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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 31 août 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Claudius Schwartz
(chant)

-Armin Rave
(guitare)

-Holger Seebens
(guitare)

-Rainer Landfermann
(basse+chant)

-Michaael Pelkowsky
(batterie)

TRACKLIST

1) A Pale Debilitating Autumn
2) Total Warrior
3) Corpses
4) Careworm
5) Pavor
6) Imperator of an Ashen Bane
7) Fucked by Darkness
8) Symbols of Depravity

DISCOGRAPHIE


Pavor - A Pale Debilitating Autumn
(1994) - death metal fou - Label : Imperator Music



Bethlehem, Darkened Nocturn Slaughtercult, ça parle aux gens ? Un groupe sûrement plus que l’autre, mais cela indique que nous avons affaire à des habitués à la fois de l’extrême germanique, mais également des avidités de l’originalité. Car oui, deux membres séculaires de cette formation d’outre-Rhin (et tombe) ont officié à un moment ou un autre dans ces représentants du metal. Son nom ? Pavor. Cela aide-t-il à aborder son cas ici présent ? Oui et non.

Il serait faux de penser que Pavor est un groupe n’ayant rien à voir avec les précités, pour autant, le lien n’est pas évident et ne constitue absolument pas une base de comparaison, même si on pourrait citer le côté aventureux de Bethlehem. Néanmoins un problème se pose : Pavor est en fait antérieur aux deux groupes puisque l’album qui nous préoccupe, leur premier après sept années de démos et d’underground, paraît dès 1994 (mais ne sera véritablement accessible aux masses que grâce à sa réédition en 2020). Et il n’est autre que du death (très) technique. Une entité death metal fondée en 1987, ça force le respect par son ancienneté et sa place manifestement très avancée dans l’arbre généalogique du genre. Toutefois ils ont attendu que le chemin soit pavé par les mastodontes du genre, Morbid Angel, Death, Cynic et surtout Atheist qui semble le groupe le plus aisément rattachable aux Allemands, pour prendre leur envol.
Atheist ? Oui car la musique de Pavor est hautement virevoltante et d’une dextérité peu commune. Et son côté jazzy, particulièrement marqué sur Elements se retrouve ici fanfaronnant avec maestria. Pavor aime aussi les tempos plus posés d’un Atheist en opposition aux blasts (qu’il utilise malgré tout, mais avec pertinence et parcimonie). Surtout, la caractéristique majeure de la troupe, celle avec une majuscule, c’est bien la Basse. Vous n’avez pas la berlue, vous voyez un B majuscule car Rainer Landfermann s’est mis en avant comme rarement dans le monde du metal. Et on comprend rapidement pourquoi. Cavalcades effrénées, suavité lancinante, délices des lignes, la quatre-cordes passe par toutes les émotions. D’instrument rythmique elle se transforme presque en mélodique tant elle ne daigne s’effacer derrière les guitares que lors des solos de celles-ci. On peut parler de porno basse à ce niveau-là.
A ce moment il est temps de constater la personnalité farouchement indépendante des impressionnants gaillards. Ils ne partent pas à la course au death le plus méchant, et étonnamment pas de manière frontale à celle au plus technique, comme un Necrophagist bien plus démonstratif. Leur credo demeure la musicalité avant toute chose (malgré toute la nébulosité de ce terme même) au travers de chansons parfaitement reconnaissables, bien qu’il faille leur accorder toute l’attention nécessaire pour les ingérer et les digérer. Les mélodies sont présentes, soit par les guitares, soit par la basse, et elles sont excellentes. Le chant est typiquement death, grommellement caverneux, réhaussé çà et là de cris plus aigus, et étonnamment agréable pour de la musique si technique qui, si souvent, délaisse ce poste pour se concentrer uniquement sur l’instrumentation. En complément, le son sert leurs ambitions avec une basse incroyablement vigoureuse, laissant presque les guitares de côté, et clair comme pour aérer au maximum le message afin que tout un chacun comprenne ce qui se passe.


A Pale Debilitating Autumn présente donc une façade particulièrement chevaleresque du death technique, mid tempo de préférence, fortement jazzy et pourtant ancré dans le genre. Ses quarante six minutes n’accablent pas l’auditeur qui s’en tirera avec une superbe découverte. Pouvait-il y avoir mieux dans le genre ? Cela dépend de vos aspirations, car on trouve plus death, plus approprié au carnage évidemment. Mais dans ce genre précis qu’il se taille à la force du poignet et de la basse titanesque, Pavor s’impose en référence.






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