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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 15 mars 2020
Sa note : 11/20

LINE UP

-Saint Vincent
(chant)

-Heimoth
(guitare)

-Yann "Alsvid" Herrera
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement:

-Pierre "Drakhian"
(guitare)

-Pierre Le Pape
(claviers)

-Krieg
(basse)

TRACKLIST

1) La quintessence du mal
2) Hymne au vampire (acte I)
3) Hymne au vampire (acte II)… vers une nouvelle ère
4) Le cercle de la renaissance
5) Les silences d’outre-tombe
6) Dans les yeux du serpent
7) …à la mémoire de nos frères

DISCOGRAPHIE


Seth - Les blessures de l'âme : XX ans de blasphème (live)



Cette sortie est particulière. Déjà, il s’agit d’un live de black metal, et rien que cet état de fait relève de l’incongruité car combien peut-on citer d'albums live en black ? Certainement toute une palanquée pour les plus érudits, mais en réellement pertinents ? Même le maître MayheM s’est globalement cassé les dents sur l’exercice. Marduk a bien sorti un Infernal Eternal mais il n’a pas marqué durablement son monde. Seth le Français lui en profite pour célébrer les vingt ans de sa première apparition, Les Blessures de l’Âme.

Car voilà la vraie particularité de ce live, il reprend en intégralité et dans l’ordre l’album Les Blessures de l’Âme qui vit le jour voici de cela… vingt-et-un ans (bon ok, les métalleux ne sont pas forcément connus pour leurs prouesses mathématiques). Un hommage pour le disque qui plaça les Bordelais au centre de l’échiquier black français à l’époque. Et pour les fans du groupe, leur meilleur album. Je vous avoue rapidement que ce n’est pas mon humble avis et que je remets cette distinction au bien plus aventureux et réussi L’Excellence. Mais bref, ce qui nous intéresse est donc ce testament en direct, enregistré dans le très intriguant festival des Feux de Beltane. À taille réellement humaine, centré sur le black metal et les arts ancestraux ainsi que la culture en rapport avec le genre, le festival à l’aura bien particulière dégage une authenticité remarquable qui peut manquer aux grosses machines que sont désormais devenus les plus gros événements estivaux.
Et ce lieu choisi pour immortaliser leur prestation convient parfaitement sur le papier. Intimiste, public composé de connaisseurs, dédié, la somme des ingrédients laisse présager du bon. Lorsque résonnent les premiers accords, on constate d’emblée la prépondérance de la batterie d’Alsvid dans le mix (sans déborder de partout ne vous inquiétez pas) et une tendance globale plus moderne que la matité de 1998. Les claviers sont évidemment toujours aussi présents et l’ensemble est de bonne tenue. Presque de trop bonne tenue en fait puisqu’on a l’impression d’entendre un enregistrement studio si l'on fait abstraction des interactions avec le public et des quelques réverb. Du coup, aussi bizarre que celui puisse être à lire, l’impression est à la trop grande qualité de la prise de son, en décalage avec le live. Impression renforcée par un public trop distant (ou trop peu enjoué ?) qui forme vraiment une couche secondaire du mix.
On en vient donc aux perturbations qui émaillent cet hommage: sa trop grande propreté couplée à son déficit d’ambiance en direct. Seth aurait vraiment gagné à booster ses interventions avec le public et lui donner une plus grande place dans l’espace sonore. L’enchaînement linéaire des chansons accentue aussi cette ambiance studio puisqu’on se retrouve avec l’album d’origine, mais avec un son différent au final. C’était bien le but de l’opération me direz-vous à raison, mais quitte à refaire l’album dans son intégralité, il aurait fallu appuyer sur les plus à apporter pour justifier une telle sortie. Et dans un rendu de concert, le plus évident c’est le public, les échanges avec lui, ses manifestations de joie, etc… et le son qu'on souhaite plus brut et abrasif. Le groupe fait montre d’une prestation trop scolaire, d’autant plus surprenante et dommage qu’il s’agit d’une captation célébratoire.


Difficile donc de porter aux gémonies cette initiative. La réalisation est bonne techniquement si on met de côté le problème de mix du public, mais elle manque singulièrement d’allant eu égard à sa condition de spectacle vivant. Il manque cette épice, cette émotion, cette vibration qui donnent tout son cachet à un album live. A réserver aux fans inconditionnels donc.


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