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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 13 mai 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Francesco Calzona
(guitare)

-Daniele Leone
(guitare)

-Fabio Cuomo
(claviers)

-Michelle Duse
(basse)
 
-Andrea Gelsomino
(batterie)

TRACKLIST

1) Sleepeater
2) Liquor
3) Relics
4) The Moth
5) Inner Shelter
6) Ether
7) The Highest Tower

DISCOGRAPHIE


Naat - Fallen Oracles
(2020) - post rock instrumental slude et un peu doom - Label : Argonauta Records



Mine de rien, les albums instrumentaux commencent à se tailler une petite place dans ma discothèque. S’ils ont leur charme, il leur manque souvent un petit quelque chose pour atteindre l’état de grâce. Si Psygnosis avait su remplacer le chant par du violon, ce n’est pas toujours évident de pallier à l’absence de chant tant l’auditeur lambda y est habitué. Les Italiens de Naat, pour leur deuxième effort, ont décidé de placer la barre très haut en la matière. Et si vous voulez commencez votre pérégrination dans le milieu instrumental, ce Fallen Oracles est une belle porte d’entrée.

Naat s’inscrit dans une mouvance post-rock, bien évidemment, mais les ambiances de ses morceaux sont inspirés également par le doom et le sludge. Les Italiens parviennent à parfaitement mélanger des rythmiques sales et lourdes, pesantes et organiques, avec des leads très lumineux. C’est parfois là où le bât blesse dans la production des groupes du même type. Soit ils pataugent entièrement dans la crasse, soit ils baignent totalement dans la lumière. Naat fait un choix clair de déconnecter sa guitare rythmique de la basse. Y a-t-il seulement d’ailleurs une guitare rythmique ici ? À tendance stoner dans ses rythmiques, Fallen Oracles sait pourtant rester aérien. Les leads s’entrecroisent avec bonheur, mis en valeur pas un mix de haut niveau. On a rarement entendu aussi bien la basse. Elle tabasse, elle nous pénètre et les amateurs de l’instrument seront aux anges. Cela donne un petit côté Tool parfois qui ravira les amateurs. On pourrait presque regretter que les claviers soient présents avant tout pour l’ambiance avec de longues nappes, mais le spectre sonore est déjà d’une grande richesse. Ils apportent une rondeur qui ne fait que bonifier l’ensemble.
Malgré tout, le risque de lassitude existe. Qu’en est-il ici ? L’album dure quarante minutes, ce qui est déjà long pour le genre. S’il y a sept morceaux, deux sont en fait des intermèdes de trois minutes. Le premier, "Relics" est avant tout une piste d'ambiance au synthé. Lent et sensible, "Ether" porte lui bien son nom. Au-delà des morceaux, Naat sait gérer le rythme de sa galette. Les morceaux sont longs, mais dotés d’une véritable progression, avec de belles montées en puissance. Les respirations, que ce soit des intermèdes ou des passages moins chargés, arrivent toujours à point nommé. C’est assez remarquable de maturité. Ce n’est pourtant que le deuxième album du groupe. Leur premier était déjà réussi, mais Fallen Oracles passe un cap évident. Difficile d’en ressortir des tueries particulièrement tant la qualité des pistes est homogène. Les morceaux durent dans les 7 minutes, mais ne traînent jamais en longueur. On est presque déçu de voir l’album se terminer sur un fade out bien plat et à mille lieux de la créativité du groupe !


Dans la catégorie post-rock instrumental, Naat frappe un grand coup. Avec un album aussi maîtrisé et riche, d’une cohérence parfaite d’un bout à l’autre, c’est une belle preuve de maturité et de talent que nous montrent les Italiens. Une pépite du genre à découvrir et un groupe à suivre absolument.

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