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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 08 février 2020
Sa note : 13/20

LINE UP

-Thomas "Pest" Kronenes
(chant)

-Ove "Døden" Sæbø
(guitare)

-Heine "Heks" Salbu
(guitare+claviers+basse)

-Ørjan "Torquemada" Risan
(batterie)

TRACKLIST

1) Scrolls of the Shadowland
2) Ride the Whore
3) Lucifer’s Lament
4) Millenium Beast (Awaiting the Feast)
5) Stepping Over Angels
6) The Shepherd and the Hounds of Hell
7) Utopia Obtained

DISCOGRAPHIE


Obtained Enslavement - The Shepherd and the Hounds of Hell



Obtained Enslavement c’est quand même l’histoire d’une bande de losers, ou de pas de bol. Le groupe n’a jamais connu le succès, et a probablement reçu plus de reconnaissance depuis les racines de pissenlits que de son vivant. Pourtant ça n’a pas été faute d’essayer. Quatre albums à leur actif, qui plus est sortis peu ou prou durant la période bénie du black metal, 1994-2000, une reconnaissance des experts du style et globalement une qualité évidente.

Le cas qui nous intéresse ici est plus précisément leur dernier opus, champ chant du singe cygne d’une troupe qui n’aura pu que naviguer entre succès d’estime et oubli confondant. Encore une fois, il est important d’ajouter un pourtant. Pest est un chanteur apprécié et reconnu, Torquemada un batteur inquisiteur (uh uh uh) qui s’est attiré les félicitations du jury. Mais non. Ce dernier testament dévie de la ligne directrice des (évidemment) Norvégiens. Privilégiant les riffs, et donc les guitares, il délaisse l’aspect symphonique diaboliquement efficace des précédentes livraisons (les indispensables Witchcraft et Soulblight). Les claviers demeurent présents, mais d’une austère discrétion. Concomitamment, le son passe d’une crudité toute black à quelque chose de plus heavy. Cohérent avec cette orientation portée sur les riffs.
On peut comprendre la déception initiale des fans. Soulblight parachevait la consécration d’un grand du black symphonique, imposant, grandiloquent, et voilà qu’on se retrouve avec ce qu’il faut bien appeler du heavy/black. Aurait-il fallu continuer sur la lancée ? Probablement pour apaiser l’appétit des aficionados, mais en tant que musiciens la horde avait peut-être fait le tour de ses idées. Un souffle nouveau pour un nouveau départ, pouvait-on espérer. C’est tout le contraire qui s’est passé bien sûr, puisque le groupe disparut dans la foulée. Il faut avouer que cette inclination a de quoi surprendre. Pourtant le groupe a su choyer ses auditeurs en débutant tambours battants avec l’excellente "Scrolls of the Shadowland", maîtresse pourvoyeuse de mélodies et porteuse d’un break faramineux.
Il faut cependant donner raison à la majorité. Cette sortie manque d’un quelque chose. Tout d’abord sur le strict plan sonore, ça sonne creux. Désillusion et sorcellerie, le constat est implacable. Ensuite ce que le heavy se doit d’apporter, une puissance et une force d’entraînement, il faut avouer qu’elles ne sont pas en permanence au rendez-vous. On peut également pester (uh uh uh bis) sur le chant clair. Il est relativement quelconque et pas foncièrement maîtrisé. Cependant abonder à la litanie des manquements de cet album serait faire preuve d’une coupable bassesse. Car certaines mélodies font mouche ("Millenium Beast", "Awaiting the Feast" et la langoureuse chanson-titre), et les bonnes idées tentent de percer la carapace tout le long des compositions (encore une fois "Millenium Beast" rehaussée d'arpèges et de blasts forts à-propos). L’effort est notable et admirable, même s’il faut reconnaître que cela reste trop souvent au simple stade d’effort.


Faut-il se montrer dur avec un tel album ? Pas forcément car Obtained Enslavement a su dépasser ses facilités pour se mettre en difficulté. Le problème est que le collectif scandinave s’est quelque peu embourbé. Pour autant l’inspiration qui faisait sa force n’a pas totalement disparu et nous laisse de beaux passages. Malheureusement trop épars pour inciter à une chaude recommandation. Pour fans éclairés donc.


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