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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 18.5/20

LINE UP

-Lisa Gerrard
(chant+instruments)

-Brendan Perry
(chant+instruments)

TRACKLIST

1) Anywhere Out Of The World
2) Windfall
3) In The Wake Of Adversity
4) Xavier
5) Dawn Of The Iconoclast
6) Cantara
7) Summoning Of The Muse
8) Persephone (The Gathering Of Flowers)

DISCOGRAPHIE


Dead Can Dance - Within The Realm Of A Dying Sun
(1987) - gothique heavenly - Label : 4AD



Mettons-nous tout de suite d'accord: il n'est ici plus question de distorsions, de riffs de guitare ou de double-pédale: avec Dead Can Dance, on quitte le monde du metal pour celui du duo le plus respecté de cette scène si particulière de l'heavenly music: Lisa Gerrard et Brendan Perry, qui ont accouché en 1987, avec Within The Realm Of A Dying Sun, d'un album incroyable, sans véritable équivalent. Avec ce troisième album, Dead Can Dance joue encore (pour la dernière fois) avec les codes gothiques pour un résultat très étrange et stupéfiant. Les albums suivants, Aion et The Serpent's Egg en tête, mettront cette fois en avant des élements world (tribalité, musique de la Renaissance, musique religieuse) et quitteront définitivement le style si particulier dépeint sur Within The Realm Of A Dying Sun.

Sur Within The Realm Of The Dying Sun, l'équation est très simple: tout n'est que retenue, ambiances minimalistes et contrastes entre les magnifiques voix de Gerrard et Perry. Les cordes et les cuivres sont légion, elles forment d'ailleurs l'ensemble de l'instrumentation de cet album, tandis que la basse est plongée sous la masse orchestrale et la batterie, totalement absente. Résulte de ce mélange très difficile à apprivoiser (et très difficile à décrire) une musique souvent plus grandiloquente qu'elle n'y paraît au premier abord ("Xavier", le morceau le plus réussi de cet opus, jouit d'un feeling épique incommensurable, lors d'un refrain dantesque) et la révélation de Lisa Gerrard, personnalité à la voix fantastique et complètement irréelle. Elle n'est rien de moins que la plus belle voix au monde: pure, cristalline, unique, sans aucun défaut. Parfaite. Elle se révèle d'ailleurs enfin à nous lors d'une sublime incantation à pleurer ("Dawn Of The Iconoclast" et ses cuivres inquisiteurs) et fait de fugaces, mais inoubliables apparitions pour soulever vers les hautes sphères le travail de Brendan Perry, déjà en tous points solennel et indescriptible.
La musique de Dead Can Dance possède une âme, c'est certain. Rien n'est à jeter sur ces fantastiques trente-huit minutes qui touchent souvent au sublime et à l'intemporel, au sens premier tel qu'on l'entend ("Xavier", "Summoning Of The Muse" et ses cloches divines, et surtout "Cantara", où Gerrard et Perry déclament leurs litanies sous fond d'une musique lourde de signification). La musique de ce chef d'oeuvre sombre, très sombre (prenez-en de la graine!), sans être une seule fois pompeux et ennuyeux progresse au fur et à mesure de l'avancée du disque, pour finir en apothéose sur les arrangements de "Summoning Of The Muse", un des sommets de la carrière de ce groupe à l'aura indéfinissable. Dead Can Dance et sa musique gracieuse, presque élégiaque, invitent au recueillement intérieur, à la méditation et à l'introspection. La véritable finalité de la musique (celle d'émouvoir) est ici démontrée dans son acception la plus évidente. Néanmoins, il ne faut pas s'attendre à une musique facile d'accès. Within The Realm Of A Dying Sun, sorti sur 4AD dans l'anonymat le plus total à l'époque, possède maintenant une immense valeur ajoutée, compte tenu de la reconnaissance artistique dont jouit le duo désormais et des immenses fondements posés par ce disque.


En plus d'être l'incarnation la plus juste de l'entité qu'est Dead Can Dance, ce monument de la musique gothique, jamais copié (qui oserait toucher à ce chef d'oeuvre?) donc jamais égalé, est en effet dérangeant, dérangé, d'une noirceur abyssale, très loin d'être à la portée de tout le monde. Within The Realm Of A Dying Sun se doit d'être écouté seul, au casque, mais en contrepartie, attendez-vous à quelques menus et sincères frissons. Plaisir garanti, pour qui se sent assez prêt pour se frotter à Dead Can Dance et à sa musique mêlant les extrêmes, l'humain et le divin et surtout, échappée d'une autre dimension.


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