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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 24 mai 2020
Sa note : 11/20

LINE UP

-Mathias Lillmåns
(chant)
 
-Teemu Saari
(guitare)
 
-Timo Kontio
(guitare)
 
-Petri Seikkula
(basse)
 
-Kauko Kuusisalo
(batterie)
 
-Antti Simonen
(claviers)

TRACKLIST

1) The Dissolution of Man and Matter
2) Vigilance and Atrophy
3) Five of Swords
4) As the After Becomes the Before
5) Cosmic World Mother
6) Helminthiasis
7) Oscillator Epitaph
8) In Abhorrence Upon Meadows
9) Apokatastasis
10) One of Light, One of Soil
11) The Flickering Lights

DISCOGRAPHIE


...And Oceans - Cosmic World Mother
(2020) - black metal - Label : Season Of Mist



…And Oceans revient ! Oyez, criez-le dans toutes les chaumières de France et du monde. Cela faisait déjà trois ans que le groupe s’était reformé sans pour autant abreuver ses fans tendus comme des slips en nouvelles compositions. Le temps n’avait que trop duré. Et effectivement, le temps est désormais venu. Les océans de la planète sont dans une situation bien plus dégradée qu’à l’époque de l’arrêt de la folle horde finlandaise, cela va-t-il être le cas de ces humains dégradés ? Suspense insoutenable.

Première information (f)utile outre la sortie sonnante et trébuchante de ce nouvel ensemble de musiques, c’est la combustion spontanée du personnel originel. Ça, ou leur départ volontaire, ce qui serait mieux en terme de santé pour eux. Au revoir batteur, claviériste et chanteur, bienvenus les nouveaux. Là déjà, le fan en chaleur se dit qu’il y a anguille sous roche. Un renouvellement de la moitié des forces vives est souvent synonyme d’instabilité dans le groupe, et surtout d’incompatibilité artistique, signe précurseur de direction musicale différente. Pourtant, changer un batteur, cela peut certes modifier une empreinte sonore, mais musicalement rester assez anonyme (il y a bien sûr de merveilleux contre-exemples, ne vous offusquez pas, amis batteurs). Changer un chanteur est déjà plus prégnant sur l’identité du groupe puisque ça s’entend immédiatement. Et changer de claviériste pour un groupe de black symphonique, ça peut être carrément décisif.
Et les premiers contacts alimentent cette thèse. …And Oceans va à fond les ballons, ce qui n’est pas une nouveauté en soi, il est également très… classique. Blast quasi perpétuel, riffs simples et mélodiques, chant écorché comme il faut et claviers pompeux, on coche toutes les cases du groupe de black sympho de la fin des années 90 (Enthroned Darkness Triumphant les amis ?). Mais euh… attendez, on parle bien de …And Oceans là ? Classique ? Limite traditionnaliste oui. C’est une entrée en matière particulièrement brutale pour l’amateur qui était resté sur un groupe aventureux et défricheur de nouveaux horizons et qui appréciait ça. Celui qui avait abandonné le groupe après ses deux premières sorties sera probablement plus heureux en comparaison. Pourtant, s’il a aimé The Dynamic Gallery of Thoughts et The Simetry of I – The Circle of O, il était probablement féru de surprise et d’originalité. Ici, tout ça semble avoir subitement disparu.
En fait, le plus heureux devient celui qui avait toujours trouvé les zigotos du nord trop excentriques. Là, tout revient dans les clous. On passe à une production bien propre, des instrumentations maîtrisées à la perfection et un black metal mélodique fortement blasté qui ne peut que ravir les admirateurs du black sympho dans sa forme la plus attendue. Voilà peut-être un pied de nez du groupe à ses fans, mais pas certain qu’il soit volontaire. Les doses d’inventivité se sont évaporées au profit d’une musique très huilée nous ramenant vingt ans en arrière. Et pour ça, pour être devenu générique …And Oceans déçoit fortement, que cela soit clair. La personne qui attendait un retour en fanfare n’aura rien à claironner si ce n’est repartir la queue entre les jambes. Tout juste se raccrochera-t-il à cette science impeccable de la composition, mais c’est vraiment décevant.


Un opus mineur, vraiment. Pour du …And Oceans c’est encore plus désappointant. Voire désopilant. On s’imaginait un groupe revenir au firmament par la grande porte, nous éclabousser les tympans d’une folie ravageuse, que dalle. Même les moments pseudos technoïdes n’arrivent pas à allumer la flamme de l’inattendu tant ils sont prévisibles. Reste seulement un bon et surtout solide album de black sympho, mais est-ce vraiment ce pour quoi …And Oceans devait revenir ?

Pour aller plus loin :





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