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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 10 avril 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Anders O. "V.I.T.H.R." Hansen
(chant)

-Rituul
(guitare+basse)

-Gionata "Thorns" Potenti
(batterie)

TRACKLIST

1) Shields of Faith
2) Confess
3) Seventh Seal
4) The Whore is the Temple
5) Cups of Anger
6) Water and Flesh

DISCOGRAPHIE


Enepsigos - Wrath of Wraths
(2020) - black metal - Label : Osmose



Comme quoi, la vie ça tient parfois à rien. Prenez Enepsigos, groupe dont le promo est arrivé dans ma boîte aux lettres virtuelle et que j’ai malencontreusement oublié (organisation paraît-il), ils auraient pu passer totalement sous le radar et ne jamais voir la une des Eternels. Hasard fugace, des recherches avides de nouveautés noires ont porté à ma connaissance une sortie semble-t-il intéressante dans le monde du black metal : Wrath of Wraths de Enepsigos. Instant connexion neuronale - « mais je l’ai déjà en fait ! »  - recherche dans les courriers et retrouvailles chaleureuses.

Le hasard ou la sottise donc, vous en conviendrez à votre guise. Reste que de musique il s’agit, et de musique nous deviserons. Wrath of Wraths est un énième album de black norvégien. Énième ? Pas tout à fait. Tout d’abord il est un poil international puisqu’il compte en son seing rien de moins que Thorns, émérite batteur italien présent dans une quantité invraisemblable de formations et dont la réputation est établie (totalement inconnu pour ma part…[ndlr : pourtant...]). Ensuite et surtout, Enepsigos ne se contente pas de plagier ses antiques et vénérables prédécesseurs en balançant riffs noirs, trémolos mélodiques sur fond de batterie plus ou moins blastée et chant raclé. Enfin si, il le fait hein, mais de façon plus subtile, et en l’agrémentant de délicatesses et autres inspirations.
Prenez tout d’abord le niveau technique d’ensemble : ça sent la maîtrise. Les rythmes sont carrés et les richesses bien présentes. Rituul nous abreuve en riffs démoniaques en veux-tu en voilà. Bien sûr il balance des mélodies, fort heureusement en quantité restreinte, et il fait appel au trémolo. Mais pas que. Les vrais riffs sont légions et surtout, il y a cette dualité des guitares. En fait, c’est comme si leur extrême éloignement sonore donnait vie à la mixture sataniste qui nous agresse. D’un côté vous prenez une gratte à la Entombed période Left Hand Path, ultra grasse et sous-accordée, de l’autre vous lui opposez une tessiture stridente pas éloignée d’un Burzum période Hvis Lyset Tar Oss. Le monsieur jouant évidemment bien plus de notes et bien plus rapidement que Vargounet, le rendu est incomparable. Vous aurez cependant l’idée.
La mixture de ces deux approches vraiment sécantes produit un effet particulièrement retors et agréable. On se retrouve à la fois enseveli de cette crasse typique entombienne assortie d’une corrosivité écarlate à la Burzum. L’Enfer s’abat alors sur vos tympans et se déchaîne pour provoquer le premier coup de cœur black metal de l’année 2020. Car voilà en face de quoi vous vous trouvez : un joli monstre sombre dont l’agressivité peine à être contenue, dont la perniciosité s’insinue malgré vous. Comme pour appuyer plus encore l’assaut, Rituul a l'excessivement bonne initiative d’accorder une place de choix à la basse, non seulement dans le mix puisqu’elle est mise en valeur et audible, mais aussi dans les compositions. Il suffit d’entendre les déflagrations délicieuses sur "Shields of Faith" pour s’en convaincre.


Coup de cœur donc, l’expression a été jetée en pâture. Elle est méritée car sous ses atours traditionalistes Enepsigos fait émerger une musique ritualiste hautement diabolique dans le meilleur sens du terme. Comme rarement le black metal y parvient, aussi ironique que cela paraisse.

Pour aller plus loin :



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