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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 04 mars 2020
Sa note : 19/20

LINE UP

-Raymond I. Rohonyi
(chant)

-Liv Kristine Espenaes 
(chant)

-Geir Flikkeid
(guitare+e-bow)

-Tommy Lindal 
(guitare)

-Lorentz Aspen
(claviers)

-Eirik T. Saltro
(basse)

-Hein Frode Hansen
(batterie)

TRACKLIST

1) Velvet Darkness They Fear
2) Fair and 'Guiling Copesmate Death
3) Bring Forth Ye Shadow

4) Seraphic Deviltry
5) And When He Falleth
6) Der Tanz Der Schatten
7) Black as the Devil Painteth
8) On Whom the Moon and Phoenix
9) The Masquerader and Phoenix

DISCOGRAPHIE


Theatre Of Tragedy - Velvet Darkness They Fear
(1996) - doom metal gothique metal mélodique - Label : Massacre Records



1996. Une année importante pour tous les amateurs de doom metal mélodique à chant féminin à tendance gothique. Fer de lance de lancer du courant « Beauty and the Beast » en compagnie de Tristania ou The Sins of the Thy Beloved, Theatre of Tragedy nous offre (oui, c’est un cadeau au monde) Velvet Darkness They Fear, monument du genre, œuvre relevant du génie.

Après un premier effort éponyme un an plus tôt, les Norvégiens ont gommé les défauts de ce dernier en améliorant la production et le mixage, mais pas que. Liv semble plus à l’aise, tremble moins sur certaines notes tout en gardant une voix des plus légères, des plus cristallines, des plus innocentes. Une certaine grâce ressort à chacune de ses interventions, faisant écho aux growls toujours aussi particuliers de Raymond.  Le tout, par moment, dans un anglais ancien ("Bring Force Ye Shadow"). Oui, Theatre of Tragedy était un groupe un peu élitiste dans ce domaine. Shakespearien dans son approche, ce qui a pu rebuter bon nombre d’amateurs, mais peu importe. En tant que groupe gothique, parlant de la beauté, de la vie, de la mort, l’usage de certaines formulations dans un anglais daté participe à la mystification des premiers efforts des jeunes Norvégiens.
Oui, jeunes, car il ne faut pas oublier qu’à la naissance du combo en 1993, Liv n’a que dix-sept ans. Trois ans plus tard, son timbre fluet a pris plus d’assurance. Qu’est ce qui fait que Velvet Darkness They Fear possède ce petit truc en plus, comparé au précédent LP éponyme ? Si les originaires de Stavanger continuent de délivrer des poèmes construits lentement et montants en puissance (le sublime "Fair And Guiling Copesmate Death" et son final dantesque où la batterie et le piano ne font qu’un, ou encore le classique "And When He Falleth" et son piano nous envoyant directement dans l’Angleterre d’antan) ils accélèrent clairement le tempo en délivrant certaines œuvres plus courtes mais diaboliquement efficaces. "Bring For Ye Shadow" est ravageuse, la double pédale ne s’y ennuie pas et le rythme ne faiblit jamais.
"Seraphic Deviltry" est quant à elle à la limite du single-like tant elle dénote avec le reste de l’œuvre, toute en subtilité. Mais ça fonctionne et laisse légèrement apparaître le côté rapide et efficace qu’offrira Theatre of Tragedy dans le futur. Mais comment ne pas mentionner une des œuvres les plus mythiques du septet, "Der Tanz Der Schatten"? L’auditeur est pris de court par ce titre en allemand, l’agressivité des growls de Raymond compensé par la légèreté des aigus de Liv, sur un tempo efficace et sans chichi. Indémodable. Enfin, comment ne pas parler de la sublimissime "The Masquerader and Phoenix"? Sa première partie met en avant cette fameuse voix cristalline et fluette de Liv, comme sur la culte "…A Distance There Is…" et termine en apothéose à travers une rythmique intense (à souligner), les growls de Raymond et une touche de claviers bien cheaps de l’époque. Parfait.


Velvet Darkness They Fear représente l'avènement du metal « Beauty and the Beast ». Le mélange doom/death couplé au metal gothique mélodique se marie à merveille grâce à un septet parfaitement coordonné et surtout à une Liv Kristine encore innocente, à la voix, non pas parfaite, mais magnifiquement fragile. L’œuvre ne tombe jamais dans les excès (de claviers par exemple) et est d’un équilibre parfait. Un de ces disques que tout amateur du genre se doit de posséder.



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