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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 14 juillet 2020
Sa note : 14/20

LINE UP

-Elena Penalver
(chant)

-Nicolas Jacon
(guitare)

-Sébastien Normand
(basse)

TRACKLIST

1) Master's Way
2) Man in the Crowd
3) Not in My World
4) Today's the Day
5) Far from Me
6) The Mountain
7) Sense of Hope
8) My Lost City

DISCOGRAPHIE


Sins of Shadows - The Master's Way



« Qu’on me donne l’envie, l’envie d’avoir envie ! » Au milieu des années quatre-vingts, un chanteur français à la jolie veste chantait sa baisse de flamme sur toutes les radios de l’hexagone. S’il est maintenant trop tard pour lui conseiller quoi que ce soit, il aurait bien fait d’aller voir du côté des jeunes groupes « qui n’en veulent » (autre référence à des temps révolus). Et pourquoi pas Sins of Shadows.

Le nom de la formation rémoise et le titre de l’opus fleurent bon le « metôl ». Néanmoins, le logo propre et l’absence de diable/seins/cervelle sur la pochette, alliée à une dominante rose, peut rendre l’auditeur perplexe. Metal prog ou heavy classique ? À moins que… Celtic Frost a bien sorti un album à la pochette rose (Cold Lake pour les ignorants). Ne faisons pas durer ce suspense insoutenable : Sins of Shadows donne dans le power metal musclé, mais pas monolithique. Nous voguons ici sur les eaux où de prestigieux vaisseaux ont déjà navigué : Maiden, Manilla Road, Iced Earth... La touche d’originalité provient du fait que le chanteur est une chanteuse, Elena, dont le timbre clair pourra faire penser, par exemple, à Jennie-Ann d’Avatarium, plutôt qu’aux hurleuses associées au metal couillu. Bref, Sins of Shadows se veut agressif, mais accessible et leur premier essai se révèle convaincant autant que perfectible. Au rang des doléances : une section rythmique trop en retrait par rapport au chant. Loin de moi l’envie de faire disparaitre les vocaux sous un déluge de metal, mais il est dommage que la tonne de riffs, bien souvent excellents, heavy à souhait, ne soit pas plus mise en avant.
Autre défaut : une fin d’album en demi-teinte. Sins of Shadows est plus convaincant en mode baston qu’en plan prog/ballade. "Sense of Hope" et "My Lost City" sonnent longuettes et, par moment, clichés. Alors que lorsqu’il lâche les chevaux, le power trio est d’une efficacité redoutable. "A Man in the Crowd" est un brise-nuque absolu, tandis que le power-speed de "Today’s the Day", même s’il n’est pas exempt de quelques petites maladresses, possède le double avantage de nous donner une large ration de guitares acérées, mais également de nous dévoiler Elena, d’ordinaire plus pondérée, dans un registre agressif qui lui sied à merveille - à tel point que je ne serais pas fâché de l'entendre plus souvent « muscler son jeu ». De manière générale, de "Master’s Way" à "Far From Me", l’album possède la précieuse fougue des premiers efforts réalisés avec envie, une force de frappe très intéressante et, encore mieux, une vraie personnalité. Miam.


The Master’s Way a tout du premier album. Débordant d’énergie, plein à ras-bord de riffs percutants et doté d’une musicalité très intéressante, il nous arrive également avec les maladresses propres aux débuts des groupes. Prenons l’aspect rafraichissant de l’œuvre et gageons qu’avec le temps, tout se mettra en place. Sins of Shadows a du corps, c’est le principal.






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