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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 18 juin 2020
Sa note : 13/20

LINE UP

-Ragnar Sverisson
(chant+batterie)

- Símon Þórólfsson
(guitare+basse+chant)

TRACKLIST

1) Ávöxtur af rotnu tré 
2) Eldhjarta
3) Þrátt fyrir brennandi vilja 
4) Þegn hinna stundlegu harma
5) Hin forboðna alsæla
6) Katrín
7) Í Musteri Agans

DISCOGRAPHIE

Helfró (2020)

Helfró - Helfró
(2020) - black metal - Label : Season Of Mist



Helfró, Helfró…. Mmmmh, voyons voir, Helfró où ai-je déjà entendu ça ? Ai-je froid ? Aïe, non, trop ridicule. Elle fraude ? Non, trop tarabiscoté. Hellhammer, Hellsaw, Hell/Hel bidule. Ouais plutôt. Ok, c’est Satan l’habite et compagnie. Bon, passée l’exotisme du « ó » final, voilà bien là un nom de groupe bien cliché. Islande dites-vous ? Bon, l’intérêt vient de monter subitement d’un cran, malgré la condition de ressortie pour cause de signature sur un label (la sortie originelle date de 2018, voyez-vous). Il faut dire que la petite île volcanique quasi arctique a généré par le passé une multitude de groupes remarquables (Naðra, Martröð… euh… Svartidauði, Misþyrming) tant par leurs qualités que par leur revisite du black metal tout en restant étonnamment purs. Helfró se permettra-t-il d’être la nouvelle brique pour aller plus près de toi mon ciel ?

Alors l’histoire commence comme du 1349 sur Liberation et Hellfire. Une déflagration pas mystique pour un pet, du genre directe et violente. Ça blaste évidemment à tort et à travers de porc sans discontinuer avec une maîtrise instrumentale suffisamment appréciable pour se dire que nous n’avons pas à faire à du n’importe quoi. Pourtant, brutalement la troupe enchaîne sur un deuxième titre qui n’a presque plus rien à voir en balançant un gros riff death à la Morbid Angel style Covenant. Etrange vous avez dit ? Alors attendez de surfer sur "Þegn hinna stundlegu harma" qui vous ramènera en plein Dark Funeral de son anno domini Vobiscum Satanas. Les facétieux Nordiques s’amuseraient-ils donc à nous mener en bourrique pour disséminer nos allégeances musicales à droite à gauche dans leurs compositions ? Non, la variété s’arrêtera là. l’album est avant tout un brûlot de black metal plus ou moins traditionnaliste qui s’échine à foncer tête baissée sans s’affranchir des ralentissements salvateurs.
Au final, le black metal proposé finit par faire globalement penser à… un groupe de death faisant du black. Ironique pour du black islandais, mais finalement pas déconnant. Dans le genre référence, en voici une dernière : Mayhem sur l’album le plus étonnant qui soit, Chimera. Le lecteur à l’énumération excessive des références finira par se dire que cet Helfró qui commençait comme une énième variation black tire finalement son épingle du jeu. C’est un peu vrai et un peu faux ; vrai car effectivement, les différents styles évoqués font montre d’une belle diversité des ambiances et des attaques. Faux cependant car la horde semble s’embrouiller dans son message en brassant volontairement ou non tout un vaste panel pas si nécessaire. La cohérence manque dans ce paysage sombre ainsi dépeint. Il eut été préférable de s'en tenir à quelques évocations bien ficelées plutôt que des titres entier rappelant çà telle tête d’affiche, là telle autre.


Difficile de reprocher officiellement à Helfró sa volonté d’en coller un peu partout, pourtant, c’est bien cela qui le coince, cet éparpillement des courants. Et également ce côté épileptique qui tient moins en haleine que 1349. Sans passer sous silence cette pochette délicieusement ringarde (c’est gratuit).

Pour aller plus loin :





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