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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 04 mars 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Eduardo Guilló
(chant)

-David Muñoz Pérez
(chœurs+claviers)

-Roberto Rayo
(guitare)

-Daniel Fernández Casuso
(guitare)

-José Yuste
(basse)

-Diego Wesser
(batterie)

TRACKLIST

1) The Earth Is Silent (Intro)
2) A Dying Light
3) A Cold Unnamed Fear
4) Orion
5) When the Morning Came
6)
Monolith
7) White Skies and Grey Lands

DISCOGRAPHIE


Sun of the Dying - The Earth Is Silent



Le doom c’est chiant ? Non ! Enfin... oui, ça peut l’être, mais pas plus que d’autres styles. Ne pas aller à mille kilomètres par heure n’est ni synonyme de monotonie, ni de mauvaise santé. Si certains groupes peuvent mettre à mal ces assertions, Sun of the Dying, en revanche, est une parfaite illustration de ce qu’est le « non-boring » doom metal.

Sorti en 2017, le premier album de ces Madrilènes que je découvre en ce moment, s’appelle The Roar of the Furious Sea. Malgré un titre à la Ahab, l’œuvre n’officie pas exactement dans la même catégorie que les sombres Germains. On y entend un doom-death à tendance funeral assez facile d’accès, brut de fonderie mais très accrocheur. Avec son second méfait, The Earth Is Silent, objet de cette chronique, Sun of the Dying se civilise, se raffine. Le groupe police son doom-death des cavernes et l’enrichit d’éléments plus « modernes », en commençant par un certain nombre de passages en chant clair - ces passages typiques qui aèrent la musique compact propre aux groupes de ce style, mais qui ont vite fait d’énerver par leur côté propret-lisse. Sun of the Dying frôle d’ailleurs l’overdose de rose à la lavande sur "Orion", le moins convaincant des titres, mais sur le reste de l’album, les vocaux sages d’Eduardo contribuent grandement à la magie de l’opus. Magie qui atteint son paroxysme sur "Monolith", où la pesanteur doomesque, les chœurs opera-like et le chant alterné chevalier/monstre se mélangent harmonieusement et créent un moment captivant.
Au côté épique de la compo s’ajoute, sur la seconde partie du titre, un break purement rythmique approuvé par les casseurs de nuque du monde entier. Les musiciens font déjà le coup avec un résultat similaire lors de l’initial "A Dying Light", où un riff inattendu vient exploser en bout de course le schéma mélancolico-dramatique du titre, un peu à la manière de Celestial Season sur Forever Scarlet Passion, il y a bien - trop ?- longtemps. Sans proposer une révolution du concept doom-metal, les artistes osent tout de même agrémenter leur univers musical rappelant des formations comme Shape of Despair, Unmercenaries ou les défunts Nangilima de mini surprises, comme ces breaks rythmiques ou encore le départ en fanfare de "A Cold Unnamed Fear". Le fantastique "When the Morning Came" aux puissantes nappes de claviers ou le final paisible et triste à la fois que constitue "White Skies and Grey Lands" possèdent, eux, un visage plus classique, mais n’en sont pas moins d’excellents morceaux. Conclusion: The Earth Is Silent est album riche, dense, plein de très belles choses, qu’une mini pointe de sophistication sporadiquement superflue n’arrive pas à altérer. Une très belle œuvre.


Si j’avais découvert The Earth Is Silent en 2019, j’aurais placé cette œuvre forte et poignante sur le podium des sorties de l’année. Mieux: des chansons comme "When the Morning Came" ou "Monolith" entrent dans mon panthéon personnel des meilleures titres metal. Le soleil est peut-être mourant, mais l’inspiration des ces gars-là est bien vivante. Profitons-en !


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