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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 15 mars 2020
Sa note : 18/20

LINE UP

-Arnaud Faucher
(chant)

-Camille Blanchemain
(guitare)

-Pierre Goubard
(basse)

-Antoine Letouzey
(batterie)

TRACKLIST

1) At the Crack Lane
2) Hallorave
3) Letdown
4) Hair Shirt
5) Mean Enough

DISCOGRAPHIE


Cemented Minds - Colostrum (EP)
(2019) - pop rock cold wave, post-punk - Label : Autoproduction



La première fois, Colostrum, c’est un truc qui est arrivé tout comme de nulle part. Une réminiscence de cave post-punk. Une effluve de cold-wave. Drôle d’affaire que cette aura d’Indochine emmiellée de nuit. Sentiments contradictoires que cet entrelacement de The Cure et d’Alcest. Cette fameuse première fois, c’était la brume vaporeuse du passé et la vie intense dans le présent. Fallait creuser, fallait.

C’est que Cemented Minds, un tout-jeune-groupe qui vient de Caen, s’il-vous-plait, sait prendre par les sentiments. On se revoit regarder Drive pour la cent-cinquième fois, écouter "Lullaby" pour la trouze-millième. Et l’ensemble de cette vape marbrée, de ces arpèges noyés de reverb’, de cette voix complètement abusive, sonne comme une étrange anomalie au présent. Rétro d’une manière différente et pertinente, Cemented Minds impose sa musique simple et douce comme une évidence et se meut comme un serpent faisant frissonner des écailles scintillantes d’émotions jusqu’au fond de nos gorges austères. Ça basse, ça louvoie dans l’inévitable, ça frissonne comme un adolescent, comme une madeleine de Proust.
Car, c’est beau, ce que l’on entend - et c'en est bien le principal crochet. La vénéneuse ballade qu’est "Letdown" ne le cède en rien face à l’attaque dansante d’"At the Crack Lane". La suave "Hallorave" est quant à elle un souvenir mélancolique d’une douceur exquise. Etc. Les garçons savent composer, tisser des rêves, et l’on se prend, avec eux, à réviser nos présences, nos absences réciproques. Cemented Minds, c’est ce bal de promo qui n’a jamais eu lieu, c’est la dernière rupture, c’est la fougue d’un éclair-de-lune. C’est – prosaïquement, excusez-moi de cette faiblesse – le summum d’un post-punk (pas tant) désabusé (que ça), légèrement romantique, parfaitement errant, seul, dans la seule rue de la ville.


Tout est dit en peu d’mots, sur Colostrum, sortie brève autant qu’intense. Cemented Minds fait tourner la tête, sans violence aucune, et réveille de douces émotions d’octobre, délicieusement bradburyennes à leurs façons. Dans leur genre, les meilleurs, depuis leurs aînés. Rien entre les deux, c’est certain.


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