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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 09 juillet 2020
Sa note : 15/20

LINE UP

-Lafawijn
(chant)

-Sovereign
(guitare+chant)

-Ruto
(basse)

-F.
(claviers+chant)

-Myrrys
(batterie)

TRACKLIST

1) Kuolematon
2) Bellum
3) Ashes
4) Ultionis
5) Funus
6) Suru
7) Wanderer
8) Itse
9) Solace

DISCOGRAPHIE

Pakana (2020)

Iku-Turso - Pakana
(2020) - black metal - Label : Wolfspell Records



« Vous reprendrez bien une louche de black metal ? » Ainsi apostropha l'assemblée l’individu trônant sur la chaire majestueuse à l’orée du feu crépitant. En cette nuit hivernale, le maître-conteur, tel qu’il était appelé, était d’humeur badine. Il connaissait son auditoire et le savait réfractaire à ces agressions sonores. Pourtant, l’envie irrépressible de parler de cette musique s’était emparé de son être. Probablement à cause de l’abondance des biens qui pullulèrent en cette année 2020.

Iku-Turso… non, ça ne rappelle rien. Par contre, un nom à la con comme ça, on se dit que la piste finlandaise ne doit pas être idiote. Bingo. Et ça sonne comment un groupe finlandais ? Comme Horna ? Oui, pourquoi pas ,un peu pour le côté grésillant si caractéristique de la scène, avec une (Shéhé)rasade du proto Burzum. Néanmoins, ne vous laissez pas avoir par la langue utilisée, car il y a également des Hollandais dans le tas. Et cela change-t-il la donne ? Pourquoi pas. J’avoue ne pas attribuer spontanément un son à la scène hollandaise, mais les sonorités emperoresques sont légion. Non pas sur le terrain des claviers, très discrets et juste à leur place dans leur soutien aux compositions, plutôt dans les riffs qui s’étalent çà et là. Certaines descentes d’accords sont même caractéristiques de l’Ihsahn de In the Nightside Eclipse, belle référence que voilà. La mixture des deux approches prend bien qui plus est.
L’ensemble donnant un black metal froid comme il se doit, croustillant dans ses circonvolutions. Réhaussé d’un chant racleur et rageur ? Oui, indubitablement. Le brailleur en chef nous régale d’une agression constante, épaulé quelques rares fois par un chant clair point trop envahissant et suffisamment pertinent pour éviter de prendre la vedette. Ces qualités sont accompagnées d’une batterie elle-même mesurée, s’abandonnant au blast lorsque requis, quoique jamais de manière écrasante, et faisant preuve de la retenue nécessaire pour battre la cadence des riffs lancinants de "Funus". "Funus" qui propose par ailleurs un côté éthéré venu des guitares presque post rock qui parsèment le titre. Pakana se permet donc le luxe de la diversité et accède ainsi à l’aération. C’est d’autant plus agréable que Iku-Turso n’est pas manchot dans l’exercice du mid tempo.


« Et vous comprenez ma grande joie à l’écoute de cette musique crépitante tout autant qu’emballante. Et qué s’apellerio, Cahuzac. » Maître-conteur finît son histoire avec l’attention de ses convives. Encore une fois, il avait happé l’assemblée, bien aidé par cette sortie black metal menée de main de maître.

Pour aller plus loin :






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