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CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 23 septembre 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Asgeir Hatlen
(chant)

-Rune Hoemsnes
(chant+claviers+batterie)

-Tor-Helge Skei
(guitare+claviers)

-Eivind Fjoseide
(guitare+claviers)

-Torstein Parelius
(basse)

-Tor-ArneHelgesen
(batterie)

TRACKLIST

1) Endetidstegn
2) Scion
3) Chemical Heritage

4)
Therapism
5)
Last Resort
6)
Poison Enough for Everyone
7)
Building the Ship of Theseus
8) Night Vision
9) Ater

DISCOGRAPHIE


Manes - Slow Motion Death Sequence
(2018) - gothique Electro-Pop-Cold-Rock avec des guitares - Label : Debemur Morti Productions



Toujours difficile une reprise, n’est-il pas ? Je remets les crampons, après un break probablement trop long. Grace ou la faute au Covid ? Bah, impossible de répondre dans un sens ni dans l’autre. Alors oui, le virus a eu pour effet de me permettre de rencontrer certains groupes dont j’ignorais l’existence - et que je chroniquerais peut-être un jour - ou tout simplement qui ne m’avaient pas interpellé dans leurs anciens atours. C’est le cas de Manes, dont le black metal me laissa froid il y a quelques années, mais dont le style actuel me parle bien plus. Electro cold pop rock un peu metallique et franchement inspirée. L’espace de trois titres, Slow Motion Death Sequence m’aura fait voyager dans un passé pas toujours agréable mais d’une richesse monumentale pour un vieux con qui a du mal à s’extasier.

Le voyage est à destinations multiples. On passe par Tiamat période post Wilhoney, par The Gathering aussi, période post How To Measure A Planet ("Last Resort" après cinq minutes, voire le début d’"Ater"), par un peu de gimmicks electro indus pop de Depeche Mode (certes, ce n’est pas flagrant à part par la froideur), par Katatonia post black metal aussi (vocalement il y a un peu de ça…), par Massive Attack ("Poison Enough For Everyone" et son tempo trip-hop délicieux), par je ne sais qui new wave ("Building The Ship Of Theseus"), et à la fin par un ersatz d’une noblesse rare de Bowie (fantastique "Night Vision"). Les références font peur ou rêver, n’est-ce pas ? Et puis ce terme « référence » ne se prête pas vraiment au cas de Manes finalement. « Clin d’œil » serait peut-être plus approprié, tellement le groupe marque de son empreinte sa musique et l’ambiance générale de cet album. La voix est très caractéristique, la construction des titres est assez personnelle, entre autres.
Loin de moi l’idée de mettre cet album sur un piédestal, car il contient quelques moments plus faibles. Un peu trop planant parfois - mais cela peut encore plus plaire à certains - un peu trop contemplatif parfois aussi, trop expérimental qu’on s’y perdrait (?) bien qu’il le soit moins que How The World Came To An End. Mais la trilogie du début est d’une telle intensité, d’une telle tristesse, d’une telle puissance, que le reste passe comme une curiosité à la poste, et la fin termine le travail par une jolie claque intemporelle ("Night Vision" encore) et un OVNI d’une classe absolument incroyable ("Ater"). Il y a parfois des rencontres rares qui se passent de mots et vivent sur ces non-dits, comme lorsqu’un regard suffit à exprimer ce que les phrases ne pourraient. Il n’y aura que l’écoute qui vous fera - ou pas - voyager dans cet album.


Je ne suis pas sorti indemne de ma rencontre avec Manes, ni de mes écoutes postérieures de ce grand cru qu'est Slow Motion Death Sequence. L’émotion, c’est ce qui ressort après chaque salve. C’est presque douloureux pour moi, mais étant indubitablement masochiste, c’est aussi un bonheur certain. Toutes ces années qui traversent l’horizon l’espace d’une écoute sont finalement jouissives. Cet album m’aura fait monter dans un grand huit auditif, chose que je n’aurais pas forcément fait en vrai. Slow Motion Death Sequence attrapera peu de personnes, mais celles qui le seront devraient exulter. Moi, ça m’a fait comme « après », quand on a envie d’une bonne vraie clope. Et j’ai failli replonger d’ailleurs.



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