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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 22 février 2020
Sa note : 14/20

LINE UP

-Drastus
(chant+guitare+basse)

-Antony "Sad" Cormier
(batterie)

TRACKLIST

1) 0
2) Symbols of the Unconscious
3) Resonance of Naught
4) Cygnus X1
5) Serpent’s Chalice – Materia Prima

DISCOGRAPHIE


Drastus - Serpent's Chalice - Materia Prima (EP)
(2009) - black metal - Label : End All Life



Dix ans avant leur retour très remarqué (ou à défaut, remarquable) par l’entremise de leur deuxième longue durée La croix de sang, les Drastus avaient donné la vie à un courte durée qui assit leur réputation dans le milieu extrêmement impénétrable (et parfois légèrement dépourvu du jugeote) de l’underground. Oui, on peut affirmer que les Français ne sont pas des stakhanovistes.

Mais il faut dire qu’ils savent s’y prendre. "0" qui annonce la suite n’est pas ce à quoi on s’attendrait. Un chant clair, presque lumineux, beau à s’en crever les tympans. Accompagné légèrement d’effets sonores délicats. Pas vraiment le plan anticipé pour un groupe de black metal orthodoxe dur dans ses choix. Et choix probant s’il en est, car l’expression utilisée est maîtrisée et tout à fait dans le propos. Nous sommes alors parfaitement lancés sur… la deuxième (!!) introduction que représente "Symbols of the Unconscious". Étonnante séquence. Cependant "Resonance of Naught" qui déboule derrière remet les pendules à l’heure: un black froid, épais et imposant. Les riffs sont à se damner d’être né sur cette Terre impie tandis que la basse tisse une toile mauvaise qui cherche à nous aspirer fissa.
Passée cette intro nous retrouvons bien toute la personnalité Drastus, forte, marquée, pénétrante. Le groupe a un vrai don pour nous faire cogiter, c’est là que réside sa grande force. Cette horde démoniaque semble s’être assignée pour mission de nous emmener profondément sous terre au travers d’une musique étonnamment cérébrale. Non pas par les réflexions philosophiques qu’elle propose, plutôt par l’état de perception sensoriel sur-développé dans lequel elle nous plonge. Dans le black metal, et probablement la musique en général, voici une qualité essentielle. D’autant que nous sommes alors bouleversés de doutes et autres sombres idées, en plein dans le mille. Trier le grain pour n’en retenir que l’ivraie, tel est le credo auto-assigné par Drastus (le membre, unique tête à panser).


L’aficionado de black metal ne peut qu’apprécier et valider cette approche. Il se dit qu’un EP est fatalement court, mais sa patience aura mis dix ans à être récompensée pour un album complet.


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