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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 24 mai 2020
Sa note : 18/20

LINE UP

-Henkka "Henri" J. Villberg
(chant)

-Kimmo Tukiainen
(guitare)

-Eric Lunden
(guitare)

-Juha "J." Suorsa
(claviers)

-Aleksi Ahokas
(basse)

-Antti Ruokola
(batterie)

TRACKLIST

1) Dystopia Show
2) Nervine
3) Float
4) Astronomicon
5) Weltschmerz
6) Until Death Do Us Apart
7) Nation Collide
8) Bitter Utopia
9) Death-wired To The Bleak
10) Seraphyde
11) Oppression

DISCOGRAPHIE


Diablerie - Seraphyde
(2001) - electro metal extreme electro - Label : AvantGarde Music



Il existe de très bons disques encore méconnus d’une large frange des amateurs de metal qui peuvent être pardonnés au vu du nombre impressionnant des sorties apparaissant chaque mois. Il n’empêche qu’il est fort regrettable que des œuvres aussi admirables que ce premier album de Diablerie ne jouisse pas d’une plus grande notoriété. C’est donc animé d’une volonté de réhabilitation que je me lance dans cette chronique de ce qui reste selon moi un pilier du metal electro.

Seraphyde marque un palier supplémentaire dans l’évolution musicale du groupe. Les éléments positifs que l’on percevait à l’écoute d’ Astro prennent ici une ampleur encore plus grande. Il est toujours aussi difficile de caractériser la musique des Finlandais qui mélangent une fois encore un metal varié appuyé par des éléments électroniques omniprésents. Mais ce qui pouvait apparaître comme de bonnes idées quelque peu inabouties sur l’enregistrement précédent est ici exposé de façon magistrale. Les onze titres qui composent cet opus sont tout simplement grands. Il semble que Diablerie figure dans cette élite qui renouvelle alors le metal proposant une vision musicale différente de la grande majorité de leurs comparses. La diversité présente sur ce disque demande de fait une multiplicité d’écoutes pour percevoir toute la finesse qui nous est ici offerte. Il reste peu commode d’expliquer en quoi consiste précisément le cocktail sonore qu’on nous sert ici. Imaginez un condensé de puissance et de mélodies, le tout entouré d’un aspect synthétique. Des chansons au tempo relativement soutenu comme "Dystopia Show", "Astronomicon" ou encore "Death-Wired to the Bleak" sont confrontées à des titres plus posés, à l’instar de "Bitter Utopia" ou "Seraphyde". Chaque participant de cette mise en musique de la folie tient sa place avec brio. Le jeu de guitare est relativement sobre, mais très efficace. A. Ruokola se fend d’une bonne prestation derrière les fûts. Quant au chant d’Henri Villberg, il a gagné en maturité. Il officie toujours dans des registres différents, allant des vocaux death à d’autres black auxquels il ajoute un chant clair convaincant. Enfin, le clavier de J. Suorsa, au cœur même de l’identité de Diablerie, est parfois utilisé comme un élément de musique électronique, comme le prouve les premières secondes de « Dystopia Show » mais peut laisser apparaître un aspect plus atmosphérique.
Ces différentes parties se rejoignent en un tout cohérent qui peut paraître au premier abord déroutant, voire chaotique, mais qui, une fois que l’on s’y investit, nous plonge dans un monde effrayant malgré tout générateur d’innombrables délices. Les comparaisons justifiées avec des formations telles que The Kovenant, Samael voire Arcturus sont toujours quelque peu réductrices : Diablerie affirme en effet une identité aussi complexe que forte. Cette personnalité s’exprime également au travers des thèmes abordés à savoir ici l’esprit humain dépeint dans ses multiples traits. Les sentiments les plus divers affleurent ainsi lorsque l’on s’engouffre dans cette pièce aussi intense qu’éprouvante. Il faut assurément noter l’extraordinaire capacité du groupe à générer des ambiances elles aussi bigarrées, mais sonnant toujours justes. La fin de "Seraphyde" mime une saisissante démence. L’emploi d’un chant féminin sur ce titre ainsi que sur le surprenant "Until Death Do Us Apart", utilisé de façon parcimonieuse, est un bon contrepoint aux vocaux masculins. Ce sixième titre, au centre du recueil, renforce par son côté décalé l’impression que le groupe nous emmène sur des sentiers métalliques loin d’être balisés. D’aucuns accorderaient d’ailleurs aux Finlandais un caractère avant-gardiste, qui, ma foi, ne serait pas dénué de fondements. Pour être complet, il faudrait mentionner la présence de deux instrumentaux, "Float" et "Oppression" dont la relative brièveté n’a d’égal que leur beauté.

Diablerie réussit un coup d’éclat en offrant un premier album époustouflant à plus d’un égard. Ce disque est fortement recommandé aux fans de musique originale, et autres amateurs de brillants mélanges sonores. Alors qu’un avenir radieux se profilait, la formation a disparu après Seraphyde. Ses membres vont poursuivre leurs activités chez des groupes comme Rapture ou The Chant. Diablerie est mort. Avant de resurgir, quelques années plus tard, sous une forme quelque peu différente.


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