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CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 08 octobre 2020
Sa note : 13/20

LINE UP

-Kjetil Tvedte Grutle "Kjellson"
(chant+guimbarde+basse+programmation) 

-Ivar Skontorp Peersen "Bjørnson"
(chœurs+guitare+claviers+percussions
+programmation)

-Håkon Vinje
(chant+claviers)

-Iver Sandøy
(chant+batterie)

-Arve Isdal
(guitare)

TRACKLIST

1) Fires In The Dark
2) Jettegryta
3) Sequence
4) Homebound
5) Utgardr
6) Urjoturn
7) Flight of Thoughts and Memory
8) Storms of Utgard
9) Distant Seasons

DISCOGRAPHIE

Emperor / Hordanes Land (1993)
Vikingligr Veldi (1994)
Frost (1994)
Eld (1997)
Mardraum: Beyond The Within (2000)
Monumension (2001)
Below The Lights (2003)
Isa (2004)
Ruun (2006)
Vertebrae (2008)
Axioma Ethica Odini (2010)
Riitiir (2012)
In Times (2015)
E (2017)
Utgard (2020)

Enslaved - Utgard
(2020) - black metal Progressif un peu Viking un peu Black - Label : Nuclear Blast



Si le mythe Enslaved est toujours là en 2020, c’est probablement qu’il a su faire évoluer son style. Néanmoins, depuis le fabuleux Riitiir, le groupe avait tendance à oublier ce qui a fait cette force, et le fan que je suis s’est égaré dans In Times puis totalement perdu dans E… Ce dernier étant probablement le seul volontairement manquant dans ma collection. Oui, les extraits officiels d’Utgard m’ont interpellé, oui aussi ils ont été choisis « on purpose ». Alors renouveau réel, préquelle ou continuité médiocre d’une ligne inspiratrice essoufflée ?

L’album débute plutôt bien avec quelques chants en mode Viking à la Skuggsjá sur « Fires in The Dark ». On se prend à espérer un virage plus folk teinté de black, mais l’essai n’est pas transformé et restera un coïtus interruptus. La suite tourne en rond jusqu’à "Homebound", malgré l’inspiré break dissonant de "Jettegryta". "Homebound", présentement, offre le premier riff marquant d’Utgard après la dispensable "Sequence" qui aura tout de même le mérite d’introduire une voix presque hurlée, assez rare dans la discographie du groupe. La première moitié de l’opus passe, sans douleur, avec toujours la même voix black gutturale si identifiable et des voix claires de qualité, mais sans grand émoi non plus à part le sus-nommé "Homebound" en guise de préliminaires.
Sonne alors l’heure du réveil avec la presque éponyme "Utgardr", scandée en langue maternelle, dans une nappe froide sans guitare, juste un synthétiseur et une voix grave et profonde. Quelle parfaite introduction à la perle rare qu’est "Urjoturn". Presque post-black technoïde dans son approche d’un riff répétitif au clavier/ beat synthétique avant une voix claire imposante suivie de la voix black. Voilà, on est dans le mythe - enfin - d’Enslaved. Et comme c’est lorsqu’on atteint le sommet que l’on redescend, on oubliera par la suite "Flight of the Thoughts and Memory”, un peu sirupeuse et qui n’amène rien à ce que l’on connait déjà à l’instar de "Storms of Utgard". Heureusement, "Distant Seasons" relève une fin qui aurait pu être tragique, avec son petit côté psyché très agréable et à la mélodie réussie.

Il n’y a pas de réponse franche aux questions posées dans l’introduction. Pas vraiment de renouveau, mais un peu - peut-être les prémices si le groupe s’en donne la peine - et malheureusement une continuité médiocre sur une partie de l’album. Reste que la possibilité de renouvellement stylistique avec "Urjoturn" serait vraiment bienvenue. Pour ce qui est d’Utgard, la triplette de "Homebound" à "Urjoturn", justement, est extrêmement savoureuse et permet à cette fournée 2020 de ne pas sombrer dans l’inintérêt.





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