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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Derek Dole
(chant)

-Jeremy Smith
(guitare)

-Pauly Issue
(guitare)

-Tom Mayer
(basse)

-Josh Heatley
(batterie)

TRACKLIST

1)Somnium
2)Dusk
3)Fall
4)Innocence
5)Exsomnis
6)Hope
7)Epitaph
8)Cold
9)Calloused
10)Maeror
11)Hollow
12)Fail
13)Abandonment
14)Dawn

DISCOGRAPHIE

Bitter Verses (2006)

Dead Hearts - Bitter Verses
(2006) - hardcore - Label : Ferret Music



Le hardcore old-school est un genre qui peine réellement à se renouveler, peut-être tout simplement parce qu'il n'essaye pas. Il faut dire que le public hardcore est très typé et se contente en général d'une efficacité directe et de prestations live carrées lui permettant d'exprimer sa violence (un pogo hardcore est un endroit réellement dangereux). Dans cette optique il est normal que les groupes qui arrivent sur la scène ne cherchent pas forcément à imposer leur « marque ». Dead Hearts fait partie de ces formations qui semblent proposer une musique sincère et rentre-dedans mais dénuée d’une quelconque originalité... à première vue.

La musique du groupe semble au début être à l'image du chant hurlé furieux de Derek Dole : totalement dans la tradition. Les titres rapides en deux-temps tels "Hope", "Cold" ou "Hollow" développent ainsi un feeling punk voire punk-rock classique qui réjouira les habitués. Mais une écoute plus poussée et il apparaît vite que les titres en question sont loin d'être les plus intéressants, et surtout qu'ils sont les seuls que l'on peut rattacher fermement à la scène hardcore old-school. En effet, Dead Hearts cache bien son jeu et au final le chant de Derek Dole finit par s'imposer comme le seul élément qui permet au groupe de s'ancrer dans la scène en question par sa linéarité, car la musique réserve quelques surprises.

Mis à part ces passages rapides très archétypaux, malin sera celui qui trouvera sur cet album un seul titre de hardcore conventionnel. Dead Hearts semble vouloir brouiller les pistes et une compo comme "Fall" laisse perplexe : la musique est bien trop mélodique et lourde par rapport au chant, et certains plans tirent vers l'emo, le metal ou le simple rock par moments. L'interlude de piano "Exsomnis" prend totalement par surprise, et "Epitaph" propose une ambiance de marche militaire d'une rare intensité ou la violence déchaînée du chant compense celle de la musique, sourde, mélodique et tout en retenue. C'est assez impressionnant, et Bitter Verses brille dans ces moments de décalage et de recherche où hardcore, métal et atmosphères se mêlent.

Une fois la supercherie dévoilée (Dead Hearts est tout sauf un groupe de hxc old-school) on se retrouve toutefois face à un paradoxe : si les moments d'expérimentations ambiancées sont réussis les éléments hardcore finissent par lasser très vite, d'autant plus qu'ils ne sont pas clairement affirmés. Le chant de Dole finit par être saoulant à force de ne jamais changer, et l'absence d'une bonne rythmique syncopée jumpy de temps en temps finit par être pesante vu qu'on est tout de même dans le hardcore.


Bitter Verses est donc un album loin d'être inintéressant mais qui a le cul entre deux chaises et de ce fait perd en impact. Surpenant par moments mais lassant sur la longueur, ce CD devra être écouté attentivement avant d'être acheté.


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