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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 10 septembre 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Kristoffer Rygg
(chant+programmation)

-Tore Ylwizaker
(claviers+programmation)

-Ole Aleksander Halstensgård
(programmation)

-Jørn Henrik Sværen
(divers)

Ont participé à l'enregistrement :

-Suzanne "Sisi" Sumbundu
(chant sur 3 et 7)

-Mimi Tamba
(chant sur 3 et 7)

-Stian Westerhus
(guitare sur 2, 3, 4, 6, 7 et 8)

-Christian Fennesz
(guitare+programmation sur 1)

-Michael J. York (pas Fox)
(cornemuse sur 6)

-Kari Rønnekleiv
(violon sur 2 et 8)

-Ole-Henrik Moe
(alto+violoncelle sur 2, 6 et 8)

-John Stark
(basse sur 1 et 8)

-Ivar Thormodsæte
(batterie)

-Anders Møller
(percussions)

TRACKLIST

1) One Last Dance
2) Russian Doll
3) Machine Guns and Peacock Feathers
4) Hour of the Wolf
5) Apocalypse 1993
6) Little Boy
7) Nostalgia
8) A Thousand Cuts

DISCOGRAPHIE


Ulver - Flowers of Evil
(2020) - electro trip-hop, DM-like - Label : House of Mythology



Forcément, je lis « Flowers of Evil » et je me mets à transpirer… « Pourvu que… » Parce que, vous comprenez, il y a déjà un groupe associé à la scène metal qui a intitulé son album Les Fleurs du Mal. Et ça s’était trèèès mal passé, vu que l’œuvre en question s’avère un authentique crachat à la gueule du patrimoine musical français. De plus, dans le cas qui nous intéresse, ces fleurs maudites succèdent à une œuvre parfaite. De gros nuages noirs se sont amoncelés au-dessus de ma tête…

… avant de se dissiper, mais progressivement. Avouons-le : pour une fois, Ulver propose une œuvre ressemblant à la précédente. En un peu moins bien - un peu mieux aurait été de toute façon impossible. L’assassinat de Jules César possédait un esprit grandiose, des mélodies montant haut et ne redescendant jamais, illuminant de toute leur splendeur le ciel romain. Flowers of Evil, lui, fait office de petite sœur plus réservée. Les quelques ajustements dans la ligne directrice de l’album en font une pièce plus intimiste. Quelque chose qu’on a envie de garder pour soi, plus que de partager. Est-ce un problème ? Absolument pas, mais disons que la sœurette souffre de la comparaison avec son aînée. Une entame un peu traînante, une conclusion limite mollassonne, Un "Nostalgia" très sautillant, très (trop) Level 42. Les loups norvégiens dépasseraient-ils les bornes en allant lorgner trop ostensiblement sur la pop la plus chère à Marc Toesca ? Vous avez compris, Flowers of Evil n’est pas parfait. Et les premières écoutes font peur, avant que, petit à petit, l’extrême qualité de l’ensemble émerge et balaie ces petits désagréments.
Le mélange de mélodies à la Depeche Mode ("Hour of the Wolf" pourrait figurer sans aucun problème sur un album nineties de la bande à Martin et Dave) et de saveurs trip-hop fonctionne encore magnifiquement bien, et le tronçon central s’étendant de "Russian Doll" à "Little Boy" est encore une fois prodigieusement limpide. L’écoute s’effectue entre mélodies épurées, beats froids, parfois dansants -  avec ses guitares à la Gossip "Machine Guns and Peacock Feathers" est l’équivalent du "Rolling Stone" sur The Assassination of Julius Caesar - et un chant toujours impeccable. S’il fallait indiquer quelques titres au-dessus du lot, je décanterais "Apocalypse 1993", splendide combinaison d'un rythme electro et d’une ligne mélodique à la « Southern Gothic », "Little Boy", le plus froid des morceaux, et le très années quatre-vingtes "Russian Doll" où Garm déclame un nouvel état-civil. Mais qu’importe, chaque fan trouvera forcément son bonheur parmi les huit titres proposés. Jeanne d’Arc peut se faire couper les cheveux tranquillement, la belle musique qu’écoute son coiffeur l’aidera à ne pas faire dévier les ciseaux…


Pour une fois, rien ne change. La surprise vient peut-être du fait qu’Ulver n’a, justement, pas surpris son monde et a reconduit la somptueuse ligne musicale déjà suivie par l’album précédent. Pas d’orientation rap-fusion-garage, pas de retour au black metal (tant mieux !), juste de la mélodie belle, froide et un tantinet obsolète, juste comme on l’aime. Encore de l’excellent boulot.





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