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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 18 juin 2020
Sa note : 14/20

LINE UP

-Baal
(chant)

-Exile
(guitare)

-Virus
(guitare)

-KGD
(basse)

-S.S.
(batterie)

TRACKLIST

1) Both of Me
2) Predominance
3) Faith That Fades
4) Thy Light Returneth
5) When Birthgivers Recognize the Atrocity
6) The Unspoken Curse
7) Abstract Life, Abstract Death

DISCOGRAPHIE

Tome II (2020)

Grave Circles - Tome II



Grave Circles est ukrainien. Donc le groupe est forcément un amateur de forêts et fait du black dépressivo-atmosphérique à la Drudkh. En tout cas, c’est mal enregistré. Nous aurons tout loisir de décrypter la véracité de ces affirmations lors des quelques phrases que nous échangerons ensemble dans cette intimité frugale de la chronique, morceau choisi de deux vies, la vôtre et la mienne. Et Grave Circles sort donc un Tome II qui en fait est un premier album puisque Tome I était un premier EP.

Forts de ces informations, amis lecteurs, vous vous doutez bien que le nazisme consubstantiel du black ukrainien doit bien traîner quelque part. A raison ! En effet, le batteur, de session a priori, de l’album a sélectionné comme initiales les fort peu à propos S et S. Votre cerveau suffisamment développé fera l’association. Mais voyons plus loin, et attardons-nous sur le chanteur, Baal, batteur de son état chez… Peste Noire. Et oui. La communauté black est un bien petit milieu. Et donc point de batteur titulaire puisqu’il y a un batteur de session, uniquement pousseur de cris en chef pour cette production. Il s’entoure de guitaristes et bassiste somme toute inconnus et de quelques menus trombones qui viennent pousser la chansonnette par deux fois. L’amateur d’originalité se dit alors immédiatement chouette à cette lecture joyeuse.
Qu’il ne s’emballe pas pour autant, car Grave Circles s’il ne fait pas du Drudkh, l’enveloppe sonore très largement maîtrisée s’approchant parfois du Kénôse de qui-vous-savez, le prouve. Il ne s’acoquine qu'avec peu d'entorses au metal. La musique proposée s’identifie à un mélange black deathisant, le timbre du chant et certains riffs étant proches du genre du culte de la mort. Néanmoins l’aspect black metal demeure dominant sans hésitation, les sons agressifs et grésillant des riffs qui font penser à Secrets of the Moon dans sa période black metal rappelant à nos tympans que toute catégorisation est souvent affaire de tessiture sonore. Un poil de Shining le Suédois, également de-ci de-là, et pas mal de sonorités à la Infestus nappées d’invocations incantatoires ayant leurs racines plongées dans une religiosité évidente.
Pourtant, ce qui marque le plus cette création noire réside dans cette étrange qualité : l’entraînement. Il est bizarre d’écrire ceci d’une sortie black metal qui a l’air d’être tout à fait sérieuse, pourtant il serait bien niais de le nier, Grave Circles a un côté entraînant d’où il tire une originalité ambivalente. Ce ne sont pas forcément les rythmiques, plutôt les riffs, la manière de composer qui rend ce black deathisant grésillant relativement… gai. Alors ne prenez pas ces mots couchés négligemment sur le tapis électronique d’internet pour argent suprêmement comptant et trébuchant (oh pardon), mais sachez que oui, Tome II est un album paradoxalement assez joyeux. Ce ne sont pas les thématiques abordées autour de la mort et de la décadence qui incitent à une exaltation farouche, reste que les faits sont têtus et bien là.


Alors une sortie pour quel type d’homo metallicus ? Les negrus et un peu les mortus bien sûr. Les lancinantus également qui s’astiquent sur de belles mélopées grisâtres. Une sortie dont la qualité est évidente et saura satisfaire les mordus de métallicité sombre… et entraînante.

Pour aller plus loin :





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