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CHRONIQUE PAR ...

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Dr Gonzo
Cette chronique a été mise en ligne le 26 mars 2008
Sa note : 13/20

LINE UP

-Seb
(chant+guitare)

-Pierre
(guitare)

-Guil
(basse)

-Ben
(batterie)

TRACKLIST

1)Alcohsonic Days
2)Schyzo Man
3)The Cathodic Way of Life
4)I'm Your Man
5)Mojo Driver
6)Big City Life
7)The Cathodic Way of Life (acoustique)
8)Alcohsonic Days (acoustique)
9)Big City Life (acoustique)

DISCOGRAPHIE


Alcohsonic - Never Drink Without Live Elements
(2008) - hard rock stoner archi-classique - Label : Le Gros Label



Parler de la scène stoner française est toujours une chose délicate, puisqu’elle est relativement inexistante et assez peu captivante à quelques exceptions près. Alors, on se rabat comme on peut sur quelques groupes épars qui brandissent naturellement Kyuss et QOTSA comme références – alors que les intéressés ont pourtant toujours répudié l’appellation « stoner ». Le groupe réclamerait aussi une filiation avec Motörhead. Faudrait p'tet pas pousser non plus.

Mais si on se permet d’aller au-delà des appellations (hard groove 70’ stoner truc) et des enculages de mouches que cela peut entraîner, on peut aussi s’intéresser à la musique en elle-même. Alors qu’est-ce que ça donne Alcohsonic ? Ben du rock sympa qui sait péter et ne pas être trop propre sur lui. Certes, ça n’en fera pas le plus grand groupe du monde, mais par les temps qui courent c’est déjà pas mal. Il est bon de préciser que la présente démo est un live ; ce son si direct, crade et doux à mes oreilles en est donc la conséquence directe.

Le grain des guitares sent bon l’ampli à lampe qui chauffe depuis plusieurs heures, le phaser dégouline, la wah est moite, la basse ronde, la batterie sèche et claquante. Notons que je ne mentionne pas la voix, parce que tout ne peut pas aller toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes ; restons donc dans le cirage de pompes, avant de leur tailler un costard au paragraphe suivant. Donc niveau instrumental, ça sonne bien, c’est roots, c’est rock, il y a harmonie entre le style pratiqué et le rendu sonore. Pas de quoi sauter au plafond, mais y voir des faiblesses relèverait de la mauvaise foi absolue, les instruments fonctionnent bien ensemble et il n’y a aucun doute à avoir sur le genre pratiqué.

À côté de ça, il y a le chant. Pas désagréable en soi, non, en plus le type fait l’effort de chanter dans un anglais correct. Il est juste terriblement oubliable, et c’est à la fois gênant, et paradoxalement tout à fait raccord avec l’impression que peut donner l’écoute de ce live. L’impression que laisse Alcohsonic, c’est celle de tous ces groupes hard 70’ sympathiques mais laissés sur le carreau parce qu’en face, il y avait des rouleaux compresseurs accessoirement plus talentueux (pas tout le temps, mais quand même) Qui s’intéresse à ce qu’a pu faire Blue Cheer après 1969 ? Qui irait encore acheter un album de Leaf Hound ? Y’a-t-il des gens de moins de quarante ans qui connaissent (et apprécient) Foghat ? Bref, la liste des groupes occupant ce créneau est longue, et Alcohsonic pourrait s’y glisser sans peine s’ils avaient existé vingt ans plus tôt.

Il faut tout de même accorder une certaine efficacité à leurs différents morceaux. Le riff d’introduction sur "Alcohsonic Days" pose assez bien l’ambiance, et "Big City Life" ferait taper du pied sans retenue si les interjections pénibles du chanteur servant à « chauffer » le public ne venaient pas régulièrement piquer les oreilles. Entre le rock qui tâche et le ska festif, il faut savoir choisir son camp. Groupe français oblige, on doit forcement se cogner quelques slows un peu solennels, mais on se consolera avec le phaser qui viendra souiller la guitare en son clair. Donc, sur les 7 minutes et quarante huit secondes qui constituent "The Cathodic Way of Life" on peut en jeter facilement trois ou quatre, garder les moments où ça s’énerve ou les quelques incursions de slide.

Au live électrique s’ajoute un set acoustique pas vilain, mais assez anecdotique, où l’on y entend d’autant mieux le chanteur qui commence à devenir fatigant à la longue. Les chansons à la base n’étaient pas faciles à adapter, et le groupe s’en sort relativement bien. Le son est assez crédible et chaleureux, et les réarrangements sonnent vraiment acoustiques (comprendre, c’est pas un MTV Unplugged) Une fois de plus, la voix dénote, et la pauvreté des lignes mélodiques ajoutée à l’absence de charisme vocal coule un peu le truc.


L’esprit rock vintage est présent, le son respire, le groupe est dynamique. Il manque quand même un tout petit quelque chose pour rendre ça plus vivant. L’enregistrement est un live, un peu d’impro n’aurait pas été un luxe. L’ensemble est prometteur mais il va falloir un peu plus pour réellement retenir l’attention. Le choix de la production s’il y a album (on me précise dans mon oreillette que oui, il y a) sera probablement crucial et fera ressortir Alcohsonic du lot ou les coulera, ni plus ni moins.

www.myspace.com/alcohsonic


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