’y être prêt.


Au moment de conclure, je réalise que je n’étais pas revenu à ce style de black depuis Generator. Je comprends pourquoi, c’est une épreuve lorsque l’on prend la peine de faire plus que s’y pencher. C’est ce qui peut aussi rendre un album culte pour quelqu’un, et assurément le brûlot d’Aborym l’est pour moi. The Reverses pourrait le devenir par le même processus, dans quelque temps, après une nécessaire période d’adaptation, voire d’incubation. Et pendant que le virus s’installe, quoi de mieux que d’aller écouter les précédents ?





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