18358

CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 25 mai 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-Per Erik Magnus Grönwall
(chant)

-David "Dave Dalone" Axelsson
(chœurs+guitare)

-Jonas "Jona Tee" Thegel
(chœurs+claviers)

-Jimmy "Jay" Johansson
(chœurs+basse)

-Lars "Crash" Jarkell
(chœurs+batterie)

TRACKLIST

1) Rock Your Body
2) Dangerous Ground
3) Come Clean
4) Victory
5) We Are Gods
6) Adrenaline
7) One By One
8) Nothing To Say
9) Heaven Must Have Won An Angel
10) Under The Gun
11) Rise

DISCOGRAPHIE

Freedom Rock (2010)
II (2020)

H.E.A.T. - II
(2020) - hard rock hard FM - Label : earMusic



(For English version, scroll down)

H.E.A.T est un groupe auquel on ne pensait pas un jour associer le mot « surprise ». La qualité autant que le contenu des enregistrements livrés par la formation suédoise sont d'une constance que rien ne semblait pouvoir remettre en cause depuis le premier album auto-intitulé sorti à la fin des années 2000. Du hard rock léché tendance « fm » exécuté dans les règles de l'art, voilà à quoi l'on pense avoir affaire lorsqu'un nouvel effort longue durée de H.E.A.T est annoncé. Il semblerait que, concernant le n°7 - qui s'appelle II - quelques changements aient été opérés.

Comment ? Quoi ? Où çà ? H.E.A.T s'est mis au thrash brutal ? Au black pagan ? À l'indus militariste ? Que tout le monde se calme : on n'a pas parlé de métamorphose, mais de changements, qui, du reste, avaient déjà débuté avec l'arrivée derrière le micro du fougueux Erik Grönwall à l'occasion du troisième LP, Address the Nation, paru en 2012. Disons que sur H.e.a.t II, l'intensité des séances de culturisme sonore a franchi un cap supplémentaire. Le ton est donné d'emblée avec l'explicite "Rock Your Body" : après une montée en pression guitare/ claviers orchestrée par les deux compositeurs principaux, Dave Dalone et Jona Tee, retentit un riff indubitablement heavy – même si ce n'est pas Crowbar non plus, l'ambiance reste guillerette. Le chant énergique de Grönwall, mélange détonnant de Sebastian Bach et de Joey Tempest, dope le couplet puis un refrain salement addictif, sur lequel des chœurs viennent prêter main forte. Dalone se dégourdit les phalanges avec dextérité sur ses parties récitatives sans chercher à rallonger la sauce, un constat qui vaut pour l'ensemble du recueil. Sans doute un peu secoués par le coup de semonce, les fans de la section d'Upplands Väsby auront tout de même remarqué que priorité reste donnée à la rengaine. Et pas qu'un peu.
La répétition du thème principal frise l'overdose sur certaines pistes dont le rageur "Under The Gun", séquelle défoulatoire de "Rock your Body" dont l'entame héroïque rappelle les belles heures de Praying Mantis époque Forever in Time, et surtout "Adrenaline" qui donne l'impression que les mecs insistent pour compenser une – légère - chute d'inspiration. Celle-ci reste un cran en-dessous de la haute moyenne générale sur "Come Clean" et "Heaven Must Have Won An Angel" qui bénéficient heureusement d'une production gonflée aux stéroïdes et de la prestation impressionnante de Grönwall qui alterne avec bonheur le registre de l'émotion – un peu – et celui de puissance – beaucoup. Celui qui incarna en 2018 Simon le Zélote dans une représentation télévisée de la comédie musicale Jesus Christ Superstar aux cotés d'Alice Cooper n'est pas non plus étranger à la force de frappe déployée sur le vigoureux "Victory" – l'un des rares titres où il s'autorise à lâcher un scream, un vrai, après avoir copieusement envoyé du steak. Bien sûr, tous les réflexes AOR n'ont pas disparu - il y a donc une ballade, avec des arpèges en guise de gimmick, des oh-oh-oh tout nostalgiques et une imitation de Bon Jovi. "Nothing to say", en nette surcharge kitsch eighties, constitue, qu'on se rassure, le seul faux pas de ce H.e.a.t II testostéroné, parfois un peu trop comme sur le lourd "We are Gods" aux paroles dignes de Manowar (sans les allusions machistes) - « We are Gods of the Universe », rien que ça.
Dans un style similaire, l'imposant et terminal "Rise" convainc davantage, grâce à une dose de mélancolie subtilement dosée - le vainqueur de l'édition 2009 du Pop Idol suédois la joue cette fois à la Ronnie James Dio, pas complètement bluffant mais ça fait toujours plaisir à entendre. Reste que ce sont bien les occurrences les plus véloces qui suscitent l'enthousiasme le plus franc, à l'image de "Dangerous Ground", à la faveur d'un solo à double détente (Wolf Hoffmann en aura fait, des émules !) et son refrain à l'impact décuplé par la vitesse – paradoxalement le plus conforme à l'ADN radio friendly de H.E.A.T si l'on considère la couche de synthés un poil plus épaisse que sur le reste du recueil. Sans qu'il soit vraiment question de sobriété – la révolution ne va pas jusque là - Jona Tee se cantonne le plus souvent au rôle de soutien, ses claviers à la sonorité proche de celle de la six- cordes de son compagnon d'écriture permettant de renforcer l'ambiance rock tout en évitant les débordement synthétiques qui soulent. Une option magistralement concrétisée sur "One by One", équilibre idéal entre tension quasi permanente et mélodie qui claque – quel refrain ! Avec ce type de compositions galvanisantes, H.E.A.T peut sereinement s'aventurer hors de sa zone de confort, là où ça bastonne un peu plus, sans craindre personne - ou en tout cas pas grand monde.


Sur II, H.E.A.T a musclé son jeu et le résultat est particulièrement réjouissant : en s'appuyant sur les robustes capacités vocales d'un Erik Grönwall déchaîné, les Scandinaves ont enfin passé la vitesse supérieure en injectant un dynamisme euphorisant à la plupart de leurs chansons. Ainsi bonifiées, les ritournelles - toujours aussi bien troussées malgré quelques baisses de régime - et remarquablement interprétées, ont suffisamment d'atouts pour convertir, par exemple, les supporters de leurs compatriotes de Crashdïet qui regimbaient encore en raison d'une tonalité AOR jusqu'alors dominante. La meilleure réalisation de H.E.A.T à ce jour ? On est tout à fait en droit de le penser.


--------------------------

H.E.A.T. is a band we never thought we'd associate the word « surprise » with. The Swedish squad delivers high quality recordings with a constancy that seemed unchallenged since the first self-titled album released at the end of the 2000s. A polished « FM » -type hard rock flawlessly executed is what we have in mind when a new H.E.A.T. release is announced. It would seem that, concerning No. 7 - which is called II - some changes have been made.

What are they? How? Where? H.E.A.T. went into brutal thrash metal? Black pagan? Martial indus? Everybody calm down: we did not mention metamorphosis but changes, which, by the way, had already been initiated with the arrival behind the microphone of the fiery Erik Grönwall for the third LP, Address the Nation, released in 2012. Let's just say that on H.e.a.t II, the intensity of the sound reinforcement sessions went one step further. The tone is set from the outset with the explicit "Rock Your Body": after a guitar/keyboard pressure build-up orchestrated by the two main composers Dave Dalone and Jona Tee, an unmistakably heavy riff resonates - even if it's not Crowbar either, the atmosphere remains cheerful. Grönwall's energetic vocals, an explosive mix of Sebastian Bach and Joey Tempest, dope the verse and then an addictive chorus, with backing vocals. Dalone deftly stretches his phalanxes on his recitative parts without trying to make the sauce longer, a fact that applies to the whole collection. Fans of Upplands Väsby's section may be a little shaken by the warning shot, but they will have noticed that priority is still given to the chorus. And not just a little.
The repeated main theme borders on overwhelming on some tracks, including the raging "Under The Gun", the defoulatory sequel of "Rock your Body" whose heroic opening reminds us of the beautiful hours of Praying Mantis' Forever in Time, and especially "Adrenaline" which gives the impression that the guys insist on compensating a - slight - drop of inspiration. This one remains one notch below the high overall average on "Come Clean" and "Heaven Must Have Won An Angel" which fortunately benefit from a production inflated with steroids and especially from Grönwall's impressive performance which happily alternates emotion - a little - and power - a lot. The man who played Simon Zealotes in a 2018 tv performance of the musical Jesus Christ Superstar alongside Alice Cooper is no stranger to the strike force deployed on the vigorous "Victory" - one of the rare tracks where he allows himself to release a scream, a real one, after blowing some real heavy and massive sound. Of course, all the AOR reflexes haven't disappeared - so there's a ballad, with arpeggios as a gimmick, nostalgic oh-oh-ohs and an imitation of Bon Jovi. "Nothing to say", in a clear tacky eighties overload, is, let's be reassured, the only faux pas of this testosterone-like H.e.a.t II, sometimes a bit too much like on the heavy "We are Gods" with Manowar-like lyrics (without the macho allusions) - "We are Gods of the universe", oh my !.
In a similar style, the imposing and terminal "Rise" is more convincing, thanks to a subtly dosed melancholy - the winner of the 2009 edition of the Swedish Pop Idol plays it this time like Ronnie James Dio, not completely bluffing but still nice to hear. Nevertheless, the faster occurrences are clearly the ones that trigger the most enthusiasm, like "Dangerous Ground", with its double trigger solo (Wolf Hoffmann obviously inspired others!) and its chorus with an impact multiplied tenfold by the speed - paradoxically the one that most conforms to H.E.A.T.'s radio friendly DNA if we consider the synth layer a bit thicker than the rest of the collection. Not a question of sobriety - the revolution doesn't go that far - Jona Tee mostly confines himself to the supporting role, his keyboards with a sound close to the one of his writing companion's six-string allowing him to reinforce the rock atmosphere while avoiding the synthetic overflows that do our head in. An option masterfully materialized on "One by One", an ideal balance between an almost permanent tension and a slamming melody - what a chorus! With this kind of galvanizing compositions, H.E.A.T can serenely venture out of its comfort zone, where it beats a bit more, without fearing anyone - or at least not many people.


On II, H.E.A.T has muscled its game and the outcome is particularly pleasant: relying on the robust vocal capacities of a wild Erik Grönwall, the Scandinavians have finally moved up a gear by injecting an euphoric dynamism to most of their songs. Thus enhanced, the ritornelli - still as well-toned despite a few dips - and remarkably interpreted, have enough assets to convert, for example, the fans of their compatriots from Crashdïet who were still regurgitating because of a hitherto dominant AOR tonality. Is this H.E.A.T's best achievement to date? We have every right to think so.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1