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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 27 mai 2020
Sa note : 15/20

LINE UP

-Cristina Adriana Chiara Scabbia
(chant)

-Andrea Ferro
(chant)

-Diego Cavallotti 
(guitares)

-Marco Coti Zelati
(claviers+basse)

-Richard Meiz
(batterie)

TRACKLIST

1) Anima Nera
2) Sword of Anger
3) Reckless
4) Layers of Time
5) Apcalypse
6) Now or Never
7) Under the Surface
8) Veneficum
9) The End Is All I Can See
10) Save Me
11) Black Anima

DISCOGRAPHIE

Lacuna Coil (1998)
In A Reverie (1999)
Half Life (2000)
Unleashed Memories (2001)
Comalies (2002)
Karmacode (2006)
Shallow Life (2009)
Dark Adrenaline (2012)
Broken Crown Halo (2014)
Delirium (2016)
Black Anima (2019)

Lacuna Coil - Black Anima
(2019) - gothique dark metal Djent - Label : Century Media



Signe d'une grande intelligence ? Manque flagrant d'imagination ? Se prennent pour la Madonna du metal ? Le cas Lacuna Coil n'est pas évident. Traversant les années sans remous mais toujours suivis, les Italiens s'adaptent, changent, pour le pire mais souvent le meilleur. Depuis 2015, il est finit le temps du néo censé en faire des stars aux US. Non avec Delirium, puis Black Anima, Lacuna Coil prouve encore une fois que le changement c'est maintenant.

Les Lombards ont clairement durci le message ces dernières années. Légèrement entrevue sur Broken Crown Halo (album de transition), la nouvelle puissance des compositions ont pris leur pleine mesure sur le bon Delirium et continue sur ce Black Anima. Un son plus lourd, quelques apports djent (l'intro de "Sword of Anger") sans non plus en abuser comme de nombreux jeunes groupes qui ont tendance a en mettre à toutes les sauces. Les Milanais ont en clairement terminé avec ce son lisse caractéristique de leur progéniture post-Comalies et on ne les en remerciera jamais assez. La recette 2019 est donc basée sur des guitares bien plus puissantes, mais surtout un univers plus sombre, plus dark. Le quintet tisse sa toile en emmenant son auditeur sur divers routes. "Sword of Anger" et "Layers of Time" illustrent à elles seules ce Lacuna Coil 3.0 teinté de djent donc mais également la confirmation du retour aux grunts d'Andrea, des riffs explosifs mais surtout une Cristina toujours aussi parfaite. Si l'utilisation de sa voix sur (ça fait mal de l'écrire) Karmacode ou encore Shaddow Life était une insulte à son talent, ses lignes de chant sur Black Anima la remettent enfin sur la devant de la scène. Puissante, douce, énigmatique (le pont de "Layers of Time", "Veneficum") elle semble habitée et a retrouvé un niveau qui fait qu'elle n'a peu de concurrence dans le milieu (point de lyrisme et autres chichis ici). On ne refera pas le débat en revanche sur Andrea, beaucoup n'aime pas, mais son apport est dorénavant recadré sur des grunts bien placés et apportant une réelle plus-value aux compositions. Lacuna Coil n'oublie cependant pas de placer des « hits » à l'instar de "Reckless" ou encore "Save Me". Ces deux propositions sont les plus facilement mémorisables grâce à leur refrain efficace. Il n'est pas étonnant qu'elles fassent partie des trois singles extraits de Black Anima.
Mais l'occurrence qui risque de survivre longtemps aux setlists des Lombards est "Veneficum". Gothique dans son approche (et dans son intro), elle apparaît comme une belle synthèse de ce qu'est Lacuna Coil, cette ambiance sombre et froide, un duo de vocalistes qui ne font qu'un, une Cristina possédée, des guitares acérées. Lacuna Coil a toujours réussi a faire ressortir au moins un titre de chaque album (on peut citer "Heaven's a Lie", "Kill the Light" ou plus récemment la déjà culte "Blood, Tears, Dust") et "Veneficum" s'inscrit ainsi dans cette tradition. À l'instar de son étonnante mais excellent introduction ("Anima Nera", qui crée une atmosphère préparant l'auditeur à ce qu'il va vivre), Black Anima est une œuvre sombre, qui se déploie et agrippe l'auditeur dans ses filets. Même un titre comme "Apocalypse", qui, écouté individuellement, ne casse pas trois pattes à un canard, a toute sa place. Malheureusement, le rythme affolant de cette première moitié va prendre un léger coup d'arrêt avec "Now or Never" et "Under the Surface". Sur la première citée, Andrea retombe dans ses travers insupportables et le refrain assurée par sa comparse ne sauve pas du plantage malgré une ambiance collant parfaitement avec le reste du recueil. Quant à la seconde, je me questionne encore sur sa présence tant elle est d'une simplicité, d'une banalité (ce refrain).... "Black Anima" clôture quant à elle parfaitement bien l'album du même nom avec une note présente en background tout du long soutenant une harmonie vocale assez déchirante de la part des deux chanteurs. L'expérience Black Anima est donc une belle réussite et confirme tout le bien que l'on peut penser de nos Italiens préférés.


Lacuna Coil traverse les années sans sourciller avec toujours ce truc en plus qui les maintient en haut de l'affiche. Sans revenir à un niveau exceptionnel (Comalies), la formation transalpine a clairement repris du poil de la bête depuis plusieurs années. Avec des compos musclées, un univers plus dark et une Cristina au timbre toujours merveilleux, les Italiens n'en ont clairement pas fini avec nous. Ne boudons pas le plaisir procuré par Black Anima malgré quelques titres en deçà.




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