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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 12 mai 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-James "Pierre Avril" Earl Ray/Punkosaur
(chant+programmation)

-Patty "AWA" Hearst
(chant)

TRACKLIST

1) Renaissance Under the Rain
2) Thay Can Call Me A Witch
3) Rock'n'Roll For the Last Time
4) Reactivation (Ghospel for a drug addict)
5) Requiem For Mummy (Tombstone)
6) De Sombres Nuées d'Espérance
7) Please Gas Me
8) You Cut My Soul
9) This Is A Blues

DISCOGRAPHIE


Punkosaur - They Can Call Me A Witch
(2020) - barré gothique electro you can caaaall me a witch - Label : Autoproduction



-Je suis la réincarnation de Gavin Friday ! Je suis Virgin Prunes !
-Gavin est mort ?
-Non, mais je suis la réincarnation de Gavin Friday ! Je suis Virgin Prunes ! Et Inside Treatment !
-Oui, un traitement, vous avez besoin d’un putain de traitement…


Wikipédia : Pierre Avril (6 juin 1966, Le Pontet – Minnesota), de son vrai nom James Earl Ray, est un auteur, acteur, musicien, et sculpteur franco-américain. Il se fait remarquer dès l’enfance pour ses talents d’imitateur de personnes agonisantes. Au spectacle de fin d’année de l’école, son interprétation des derniers râles de son arrière grand-mère, victime d’une embolie cérébrale, ne passe pas inaperçue. Elle a d’ailleurs été filmée par ses camarades de classes, et peut être acquise sur eBay pour un million de dollars canadiens. À l’âge de dix ans, on diagnostique à Pierre un trouble sévère du comportement et une tendance marquée à « l’introversion explosive » - Pierre peut passer des journées enfermé dans un placard à déclamer la version anglaise binarisée des Chants de Maldoror. Il alternera séjours en maison psychiatrique et retours à la vie normale. À dix-huit ans, lors d’un énième internement, il rencontre AWA, de son vrai nom Patty Hearst (7 juillet 1967, Villefranche-sur-Saône – Arkansas). C’est le coup de foudre, mais aussi le début d’un processus de création artistique hors norme. AWA, elle-même réincarnation en vie de Gitane DeMone (Christian Death) introduit Pierre dans le monde des doubles. Elle le convainc qu’il est l’âme jumelle électro de Gavin Friday, tête pensant des Virgin Prunes. Choqué par cette révélation, Pierre ne veut plus entendre parler d’enfermement. Il s’échappe de l’hôpital en compagnie d’AWA, et le couple se fait engager successivement par Front 242 puis Kurt Waldeck, en tant qu’ingénieurs du son et mentors new-age.
La rencontre avec ces artistes est décisive pour Pierre, qui décide de composer They Can Call Me A Witch, lors d’un voyage à Aleyevka (Haute Marne, Russie Orientale). Enfermé dans une usine, cerné par la KGB, il écrit d’une traite les neuf titres composant l’album. AWA, restée aux US, le guide à distance, par télépathie implosive. Effrayée par les cris que pousse l’artiste, la police retarde l’assaut, ce qui permet à Pierre de boucler l’écriture du chef-d’œuvre. Extradé aux États-Unis en échange de l’espion russe Michael Jordan, il est repéré par David Lynch qui produira lui-même l’album. Mélange de beats electro/trip-hop, de vocaux soul, œuvres d’AWA, et de démence verbale, l’ensemble séduit le cinéaste, qui projette d’utiliser les compositions comme bande sonore d’Inland Empire. Malheureusement, Lynch décède avant d’avoir pu mettre en œuvre le projet. Et là, je dis: heureusement que j’ai mis la main dessus. Par hasard, un soir que je mangeais un hot-dog dans une cafétéria de Pontarlier (New Hampshire), en glissant ma main dans la culotte d’une strip-teaseuse. Parce qu’un truc aussi malsain, expérimental, faussement amateur, ça confine au génie. Ça pue le Virgin Prunes électronique et le cliquetis des néons des salles obscures les plus flippantes des scènes les plus flippantes du regretté auteur de Twin Peaks. Et puis, tant qu’on y est, je vais vous confier un truc: je suis sa réincarnation, à Lynch. Pas le juge, le réalisateur. En mort, pas en vie. En mort.


« This is pure Garmonbozia ». They Can Call Me A Witch n’est pas malsain. Pierre n’est pas fou. James Earl Ray non plus. Et si vous écoutez cet album, il ne vous arrivera absolument rien. Soyons en certains. À Gitane DeMone et à Gavin Friday, il ne leur est rien arrivé. Peut-être parce qu’ils ne l’ont pas encore écouté. Mais ce jour arrivera. Ici ou dans un univers parallèle. J’en fais le serment. Foi de David.


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