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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 16 juillet 2020
Sa note : 15/20

LINE UP

-Sigurd "Satyr" Wongraven
(tout)

Ont participé à l'enregistrement :

-Vegard Sverre "Ihsahn" Tveitan
(claviers)

-Hans K. K. Sørensen
(percussions)

TRACKLIST

1) Det var en gang et menneske
2) Over ødemark
3) Opp under fjellet tonner en sang
4) Tiden er en stenlagt grav
5) Fra fjelltronen

DISCOGRAPHIE

Fjelltronen (1995)

Wongraven - Fjelltronen
(1995) - folk Dungeon synth - Label : Moonfog Productions



Emperor, Darkthrone, Satyricon. Trois éléments majeurs de la grande vague scandinave du premier lustre des années quatre-vingt-dix. Quand ce dernier touche à sa fin, beaucoup ont de choses ont été dites en termes de violence sonores. Des envies d’autre chose, certainement présentes depuis longtemps, se concrétisent alors…

Chacun à sa manière. Après deux premiers albums mythiques, Ihsahn décide d’« ihsahniser » Emperor, tandis que son collègue Mortiis fonde... Mortiis. Fenriz, productif comme personne, tape dans le Tangerine Dream-like avec Neptune Towers et dans le folk metal, en compagnie de Kari Rueslåtten et de Satyr, avec Storm. Satyr, justement, ne se contente pas de ce side-project, ni de son groupe principal. Armé de son clavier, il fonde un projet auquel il donne son nom de famille et décide de nous faire rêver. Avec Ihsahn en guest (le black metal est une grande famille) sur le second titre, il pose la hache de guerre et se lance dans la conquête de la musique célestielle. Pas cent pour cent dungeon-synth, pas uniquement folk, Wongraven est une sorte de melting-pot d’influences, où claviers, chœurs et guitares acoustiques cohabitent en belle harmonie, un peu comme dans un kibboutz (quoi ? je suis sûr qu’il adorerait la comparaison…). L’unique album du projet à ce jour vaut très essentiellement pour sa première pièce, au titre burzumien "Det var en gang et menneske".
Brumeuse, obscure, somptueuse, parfaitement illustrée par la pochette de l’album, elle plonge l’auditeur dans un monde féérique dont les habitantes ne vous veulent pas du bien. Les claviers initiaux nous préparent sereinement à l’incroyable point d’orgue constitué par les arpèges s’échappant d’une guitare acoustique ensorceleuse. Le Katatonia de "Tomb of Insomnia" est (presque) battu. Le reste de l’œuvre, qui ne dure guère plus d’une demi-heure, est nettement plus « facile », mais pas dénué d’un charme maléfique. Rappelons-nous d’ailleurs qu’en 1995, ce type de musique est encore peu joué, et ne déboulonnons donc aucune statue. "Over ødemark" se la joue majestueuse avec son piano et ses chœurs, puis Satyr déroule un dungeon-synth correct, mais qui a tendance à dissiper l’état spécial dans lequel nous avait plongé le début de l’album - les chœurs de "Fra fjelltronen" se révèlent nettement moins convaincants que leurs homologues du premier titre. Les quelques secondes finales jouées à l’envers ne servent à rien : la magie est passée…

"Det som en gang var" ? Nooon. "Det var en gang et menneske". Ce titre mérite une écoute approfondie de Fjelltronen à lui tout seul. Envoûtant, il démontre à quel point Satyr sait/savait composer des choses incroyables. Un classique à sortir pour contrebalancer les attaques solaires propices de la saison estivale, ou pour s’enfoncer un peu plus dans une belle obscurité, si vous vous y aventurez en hiver…




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