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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 28 septembre 2020
Sa note : 15/20

LINE UP

-Maelstrom
(chant+basse)

-Clément Roig
(guitare+batterie)

-Antoine R.
(guitare)

TRACKLIST

1) Intro
2) Venin noir
3) Les braises
4) Le dernier bastion
5) L'ascension du malin
6) Une charogne
7) Le silence...
8) ... et les larmes
9) Ta lumière

DISCOGRAPHIE

Le silence (2020)

Sunnudagr - Le silence
(2020) - black metal - Label : Autoproduction



« Un, deux, trois, je m’en vais au bois
Quatre, cinq, six, cueillir de ces riffs
Sept, huit, neuf, dans mon panier neuf
Dix, onze, douze, ils sont de Toulouse
»
Cette comptine populaire, légèrement remaniée, illustre le fait que de nos jours, les groupes de black metal dignes d’intérêt, notamment ceux de l’Hexagone, sont tellement nombreux qu’il suffit d’aller en (dark) forêt avec sa besace pour ramener plein de belles espèces venimeuses.

La dernière formation en date qui a retenu mon attention s’appelle Sunnudagr et vient, donc, de Toulouse, comme son nom ne l’indique pas forcément. Intrigué par le "Venin noir", dont la référence reptilienne est en parfaite adéquation avec le côté rampant du titre, posté par Antoine sur les groupes spécialisés des réseaux sociaux, je me passe Le silence en boucle depuis quelque temps, accroché par un black metal versatile aux multiples facettes, pas encore totalement exploitées mais déjà bien présentes. Pour vous faire une idée de la bête, imaginez une formation classique de black metal francophone de notre terroir (du côté d’Aorlhac ou Véhémence, par exemple), ajoutez aux sempiternels clusters de guitare accompagnés de blast-beats, des éléments de metal plus classique - les gars osent même un solo de guitare sur "Une charogne" ! - et des variations de rythmes plus fréquentes que la moyenne, magnifiquement orchestrées par une batterie dont la précision n’a d’égale que la glaçante sécheresse, et vous aurez une image assez fidèle de Sunnudagr le polyvalent. Le premier album du groupe s’écoute avec grand plaisir, que ce soit en mode "Powerslave" sur "… et les larmes", en version trve black flippant sur l’excellent "Le silence…" aux terribles saccades rythmiques, ou sur des passages plus lents, cf. "Le dernier bastion" ou "Une charogne".
La formation occitane s’avère solide dans l’ensemble des compartiments du jeu, et les trente-cinq minutes que dure l’album passent en volant, tel un Nazgûl véloce. Les artistes ont refusé de s’étendre longuement et ont privilégié le côté compact et efficace des compositions au développement d’une ambiance, ce qui constitue l’une des grandes forces de l’album - les titres à rallonge ne sont pas forcément un bonheur pour l’auditeur - mais illustre également le petit regret que j’éprouve une fois jouées les dernières notes de "Ta lumière". Je n’aurais pas été contre quelques morceaux supplémentaires - un petit frère du très inspiré "L’ascension du malin" , par exemple - ou l’approfondissement d’un titre comme "Le dernier bastion", qui, à mon avis, aurait gagné à être plus développé. D’une manière générale, les quelques éléments de metal traditionnel sont les bienvenus dans les titres mais font encore figure de simples « ornements ». Malgré ces quelques doléances, Le silence est définitivement un album de qualité qui nous fait découvrir une formation en devenir. Formation qui a l’air de prendre du plaisir à jouer et en donne à l’auditeur, soit dit en passant.


Et si un jour on arrêtait de nous bassiner avec Nougaro ? « Toulouse? Ah, la ville noire ! La patrie de Sunnudagr ! » Je rêve ? Sûrement un peu… Il n’empêche que la formation concitoyenne du mythique tandem Zebda/ Douste-Blazy montre une versatilité et une aisance de composition que l’on ne rencontre pas tous les jours dans le monde du metal noir. Le silence est une première pierre qui amène la pose d’autres blocs, que j’espère taillés dans le même metal. Merci à eux.






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