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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 16 juin 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-Olga "Helle" Bogdanova
(chant)

-Evgeny Zhytnyuk
(claviers)

-Dimitri Vinnichenki
(guitare)

-Alexander "Xander" Kamyshin
(basse)

-Ivan Kholmogorov
(batterie)

TRACKLIST

1) Queen Dies
2) Chorne Polumia (Black Flame)

3) Out of my Head
4) I Tokuni (Eivor Cover)
5) Too Late to Be Born
6) What For
7) Gods of Fire
8) Jinnslammer
9) Disenchantment
10) Black Flame (bonus track)

DISCOGRAPHIE


ignea - The Realms of Fire and Death
(2020) - metal symphonique folk metal prog metal extrême - Label : Kadabra Music



Doucement mais sûrement, les Ukrainiens d'Ignea sont un train de se faire un petit nom au sein de la scène metal symphonique. Leur approche un peu plus sombre et progressive combinée à des influences d'Europe de l'Est fait clairement son petit effet. The Realms of Fire and Death se veut à la fois glaçant et percutant. Embarquement immédiat, direction Kiev !

The Realms of Fire and Death (second album du quintet) est un concept album autour du feu et de la mort. L'œuvre, constituée de neuf titres, est divisée en trois chapitres de trois chansons, traitant du thème central sous différents aspects et perspectives. Le trio de tête se veut le plus sombre, le plus violent et plonge tout de suite l'auditeur dans l'univers Ignea à savoir, alternance de voix claire et grunts de la part d'Helle, aspects folkloriques (sur l'intro de "Queen Dies" notamment) où encore paroles en ukrainien (l'époustouflante "Chorne Polumia" dont une version en anglais est inclus en tant que bonus). L'ambiance est lourde et sombre. Les aspect symphoniques ne tendent absolument pas sur ce à quoi on a l'habitude d'entendre, les claviers sont assez en retraits (de manière consciente) et s'intègre parfaitement dans une harmonie générale.
Un des aspects plaisants avec The Realms of Fire and Death est l'alternance entre titre puissants et compositions folks comme la succulente "I Tokuni", où la très gipsy "What For". La seconde partie du recueil est quant à elle l'exemple de l'approche progressive des Ukrainiens. Effectivement les pistes se savourent trois par trois (bien qu'elles soient divisées sur le papier). Une première partie dark, plus lente, une seconde très folk et une troisième presque plus pop, plus facile d'accès. Les grunts sont toujours présent, mais là où sur la première partie on ressentait un tempo plus lent, presque plus doom avec une batterie omniprésente, cette troisième partie est plus speed, en témoigne le solo (qu'on attendait pas) sur "Gods of Fire" ou encore le refrain de "Jinnslammer", plus convenu.
Si la réalisation tend à traîner un chouïa en longueur sur cette troisième partie il ne faut pas en oublier sa richesse. Effectivement, chaque écoute apporte quelque chose de nouveau, de non entendu (c'est un peu le propre du metal prog me direz vous). Une occurrence, décevante aux premières écoutes - "Disenchantment" - se révèle délicieuse au fil du temps, que ce soit grâce à la petite touche de claviers sur les refrains ou aux apports folkloriques. La double pédale supporte parfaitement bien un refrain efficace. Le défaut de ce morceau est peut être le recours excessif aux grunts (maîtrisés, là n'est pas la question). La vocaliste est performante, sur ces deux aspects vocaux, mais par moment, surtout sur "Disenchantment" mais pas que, sa voix claire est un peu camouflée alors que ses lignes de chants, sur les couplets notamment, sont magnifiques. On préfère quand le titre est totalement dédié à sa voix criée comme la puissante "Too Late to Be Born". Malgré cela, cette nouvelle mouture constitue un essai plus que transformé.


The Realms of Fire and Death est un concept album réussi. Visuellement (artwork, clips) mais musicalement également. Mélange de metal symphonique, metal extrême et folk metal construit comme du metal progressif (vous suivez?), ce second effort est envoûtant mystérieux, puissant, étonnant, bien qu'un peu bancal par moment. Un groupe avec un fort potentiel que je ne peux que vous conseiller.





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