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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 25 août 2020
Sa note : 15/20

LINE UP

-Chiara Tricarico
(chant)

-Marco Falanga
(guitare)

-Alberto Melinato
(guitare)

-Giulio Capone
(claviers+batterie)

-Alessandro Jacobi
(basse)

A participé à l'enregistrement :

-Fabio "Lethien"" Polo
(violon sur "Of Birth and Death")

TRACKLIST

1) Till the End
2) The Rabbit of the Moon
3) Lunaris
4) Under your Spell
5) Enigma
6) Wish Upon a Scar
7) The Dangerous Art of Overthinking
8) Without You
9) Of Birth and Death
10) Nameless City

DISCOGRAPHIE

Lunaris (2020)

Moonlight Haze - Lunaris
(2020) - metal symphonique - Label : Scarlet Records



Si le temps semble au beau fixe pour Temperance, cela n'a pas toujours été de tout repos. Après trois albums et un live est venu le temps des séparations. Si, comme je vous l'ai expliqué en ces pages, le combo s'en est bien sorti, ses ex-membres, Giulio et Chiara sont également allés de l'avant en fondant Moonlight Haze, qui, ironie de l'histoire, s'inscrit plus dans la continuité des trois premiers albums de Temperance, c'est à dire du metal symphonique pur jus. C'est pendant notre confinement forcé que le quintet présente son second rejeton, Lunaris.

On passera les références à la lune etc etc, vous l'aurez compris tout seul, et on ne va pas s'intéresser aux Italiens pour leurs textes mais pour un metal symphonique (tendance power) énergique et rafraîchissant. Je le répète assez, le genre se meurt à petit feu sans que cela n'émeut grand monde. Heureusement un album sur dix est encore agréable ce qui est le cas de ce Lunaris. Alors ne vous attendez pas à du grand Nightwish - bien que le single tout mignon qu'est (ne rigolez pas) "The Rabbit of the Moon" soit bien pompé sur nos Finlandais préférés - mais à un groupe œuvrant dans la seconde division avec quelques atouts pour sortir du lot. L'énergie tout d'abord : l'entrée en matière qu'est "Till the End" vous mettra dans le bain tout de suite, speed à souhait, il témoigne d'une formation qui ne cherche pas midi à quatorze heures et met en avant la délicieuse Chiara et sa palette vocale assez large (voix fluette, émouvante et criarde par moment). Alors certes, ce n'est pas Alessia, sa successeure chez Temperance (que je considère comme la future grande du genre), mais la Milanaise maîtrise son organe vocal. Là où Moonlight Haze fait également bonne figure, c'est que leurs atouts leur permettent de se sortir de moments gênants. Le titre éponyme, véritable ennui pendant deux premiers tiers indignes, est sauvé par une performance vocale et une accélération du tempo bienvenues en bout de piste. On en revient donc à l'énergie insufflée aux morceaux qu'on retrouvera sur le cliché mais non moins savoureux "Wish Upon a Scar".
Moonlight Haze coche toutes les cases. Nous avons vu les titres banals mais relativement maîtrisés, le single mignon, les titres un peu plus speed mais ce n'est pas tout. Le titre dans sa langue natale ("Enigma", vraie réussite mid-tempo), séquence de plus en plus en commune et les ballades (deux) - ah les ballades, je devrais rédiger un dossier un jour sur cet exercice que les groupes s'imposent alors que 90% des essais se soldent par des échecs. Lunaris nous offre deux tentatives, "Under Your Spell", proche de zéro à l'échelle de l'originalité et "Of Birth and Death", qui aborde une facette un peu plus folklorique - là encore un certain savoir-faire et une talentueuse vocaliste sauvent les meubles. Enfin on retrouve ce qui fait la force de ces œuvres de metal symphonique de division inférieure : de belles fulgurances. Il en va ainsi de "Nameless City", titre de clôture et morceau le plus long, sur lequel Chiara opère une approche plus lyrique sur un tempo plus lourd, le tout serti de chœurs - classique mais efficace. Mais la pièce maîtresse de Lunaris est sans conteste "The Dangerous Art of Overthinking". Outre une approche en terme de lyrics bien plus intéressante, cette occurrence est la plus lourde, la plus sombre, celle où la batterie de Giulio est la plus mise en avant notamment sur l'intro (de presque une minute trente). La composition se rapproche davantage cette fois-ci d'Epica - piano, passages un peu mystiques et aériens et grunts. Chiara alterne sans cesse ses techniques de chant ce qui donne encore plus de corps à l'essai. Une pièce quasi parfaite et qui laisse entrevoir le meilleur pour le combo.

Lunaris n'est pas parfait, a ses défauts mais est rafraîchissant, énergique, bien pensé et alterne passages speed et sombres, le tout merveilleusement chanté. Pour ce second essai les Italiens ont passé la vitesse supérieure et on sent qu'ils en ont encore sous la pédale. On comprend ainsi leur départ de Temperance. Les survivants embrayent dans une voix symphonique mais bien plus moderne quand Moonlight Haze aborde une facette plus conventionnelle mais tout aussi plaisante.





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