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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 18 septembre 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-Don Humanoid
(chant+guitare)

-Don Schizoid
(chant+batterie)

-Don Wokis
(guitare)

-Don Freedom
(basse)



TRACKLIST

1) Al-Amín (Aneb jak vycákat jelito)
2) Konec kontinentálního kontejneru
3) Analýza záhnědy
4) Hanička - příběh nebožačky (Aneb co se stalo u slepého koryta)
5) Abu-Hassan
6) Řád a trest
7) Já samaritán
8) Padají, pískají
9) To je jízda božínku
10) Kálí

DISCOGRAPHIE


!T.O.O.H.! - Order and Punishment
(2004) - death metal Foufou - Label : Elistist Records



Ah la République Tchèque, ses… mmmh, attendez, ses… non, y’a que ça, bières et Prague. Bon bref, reprenons, la République Tchèque, ses Master’s Hammer, Lykathea Aflame, et autre Cult of Fire. Et donc le très saugrenu nommé !T.O.O.H.! (The Obliteration of Humanity, pour votre minute culture). Voilà un pays qui n’apparaît pas souvent sur la carte metal et qui pourtant livre des groupes parfaitement décalés vis-à-vis du modèle dominant.

!T.O.O.H.!, son nom suffit à s’en convaincre, est bien de cette trempe-là. Notez qu’il n’en file pas d’ailleurs (de trempes). Il est plutôt du genre sinueux et difficile à attraper. Pourtant, il possède en lui l’accroche naturelle qu’ont les groupes fortement chargés en principe actif déclamant : « écoute-moi encore ». La musique ne suit pas de véritable chemin connu. La référence la plus évidente semble être le Pavor de Order and Punishment dont on retrouve de la folie et la volonté manifeste de mettre la basse en avant. Cependant les Tchèques n’en sont pas une simple copie. A leur manière ils creusent un sillon dans le death technique. Moins proprement death, ils délaissent quasi totalement le blast par exemple et leur son a une texture plus sèche, ils seraient probablement plus jazzy dans l’approche.
Sauf que point de Cynic ici-bas. Le groupe demeure terriblement metal et s’il s’égare constamment, il n’oublie jamais ses racines. On pourrait alors penser à une sorte de heavy sautillant mordant allègrement dans le death. Peut-être le résultat de cette absence de violence vulgaire (même si "Padají, pískají" et "Kálí" s’essaient au blast). Quoiqu’il en soit, le chant le rattache plutôt au grand-père Atheist. La mixture de cette tambouille donne un résultat hautement original et personnel. Il faut entendre ses compositions nerveuses (on ne dépasse jamais vraiment les quatre minutes) s’enchaîner dans le chaos et la bonne humeur. D’ailleurs, le groupe semble posséder un côté fondamentalement non prise de tête, une sorte de Abbath du death technique. Pour appréhender l’étendue du talent de ces gaillards, il faut prêter attention aux riffs et solos qui serpentent tout le long de l’album.
C’est d’une fluidité remarquable tant dans la cohérence (caractéristique surprenante pour une musique aussi déconstruite et décousue) que dans le naturel. Tout semble couler de source malgré les circonvolutions intentionnelles. Cependant, et étonnamment, malgré l’énorme boulot des guitares, les deux stars sont la section rythmique. Batterie et basse se taillent la part du lion. La batterie par son jeu détonnant, mix de feeling effectivement plus jazzy et cogne-dur typiquement metal voire tirant même parfois furieusement sur le death. Puis la basse. Moins virevoltante ou majestueuse que celle de Pavor, sa mise en avant fabuleuse est un pur bonheur brut qu’il convient d’apprécier à sa juste valeur. De plus, maestria en retrait par rapport à un monstre ne signifie pas simple ou convenue, oh que non !  Les lignes embrasent notre bulbe pour afficher un sourire béat sur notre visage.


La République Tchèque confirme donc qu’à côté de ses attraits touristiques elle est bel et bien une pourvoyeuse de groupes atypiques. Ce !T.O.O.H.! en marge des normes établies en est un formidable exemple qui mérite votre écoute attentive.





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