18275

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 21 février 2020
Sa note : 15/20

LINE UP

-Jakub "Kuba" Brewczyński
(chant)

-Kamil Nowicki
(guitare)

-Przemysław "Przemek" Bojar
(basse)

-Krzysztof "Wizun" Saran
(batterie)

TRACKLIST

1) Pawns in the Game
2) Meaningless Trash
3) The Kneaders
4) Fuck Divisions
5) Uncontrolled Hypertension
6) Insurance Policy
7) Turns on Thinking
8) Patostream
9) Above the Law
10) Black Sheep Parade
11) Lost in Greed
12) Gnijące istnienie
13) Degrade Modern Society
14) Bastard
15) Nosedive
16) Cribe Contest

DISCOGRAPHIE


Straight Hate - Black Sheep Parade



Que doit faire le chroniqueur lorsqu’il s’attèle à une réalisation de grindcore ? Premier point d’importance, les intitulés: album et chansons. C’est la quintessence du genre, soit débile, soit politique. Ici on est plutôt dans la revendication. Ok, grind tendance sérieux donc. Ensuite, la durée des titres, plus ou moins de une (1) minute ? Autour des une-deux. Grind sérieux et appliqué. Fort de cette prise de contact initiale, le chroniqueur est plein d’allant, il sait qu’il a affaire à du grind qui ne se moque pas de lui.

La première salve de Black Sheep Parade est tout autant rassurante: grain de guitare de qualité, qui n’est pas sans rappeler les belles heures de Blockheads. À la fois grassouillet mais également incisif, vindicatif et… oui, punk. Et ça, pour tout vous dire, c’est un peu mon péché mignon dans le grind, le grand fils légitime et extrémiste du punk. Belle entrée en scène qui se pare de riffs, oui, avec un « s » ! Chansons courtes et nerveuses, la tension n’a jamais le temps de redescendre. On nage en plein bonheur de l’enfant terrible du metal et du punk. Pour le reste, Straight Hate (référence évidente au mouvement « straighthead », adopté par quelques figures du mouvement et qui milite pour le véganisme, entre autres choses) coche toutes les cases, avec notamment une durée parfaite pile sous la demi-heure.
Le chant alterne le grassouillet hurlé et screamings déraillés aigus avec aisance et conviction. La batterie est celle par laquelle vient la confirmation définitive que le collectif a une intelligence musicale évidente, elle ne blaste pas sans réfléchir. Évidemment, on veut du blast et on en a, mais pas que. Car le sieur batteur a intégré dans sa technique qu’il faut varier les coups et que l’on peut être une brute sans blaster. Ce qu'il s’échine à nous le démontrer en martelant son kit dans les règles du lard. Le poum-tchac agressif est également de mise tandis que la double pédale dicte sa cadence. Bref, un effort consciencieux et parfaitement maîtrisé. La touche finale est apportée par le son, corrosif sans apport excessif de gras. Au final, on se retrouve face à une petite pépite faite grind d’une belle homogénéité.


Chronique dithyrambique ? Oui. Peut-être due au manque de grind de qualité (et de grind tout court) subi par votre chroniqueur depuis de longs mois. Tomber sur un groupe qui a tout compris à ce point fait plaisir. Puissant, hargneux, fougueux sans sombrer dans l’excessif ou l’auto-dérision, Straight Hate apporte un rayon de soleil poing dans la gueule dans notre quotidien morne pillé par le capitalisme le plus obscur et le plus sauvage. Évidemment, il s'agit d'un enregistrement sans grand originalité qui ne convertira personne, mais pour les déjà convaincus, il est sacrément convaincant.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6