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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 20 avril 2020
Sa note : 14/20

LINE UP

-Zuberoa Aznárez
(chant+flûte)

-Gorka Elso
(chant+claviers+programmation)

-Alexey Kolygin
(guitare)

-David "Carrica" Karrika
(batterie)

TRACKLIST

1) A Lucid Chaos
2) Race to Equilibrium
3) Nuevo Rumbo
4) The Misfit's Song
5) In Quest of Sense
6) Otoi
7) Blurred Dreams
8) On the Edge
9) Our Last Gloomy Dance
10) One Step Higher
11) Blind Muse
12) In the Vortex

DISCOGRAPHIE


Diabulus In Musica - Euphonic Entropy
(2020) - metal symphonique grandiloquent, pas trop édulcoré et avec des graouuuus - Label : Napalm Records



Traditionnellement réglé comme un coucou, Diabulus In Musica (DiM pour les intimes) a décidé de prendre son temps. Ce petit hiatus de quatre ans (ponctué par une grossesse pour Zuberoa et son projet nommé Tragul) débouche sur le cinquième opus des Basques, Euphonic Entropy. En espérant que le léger coup de mou entrevu sur Dirge for the Archons ne fut qu'un (léger) accident de parcours.

Et tout commence pour le mieux, quand fin 2019, les Espagnols proposent le premier single "Otoi", chanté en basque. Je ne vais pas tourner autour du pot, ce titre est sûrement le meilleur de la discographie de DiM. Percutant, grandiloquent, avec quelques instruments folkloriques, c'est un véritable coup de cœur. L'optimisme est de mise. Vient le second single, en ce début d'année, "The Misfit's Song". Exercice qui sort de de l'ordinaire pour le quatuor qui propose un véritable single pop orchestral, presque dansant, très facile d'accès mais très efficace. Je suis à point, Euphonic Entropy va être une sortie phare de cette année 2020 ! Et bien non...
DiM répète les mêmes erreurs que sur le précédent enregistrement. C'est prévisible, trop prévisible. C'est bien fait, la section de Pampelune a une très bonne maîtrise des orchestrations, les riffs sont dodus, vocalement que soit Zuberoa ou Gorka c'est très bon, mais c'est tellement attendu... L'exemple le plus parlant est l'enchaînement "A Lucid Chaos"-"Race to Equilibrium" qui suit le même schéma que tous les autres albums du groupe. Une jolie petite intro, puis un titre explosif qui envoie la sauce. Sauf que par le passé le combo nous offrait des véritables pépites comme "Ex Nihilo" ou encore "From the Embers". À côté, "Race to Equilibrium" paraît juste correct. Cela en sera de même pour les grandiloquent "Nuevo Rumbo" ou encore "In Quest of Sense". On en revient au même point: savoir-faire, talent vocal, mais aucune surprise.
Alors bien sûr tout n'est pas à jeter. DiM est un très bon groupe qui maîtrise son sujet. Ainsi les bougres arrivent à nous accrocher par moments, que ce soit sur les deux singles vu ci dessus notamment cette fameuse "Otoi". L'alchimie entre les deux vocalistes y est parfaite entre la maîtrise de Zuberoa (qui chante encore mieux quand elle officie dans sa langue natale) et la force des grunts ravageurs de Gorka. De plus, les concitoyens de César Azpilicueta savent relativement bien se sortir de l'exercice de la ballade. Ainsi, "Blurred Dreams" s'enchaîne parfaitement bien et laisse place au second morceau qui sort du lot, l'excellent "On the Edge" qui, certes, reprend les bases du succès passé du combo (un chouilla d'électro, des sublimes montées lyriques, des chœurs, des grunts, un tempo rapide) mais c'est diablement efficace. Le refrain envoie la sauce, bref un titre comme le groupe sait en faire.
Mais l’embellie ne dure pas : "Our Last Gloomy dance", qui met en valeur Zuberoa, n'a pas la force des traditionnels long morceaux, il manque ce punch, cette énergie, malgré, encore une fois une certaine maîtrise de la partie symphonique. La fin du recueil s'annonce assez délicate, "One Step Higher" est typiquement le genre de propositions « sympa sans plus » tout comme "Blind Muse". On appréciera néanmoins la mise en valeur de la sublime vocaliste sur "In the Vortex", sorte de petit opéra orchestral où elle fait étalage de ses aptitudes techniques avec lesquelles peu de ses consœurs sont en mesure de rivaliser. Une bien belle conclusion.


Euphonic Entropy est ce qu'on appel un album frustrant. Il est dans la continuité de Dirge for the Archons. Il ne rivalise pas avec le sublime Argia et surtout il reprend les mêmes ingrédients, avec un peu plus de moyens mais sans nouveautés, sans prise de risque. Cela donne un bon album de metal symphonique (bien supérieur à soixante-quinze pour cent des sorties) enregistré par des musiciens qui dominent leur sujet et porté par une vocaliste exceptionnelle. Mais en 2020 cela ne suffit plus. Le prochain d'effort risque d'être charnière : les Basques n'ont clairement plus droit à l'erreur.


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