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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 17 août 2020
Sa note : 14/20

LINE UP

-Tony "Sechtdaemon" Ingebrigsten
(chant+guitare)

-Charon Martyras
(guitare)

-Bastadon
(claviers)

-William "Demariel" Christophersen
(basse)

-Anders Eek
(batterie)

TRACKLIST

1) Winterpath
2) Towards the Forest Horizon
3) Palace of Forgotten Dreams
4) Thy Eternal Nightfall
5) The Sad Realm of the Stars
6) Northern Flames
7) Through the Sorrowfilled Forest
8) The Brightness of the Weeping Kingdom
9) Riding the Starwinds

DISCOGRAPHIE


Odium - The Sad Realm of the Stars



Odium semble s’être frayé lentement un chemin à travers les sinueux sentiers de la reconnaissance post mortem du black metal. Je l’avoue humblement, le groupe m’est très longtemps passé sous le radar jusqu’à il y a deux ans, au détour d’une critique lue sur le net. Pourtant Odium semble avoir su faire perdurer la flamme grâce au passage de son principal membre dans des formations aussi imposantes que 1349 et le monumental Emperor surtout. C’est d’ailleurs en partie l’explication du hiatus des dix-sept années écoulées entre son split et sa résurrection.

Résurrection opérée autour de deux membres fondateurs, le fameux Sechtdaemon évoqué sans le nommer précédemment, guitariste chanteur de son état, et Demariel le bassiste. Ils jouent aussi ensemble dans Myrkskog. Il semble que les deux bonshommes aient profité de leurs expériences pour ramener du beau monde dans les bagages. Néanmoins, cela nous préoccupera lorsque Odium daignera sortir un nouvel album. En attendant, concentrons-nous sur l’objet du délit : The Sad Realm of the Stars. D’emblée, la production place nettement la horde dans les années quatre-vingt dix, marquée du son bien rempli de grosse caisse d’un Kvist et des guitares grésillantes d’un Obtained Enslavement.
La double comparaison est d’autant plus pertinente que musicalement, les similitudes abondent également. La vision des claviers de For kunsten maa vi evig vike ainsi que cette velléité de mettre en avant la basse par moments, et la manière de riffer de Soulblight. L’enveloppe globale est évidemment un black metal symphonique qui se revendique et s’assume sans honte. Il s’agit d’une voie moins grandiloquente que celle de Dimmu et moins grandiose qu’Emperor. Pourtant, en évitant les écueils trop nombreux de l’amoncellement douteux des claviers, les Norvégiens la jouent malin. Leurs riffs simples et froids se retrouvent savamment enrichis de claviers délicatement pompeux pour former un black metal riche comme il faut.
Les neuf titres s’enchaînent alors sans difficultés particulières et régulièrement. Calibrés entre trois et cinq minutes, leur longueur participe à une œuvre aisée à écouter, si ce n’est la barrière du blast et d’un son que beaucoup voudront qualifier à tort de faiblard. Le chant qui s’égosille sauvagement offre un déchirement magnifique pour parachever les atours de ce black metal symphonique, mélodique sans être gentil. Les regrets viennent alors poindre sous la forme d’une limitation presque coupable dans les sphères de l’agréable. Odium n’arrive en effet pas à franchir cette barrière vers le magnifique, et c’est un reproche belliqueux que voilà. D’autant plus dommage qu’on sent les messieurs pétris des qualités nécessaires pour aller plus haut.


S’ensuit cette conclusion logique. The Sad Realm of the Stars est un fabuleux album du deuxième tiers du black metal symphonique. Là où les Emperor, Dimmu et même Kvist ou autre Obtained Enslavement peuplent le premier tiers, Odium se contente de n’être que bon. Un poil plus de furie, un autre zeste d’originalité et c’était probablement encore mieux. La reformation viendra-t-elle combler ce manque ? C’est tout le mal qu’on leur souhaite.


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