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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 28 mai 2020
Sa note : 11/20

LINE UP

-Luzifaust
(chant)

-Hanephi
(guitare)

-Hypnocrotizer
(basse)

-Mesmorphion
(batterie)

TRACKLIST

1) Lord of Blessed Murder
2) Eschaton
3) Omega Serpent
4) Divine Providence
5) Prophetic Death Trance
6) Ephemerality of the Flesh
7) Omnipresence

DISCOGRAPHIE


Kafirun - Eschaton
(2017) - black metal - Label : Séance Records



Kafirun avait agréablement surpris en 2015 avec un deuxième courte durée dénommé Glorification of Holy Death. Cette ode au black metal norvégien des années 90 avait trouvé grâce par sa personnalité et sa façon de manier les rythmes. Eschaton se veut un premier opus longue durée, confirmation de cet impeccable talent pour la composition. Pour cela, il faudra prouver que le groupe a les ressources pour perpétuer sur plus de quarante minutes ce qu’il avait réussi à créer sur vingt.

La tâche était ardue, pourtant largement dans les cordes d’un groupe qui avait fait montre de belles capacités tant musicales qu’instrumentales. Les Canadiens ont semble-t-il voulu débuter les deux sorties de manière diamétralement opposées : face au quasi post rock de l’EP s’affiche un gros blast qui débarque sans coup férir. On craint alors une dérive vers une avalanche incessante de vitesse, fort heureusement infirmée par le début de la deuxième piste, et chanson-titre. On note également une évolution palpable de la musique proposée, signe d’une volonté appréciable de progresser. Une légère déviation vers des choses plus dissonantes, caractéristique largement à la mode dans les années 2010, notamment popularisée par le grand maître Deathspell Omega. Le risque de mélanger blasts et menues dissonances est alors double : se voir comparer aux Pictaviens, mission perdue d’avance, et plus problématique, lasser. Car cette tendance à l’ultra-vitesse qui chatouille les tympans a accouché de nombreux mort-nés.
Comme déjà expliqué, la troupe n’oublie pas de caler des passages plus sages. Seulement ceux-ci semblent aussi plus épars que sur leur précédente livraison. L’équilibre est-il ainsi rompu ? La question m’a posé problème pendant trois ans, ce qui explique la création de cette chronique seulement maintenant. Kafirun donne l’impression de s’égarer dans une démonstration de force qu’ils ne peuvent gagner. Techniquement, ils sont bons mais loin des ténors. Sur les riffs, pareil, ils sont bons, simplement peu d’idées vraiment originales et mémorables se détachent du lot. Plus généralement, tout semble sorti d’un magma uniforme et compact. On peut citer "Omega (tiens donc) Serpent" qui daigne baisser le rythme suffisamment longtemps pour surprendre et s’accompagne de riffs bien sentis. Cependant, la lassitude finit par guetter, puis, selon votre degré de tolérance à ce type d’atmosphère, lancinante, prend le dessus. C’est d’autant plus ardu à expliquer pleinement que les compositions sont d’un niveau tout à fait satisfaisant et essaimées de richesses multiples. Seulement trop lisses.


La raison de ce semi-échec est sa propension à vouloir en faire des caisses sans originalité. Il y a plein de trucs à apprécier, mais la soupe ne s’amalgame jamais vraiment. On se quittera alors bons amis, en espérant vaguement qu’un nouvel album corrige le tout, néanmoins sans se pincer le slip d’impatience.

Pour aller plus loin :






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