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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 21 août 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-Ravn
(chant)

-Archaon
(guitare)

-Tjalve
(guitare)

-Seidemann
(basse)

-Frost
(batterie)

TRACKLIST

1) Chasing Dragons
2) Beyond the Apocalypse
3) Aiwass Aeon
4) Necronatalenheten
5) Perished in Pain
6) Singer of Strange Songs
7) Blood is the Mortar
8) Internal Winter
9) The Blade

DISCOGRAPHIE


1349 - Beyond the Apocalypse
(2004) - black metal - Label : Candlelight



C’était mieux avant non ? Qu’il est doux de se replonger dans les contreforts de 2004 pour pomper dans les énergies sombres inépuisables du passé la délicate quintessence du genre qui nous fait respirer un peu plus chaque jour. Souvenez-vous 2004. Vous n’aviez peut-être pas de poil pubien ou la capacité d’aller aux toilettes non accompagné. Pourtant, déjà, vous pressentiez la puissance de l’art noir, celui qui anime les ténébreux 1349.

Troupe d’élite qui a acquis sa gloire primaire au travers du prisme satyriconesque de Frost, elle devint rapidement un standard du genre avec le, rarement aussi bien nommé, brûlot Liberation. Déflagration colossale de black metal brutal, agressif et corrosif basée sur des riffs en assaut constant, doublés d’une batterie épileptique et d’un son excessivement strident. Et là comme ça, en un seul album, Archaon venait de poser son empreinte indélébile sur tout un genre. On savait qu’il deviendrait une référence si le second album était à la hauteur. Bizarre, chez les Eternels nous avons préféré sauter une étape pour nous consacrer, et consacrer, Hellfire, nouvelle sulfateuse supersonique, pourtant déjà plus traditionnelle dans son enveloppe charnelle. Beyond the Apocalypse faisait figure d’injuste oublié.
Lui ne s’embarrasse pas de se parer d’atours plus seyants afin de plaire au plus grand nombre (façon de parler). S’il abandonne la stridence (Clearwater Revival) criarde de son aîné, il s’entiche d’un côté brut de fonderie à se damner au niveau de la batterie. Les guitares étrangement plus mesurées dans leur démesure supersonique sonnent plus sages, presque policées (en comparaison du prédécesseur s’entend) et moins polissonnes. Pourtant, la froideur consubstantielle au genre est là, et farouchement. Beyond the Apocalypse va en fait s’afficher comme une avalanche de riffs mabouls de black metal, puissamment réhaussés par la batterie comme à l’accoutumée implacable et impeccable de Frost. Ce mec est un forçat du black metal, une sorte de phare à suivre contre vents et marées, un génie du fût.
Beyond the Apocalypse est étrangement passé inaperçu sur nos terres donc, pourtant force est de reconnaître que cette incongruité semble décalée. Rien n’explique sa mise au placard, si ce n’est le « malheur » d’être sorti entre Liberation et Hellfire, tous deux immédiatement reconnus comme indispensables. Pourtant, il n’est pas interdit de le penser supérieur à son successeur. Plus brut, plus naturel et organique, il jouit de qualités propres qu’il ne partage pas avec ses congénères. Et c’est sûrement cela qui joua dans la balance à l’époque des bilans et des lauriers. Force est d’admettre que presque vingt ans plus tard, ce deuxième opus n’a rien perdu de sa superbe et bien au contraire, paraît parfaitement à son aise à notre époque, témoignage intense d’une époque et malgré tout parfaitement contemporain par sa maîtrise technique hallucinante.


Sans surprise, vous aurez deviné que 1349 avait définitivement assis son statut et bâti sa légende. Désormais les Norvégiens seraient attendus au tournant à chaque sortie, devenus eux-mêmes une icône d’un genre dont ils adulaient les icônes. Le temps n’aura rien retiré à cette explosion d’un black pas original pour un sou, et probablement sortie trop rapidement après Liberation, mais sauvagement viscérale.






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