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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 21 mai 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Kari Rueslåtten
(chant)

-Trond Engum
(guitare)

-Finn Olav Holthe
(guitare)

-Geir Nilsen
(guitare)

-Bernt Rundberget
(basse)
 
-Rune Hoemsnes
(batterie)

TRACKLIST

1) Grevinnens bonn
2) Sorrow
3) Ring of Fire
4) Silently I Surrender

DISCOGRAPHIE


The 3rd and the Mortal - Sorrow (EP)
(1994) - doom metal gothique - Label : Head Not Found



1994. Depuis quelques années, les hordes nordiques ont inondé la planète metal de leur son agressif et glacé, tandis que les death-doomsters britanniques ont montré au monde underground à quel point romantisme et metal étaient compatibles. Mais bon, en Norvège, les groupes britanniques, on s’en cogne, tout le monde se grime et blaste à qui mieux mieux, notamment en cette année voyant la sortie d'Anthems to the Welkin at Dusk et Nemesis Divina. Tout le monde ? Non. Deux formations font exception à la règle. La première est un théâtre tragique. La deuxième n’existe pas. On saute directement à la Troisième. Et la Mortelle.

Tout comme Liv, bien avant Liv même, Kari a quitté le navire, pour se livrer à des activités musicales moins saturées en guitare. Mais le navire, frêle barque ondulant sur la ténébreuse mer du gothic doom, ne l’a pas oubliée. Aucun membre de l’équipage. Et moi non plus. Un mois (!!!) avant que n’apparaisse le sublimissime Tears Laid in Earth, The 3rd and the Mortal ose une première percée, intitulée Sorrow. Au programme, la même chose que sur l’album à suivre, en légèrement plus plombé. La voix, elle, est la même. Du gothic-doom-death venu de la perfide Albion, on réduit le dernier qualificatif, « death », à une sonorité de guitare : pas de growls accompagnant la princesse du lieu, pas d’accélérations furieuses à la "The Forever People". Du gothic-doom, on garde… tout. Mieux, on contribue à sa définition, en faisant basculer la musique dans un « tout romantique » magistral. Au total, vingt minutes de bonheur complet et deux premiers morceaux d’anthologie. "Grevinnens bonn" définit le concept de délicatesse métallique, tandis que "Silently I Surrender" nous propose un finale subjuguant de beauté et d’epicness made in Doomland. Quant au titre éponyme, il aurait pu s’appeler "Love". Une certaine conception de l’amour chevaleresque en tout cas. Si les Norvégiens n’étaient pas passés à autre chose très (trop ?) rapidement, ils auraient fait un malheur, je vous le dis. Mais avec des si, on met le COVID en bouteille.

Faramineux prélude à un faramineux album, Sorrow a tour pout lui. Même la durée. Si si. Interrompre le spectacle dans sa phase ascendante, ça a un côté frustrant, mais fascinant également. Ainsi se bâtissent les œuvres cultes. Parfaites, mythiques, oubliées, délaissées de tous sauf d’un petit groupe d’adorateurs. Culte, oui, sans aucun doute. Laissons aux autres les devants de la scène.


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