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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 28 août 2020
Sa note : 14/20

LINE UP

-Carter Hicks
(chant+guitare+batterie)

-Colton Deem
(guitare)

-James Lewis
(basse)

-Ryan Maurmeler
(batterie)

TRACKLIST

1) Gates of Hospice
2) Exsanguination Tunnels
3) Red Burning Candles of Hatred
4) Serpentine Bloodhalls
5) Basilisk of Light
6) Down the Oubliette of Maelstrom

DISCOGRAPHIE


Valdrin - Effigy of Nightmares
(2020) - black metal - Label : Blood Harvest



Parfois les chiffres sont durs. La cruauté des statistiques, l’appelle-t-on dans le foot. Jugez donc. Trente minutes de musique. A peine six chansons, dont une intro. Ouais, on a connu plus fou-fou. Pourtant, Slayer et son Reign in Blood avaient magistralement prouvé la pertinence d’un format aussi contenu. Rien ne sert de s’étaler si c’est pour s’écraser. A Valdrin donc de prouver qu’ils sont de cette trempe, celle des groupes dont la concision marque la qualité.

Une intro donc. Et encore un derrière ! Etonnamment, Valdrin place une mini-surprise dès son engagement. "Exsanguination Tunnels" commence elle aussi par un intro, fort heureusement courte, suffisamment pour éviter de crier au scandale. Et c’est pertinent. Dans le sens où la première intro excessivement académique, avec appels au classique, et montée en puissance ne fera chavirer aucun quidam dans l’extase, à défaut de se prouver fort agréable. Le black metal qui s’ensuit s’entiche d’une caractéristique qui saute très rapidement aux tympans : la production de Effigy of Nightmares est froide. Froide comme « du black metal froid », mais également froide comme « les aigus dominent les basses ». Ne vous attendez surtout pas à une double grosse caisse dominatrice, c’est tout à fait le contraire ici. Erreur de mix ou volonté réelle, il faudrait poser la question au groupe. L’évidence c’est que la production vous choquera, particulièrement si vous sortez d’une cession sur Korn (probabilité faible).
En dehors de ça, Valdrin a d’autres arguments à faire valoir. Il sonne globalement norvégien, ce qui est une bonne chose car il n’y a rien d’autre que j’aime tant dans un groupe de black US que lorsqu’il sonne scandinave. Norvégien cependant sans singer. On peut s’abandonner à entendre du Emperor période Anthems, néanmoins les Américains apportent suffisamment d’éléments originaux pour balayer d’un revers de la main tout doute, ou suspicion, de plagiat. Les compositions s’arriment à des circonvolutions autour de riffs plaisants, mélodiques et personnels. Personnelle ? Indubitablement la horde l’est. Les sonorités spatiales et intemporelles qui se dégagent des enchaînements parviennent à maintenir un haut degré d’indépendance musicale. Intelligemment, les membres du groupe varient les tempos. Le blast n’est absolument pas la norme. L’incartade délicate acoustico-électrique "Serpentine Bloodhalls" offre un intermède presque hors black de qualité. Valdrin bâtit son monde au gré de ses pérégrinations sonores.
Un monde plaisant, ça a déjà été écrit. Mais plaisant est-il un qualificatif décent lorsque nous parlons black metal ? C’est là que se résout le problème de l’évaluation finale de cette sortie. Valdrin est notoirement trop plaisant si vous voulez le fond de ma pensée. Le groupe sait user d’artifice variés et pertinents, cependant cela se fait au détriment d’une agressivité noire indispensable au tutoiement des hautes sphères. Ne vous méprenez pas, la bande sait composer, jouer et contentera très probablement à haute dose nombre d’entre vous. Je suis peut-être personnellement trop indécrottable dans ma vision limitée et intimiste du black, reste que le monde ici étalé manque d’aspérité, de véritable noirceur. Si Valdrin avait pu invoquer les esprits malfaisants d’un Leviathan (suédois) ou fous d’un Aborym, il aurait notoirement gagné en pouvoir répulsif. Ou Weakling, car voilà une comparaison qui semble hautement sagace. Sauf que leur Dead as Dreams dégouline, là où Valdrin goutte proprement. A l’aune de ce qui est produit, il devient difficile de se plonger corps et âme.


Rassurez-vous, cela peut être votre cas, car si cette chronique vous est proposée, c’est parce qu’elle a été initiée par une autre chronique bien plus laudative. Vous pouvez coller à cette catégorie. En l’état, je me vois dans l’obligation de décerner des lauriers sur l’expressivité de cette musique froide mais non terrifiante et sa qualité musicale. Malheureusement, le black metal est plus que de la musicalité, c’est également de la crasse, de l’insondable et de l’impalpable. Tout ce qui manque ici.






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