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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 11 février 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-Floor Jansen
(chant)

-Marko Hietala 
(chant+basse)

-Troy Donockley
(chant+guitare+cornemuse+flûte+bouzouki)

-Emppu Vuorinen
(guitare)

-Tuomas Holopainen
(claviers)

-Kai Hahto
(batterie)


TRACKLIST

1) Swanheart
2) End of All Hope
3) Wish In Had an Angel
4) 10th Man Down
5) Come Cover Me
6) Gethsemane
7) Elan
8) Sacrament of Wilderness
9) Deep Silent Complete
10) Dead Boy's Poem
11) Elvenjig
12) Elvenpath
13) I Want My Tears Back
14) Amaranth
15) The Carpenter
16) The Kinslayer
17) Devil and the Deep Dark Ocean
18) Nemo
19) Slaying the Dreamer
20) The Greatest Show on Earth
21) Ghost Love Score

DISCOGRAPHIE


Nightwish - Decades: Live In Buenos Aires (BluRay)
(2019) - metal symphonique - Label : Nuclear Blast



Ils l’ont fait! Une véritable tournée anniversaire où tout le répertoire est joué, où des raretés qui n'ont plus été entendues depuis des années sont magnifiées avec des ré-arrangements symphoniques par-dessus... tout ! Oui en, 2019, Nightwish offre une tournée avec "The Carpenter", "Gethsemane", "10th Man Down", etc. Au-delà d’une setlist exceptionnelle, ce nouveau live répond-il aux attentes ?

Pour être honnête, cela va fortement dépendre du format de ce nouvel écrin. Effectivement, une fois les premiers extraits divulgués, le doute était de mise, dont un sous-mixage en première ligne. Aïe. Honnêtement, la version CD ne répond pas aux attentes, et est loin de certaines de ses prédécesseures à l’instar d’End of an Era ou From Wishes to Eternity. Fort heureusement, la version vidéo (BluRay) est de bien meilleure facture. Certains sons, certains accords non perceptibles sur le support cd le sont sur le support vidéo (surtout lors des soli d’Emppu). La voix de Floor est moins écrasée, le son général plus vif. Après, il ne faut malheureusement pas oublier que Floor était malade lors du concert en question et cela se ressent rapidement sur "End of All Hope", œuvre nécessitant une certaine puissance vocale. Fort heureusement, au fil du show, elle arrive à doser son effort et ne pas foncer tête baissée. Elle trouve son apogée sur certaines vieilleries dépoussiérées à l’instar de la sublime "Gethsemane", véritable bijou du set, avec une ré-orchestration puissante et bienvenue rendant la chanson résolument moderne (il faut dire que les claviers initiaux sonnent un peu cheap désormais). "Sacrament of Wilderness", issu également d’Oceanborn (meilleur album de l'Histoire, mais vous le savez déjà), se voit légèrement modifié également, Tuomas plaçant le sample de "Stargazers" sur son break. Étonnant et efficace.
Si les Finnois n’ont pas oublié de proposer leurs tubes habituels, tubes que Floor tend désormais à maîtriser parfaitement, ("Nemo", "Wish I Had An Angel", "Amaranth", "Elan", "Ghost Love Score") le sextuor livre au fil de la prestation de bien belles surprises. Quelle émotion d’entendre résonner sur fond de guitare acoustique les notes de "Dead Boy’s Poem" ? Quel excitation de fredonner « In The Sheltering Shade of Forest, Calling Claiming Silence », annonciateur de la toute première piste CD du groupe : "Elvenpath" ? Quelle appréhension face à "The Carpenter" (et le chant désastreux de Tuomas) ? Désormais Troy fait partie intégrante du groupe et sa voix sied parfaitement au côté folk et sublime le tout premier single de Nightwish. Cette tournée est également l’occasion de confirmer que l’intégration définitive de Troy est une des meilleures décisions de Tuomas. Son attirail musical, en live, permet de faire vivre les morceaux, de les sublimer donc, de leur donner vie et d'immerger pleinement le public ("Elvenjig" (chant traditionnel), "The Carpenter", "I Want My Tears Back", "The Greatest Show on Earth").
Alors, bien sûr, on est en droit de se poser plusieurs questions. Pourquoi Marco fait-il les parties parlées sur "10th Man Down" et "The Devil And The Deep Dark Ocean"? ce qui donne beaucoup moins de force à ces deux monuments (surtout le second, moment le plus violent du set, quel morceau !). Pourquoi un seul titre (dont "Amaranth" encore et toujours) de chaque album avec Anette ? Pourquoi cette pochette immonde ? Alors oui, la chouette est symbolique et traverse les artworks de Nightwish au fil du temps, mais sérieusement ? Ceci dit, cela ne suffit pas à nous faire bouder notre plaisir. La cohésion du groupe semble plus forte que jamais, le jeu de Kai se veut de plus en plus puissant et Floor semble comme un poisson dans l’eau. Entre une prestation collective convaincante, une setlist exceptionnelle, comme nous n’en auront sûrement plus, Nightwish a clairement gâté ses fans avec cette tournée et ce Bluray.


Decades clôt un chapitre long de plus de vingt ans, passant d’un metal  folk acoustique des débuts à un speed mélodique ravageur pour devenir la référence du metal symphonique. Si les anciens membres n’ont pas été conviés pour cet tournée anniversaire, la setlist, les titres choisis, rendent hommage à toutes ces années. Un bien beau concert.


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