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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 24 juin 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-Baptiste Labenne
(chant+guitare)

-Luca Quitadamo
(guitare)

-Florent Gilles-Waters 
(basse)

-Adrian Gilles
(batterie+chœurs)

-Ayla Bona
(Flabuta+vielle à roue+chœurs)

-Pierre Delaporte 
(Boha+accordéon+chœurs)

TRACKLIST

1) Lo Pèla Pòrc
2) Novempopulania

3) Suu Camin Estelat
4) Xivalièr de Sentralha
5) Rei de Suèda (Sveriges Kung)
6) La Sicolana
7) Abelion
8) Un Darrèr Còp
9) Libertat
10) Milharis

DISCOGRAPHIE

La Halha (2020)

Boisson Divine - La Halha
(2020) - folk power metal - Label : Brennus Music



Il aura fallu attendre quatre longues années pour retrouver les trublions Gascons de Boisson Divine. Jouissant d'une petite mais solide réputation dans le microcosme du folk metal français, le sextet débarque avec La Halha savant mélange de folk et de power metal diablement efficace.

Et oui, le folk metal n'est pas réservé à Korpiklaani et autres joyeusetés venues du nord de l'Europe. Le folk metal comprend l'utilisation d'instruments traditionnels (je ne vous apprends rien) ce que Boisson Divine fait parfaitement bien, le tout en langue gasconne. Ne me demandez donc pas une traduction des paroles. Ceci dit, c'est parfaitement fluide, grâce au très beau chant du vocaliste Baptiste. Le gaillard possède un timbre relativement sobre et grave, sans fausses notes. Je dirais même délicat, comme sur le refrain de la fort plaisante "Novempopulania", également agrémentée d'un subtil solo de guitare. Car oui, La Halha n'est pas qu'un album de folk, il est résolument power comme le prouve les quelques propositions plus directes à l'instar de "Xivalièr de Sentralha", "Abelion", "Libertat" ou encore, et surtout, l'excellente opener "Lo Pèla Pòrc" synthèse parfaite de l'œuvre, notamment dans l'utilisation des instruments traditionnels (le flabuta, flûte à trois becs, accordéon) incorporés dans une composition efficace avec un refrain qui fait mouche et un rythme bien soutenu (belle performance d'Adrian, le batteur).
Mais La Halha n'est pas seulement un simple disque de power folk efficace et direct. Boisson Divine tente de varier son propos avec la présence de titres plus épiques comme "Rei De Suèda" et "Milharis". Si la première me semble plus bancale et moins inspirée, la seconde clôt superbement ce troisième effort. Sur cette occurrence le collectif du Sud-Ouest prend son temps, crée une atmosphère, lorgne sur le mid tempo dans sa première partie avec un refrain habité (grâce aux chœurs) qui amène progressivement par une partie instrumentale (guitare acoustique puis solo) sublime, avec toujours cette présence des chœurs, vers une conclusion parfaite de cette nouvelle mouture. Mais le petit coup de cœur de votre serviteur est sans aucun doute "La Sicolana". Proposition particulièrement ancrée musicalement dans l'univers musical gascon, elle emporte l'auditeur grâce à une intro a capella et surtout un refrain taillé pour le live qui s'incruste dans le cortex, tout en restant résolument power. Une vraie pépite.


Avec La Halha, Boisson Divine marque l'essai et ne devrait pas avoir trop de difficultés à gagner de nombreux fans grâce un folk metal bien français sur fond de power diaboliquement efficace. Et si certains titres semblent en deçà ("Suu Camin Estelat" ou "Un Darrèr Còp") le reste de l'œuvre est un quasi sans faute. En espérant voir le sextet écumer les salles de concert et festivals une fois ce satané virus derrière nous.




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