18392

CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 07 juillet 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-James Brendan "Jim" Grey
(chant)

-Sam Vallen
(guitare)

-Adrian Goleby
(guitare)

-Dale Prinsse
(basse)

-Josh Griffin
(batterie)

TRACKLIST

1) The Tempest
2) Slow Violence
3) Salt
4) Resonate
5) Oceanrise
6) Valkyrie
7) Autumn
8) The Ascent
9) Don't give up (Peter Gabriel cover) (bonus track)
10) Message to my Girl (Split Enz Cover)(bonus track)

DISCOGRAPHIE

Rise Radiant (2020)

Caligula's Horse - Rise Radiant
(2020) - rock prog - Label : Inside Out Music



Avec Bloom et In Contact, Caligula’s Horse nous avait offert deux pépites de rock/metal progressif. Puissants, riches, mélodiques, dotés d’une personnalité bien reconnaissable, ces albums étaient magnifiés sans peine en concert. Bref, les Australiens avaient fini la décennie sur une pente des plus ascendantes. Après un changement de bassiste, Rise Radiant, leur cinquième effort, parviendra-t-il à garder le cap vers l'excellence ?

Ce nouvel album s’inscrit dans le sillage des précédents. Rythmiques saccadées (très 2010's), chant aérien et varié et grande délicatesse laissant place à des explosions sonores. Le son du groupe est pleinement reconnaissable. "The Tempest" qui ouvre l’album est d’ailleurs un morceau typique de la formation. Claviers, riffs metal, ça démarre fort, façon mur du son. Caligula’s Horse a toujours navigué entre rock et metal (voire pop), Rise Radiant met plutôt la barre côté rock. Bizarrement, l’album donne une impression d’être moins agressif, alors qu’en y prêtant attention, ce n’est pas forcément le cas. "The Tempest", "Oceanrise" et "Valkyrie" sont clairement les tubes de l'album, efficaces et courts, tapant forts à l’énergie. Pourtant, l’album semble manquer de riffs ou de solos marquants à la guitare. Le chant prend vraiment le dessus sur le reste. Est-ce réellement un problème ? Jim Grey est un chanteur de grande qualité capable de porter un morceau à lui tout seul ("Resonate" en est un bon exemple). Ses lignes de chant sont fantastiques. Si aux premières écoutes, les chansons sont difficilement digérables, elles finissent par s’épanouir et les moments marquants sont légion. En n’utilisant jamais de mélodies faciles, c’est un tour de force. Et au-delà des lignes de chant, Jim Grey possède un timbre magnifique, qu’il n’hésite pas à solliciter dans les aigus. Le résultat est d’une grande beauté et donne à Caligula’s Horse toute sa délicatesse.
Les Australiens ne sont que meilleurs lorsqu'ils passent de l’énergie à cette délicatesse avec finesse. Ils n’ont pas perdu leur savoir-faire. On ressent quand même une façon de réutiliser les mêmes gimmicks sur Rise Radiant. Dans les introductions des morceaux ou dans les refrains. C’est peut-être l’album où l’on commence à sentir une forme de « formule » se dessiner un peu trop fortement. Clairement, le groupe surprend moins. Pourtant, la richesse des morceaux reste présente, que les morceaux soient longs ou pas. Mais c’est peut-être là que l'enregistrement perd un peu en rythme. Après une première partie parfaitement maîtrisée dans ses enchaînements et un morceau calme, "Resonate", sonnant presque comme un interlude, Rise Radiant perd en énergie sur sa fin. "Autumn" est une ballade un peu longuette qui s’étire jusqu’à près de huit minutes avant d’enchaîner sur le pavé "The Ascent" dont la fin se révèle un peu poussive. On ajoute alors deux bonus tracks dispensables et la fin moins réussie du recueil laisse une impression de déception. C’est bien dommage car ce cinquième LP de Caligula’s Horse se hisse néanmoins dans le haut du panier des productions rock prog.

Si vous aimez Caligula’s Horse, vous retrouverez le groupe porté par une belle énergie. Si vous aimez le rock prog, il est plus que temps de vous mettre à la musique des Australiens. Si les compositions demandent un peu de temps pour s’assimiler, une fois fait, c’est un vrai bonheur. Tirés par un chanteur toujours aussi brillant, le groupe nous propose une musique mélodique d’une grande richesse, dans la continuité de ses réalisations précédents.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4