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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 27 janvier 2020
Sa note : 13/20

LINE UP

-Roger "Nattefrost" Rasmussen
(chant+guitare)

-Terje Vik "Tchort" Schei
(guitare)

-Daniel Vrangsinn Salte
(guitare+claviers+basse)

-Anders Kobro
(batterie)

A participé à l'enregistrement:

-Arvid Thorsen
(saxophone)

TRACKLIST

1) It’s Darker Than You Think
2) Skjend Hans Lik
3) The Well of All Human Tears
4) Put to Sleep Like a Sick Animal
5) Hymne Til Doden
6) Ancient Spirits of the Underworld
7) Spill the Blood of the Lamb
8) One with the Earth
9) Christian Incoherent Drivel
10) The Old House on the Hill
11) Nekrophiliac – Anthropophagus Maniac
12) Cold Murderous Music

DISCOGRAPHIE


Carpathian Forest - Defending the Throne of Evil
(2003) - black metal - Label : Season Of Mist



Je l’avoue, ce rejeton de Carpathian Forest était un peu passé sous le radar à l’époque de sa sortie, le diptyque Strand Old Brew/ Morbid Fascination of Death ayant laissé les fans en état d’apoplexie avancée. Ce n’est que bien des années plus tard qu’il refit surface pour se rappeler au bon souvenir. Vous connaissez sans doute ces envies bien précises de black metal à l’ancienne, ces moments où l’on souhaite se replonger dans le passé bien connu mais en même temps découvrir de nouvelles contrées (qui a dit paradoxal ?) Et bien c’est l'un de ceux-là.

Qu’a motivé ma superbe ignorance de cette sortie ? L’album a-t-il seulement eu de mauvaises critiques ? À en croire ce qui traîne sur le net, même pas. Pourtant à l’époque on en était encore à lire la presse papier, et de mémoire cette même presse ne l’avait pas couvert de louanges. De toute façon, il y a largement prescription maintenant. Surtout que passée l’intro aux claviers dignes des films d’épouvante des années soixante-dix (une certaine constante dans le son du groupe), le disque commence comme un réalisation classique de Carpathian Forest: guitare froide, batterie sylvestre, basse légèrement proéminente et le chant reconnaissable entre mille de Nattefrost. Rapidement le blast laisse la place à un rythme plus posé, presque heavy/punk (ou thrash si vous souhaitez rester dans la famille du metal) si je puis me permettre. Encore un fil rouge de la troupe.
La surprise viendra du riff bien mélodique que signe le refrain de la chanson. Extrêmement accrocheur et entêtant, il fonctionne parfaitement. Alors si vous avez aimé ce premier contact, soyez rassurés et sachez que le reste est à l’avenant. On retrouve tout ce qui fait Carpathian Forest de partout. Le rythme martial/ thrash répond à la norme attendue. Les menus blasts sont bien sûr de la partie puisqu’on parle black metal et Nattefrost est sérieux lorsqu’il fait du black. Les compositions puent donc particulièrement cette patte norvégienne, avec un mix de feeling old school dans les relents thrash que ne renieraient pas les groupes les plus anciens du genre, et d’une pointe de modernité dans le son général ainsi que les quelques incartades hors des sentiers battus, cf "Hymne Til Doden" (il y en a beaucoup moins que sur Morbid Fascination of Death).
Difficile d’en raconter plus tant l’enregistrement est d’une belle tenue dans son style de prédilection. Pour un peu, je me laisserais écrire que rien ne dépasse, tout est dans les cases. Et c’est bien ce phénomène qui porte en lui les germes de l’explication de son relatif anonymat initial. Carpathian Forest a fait un album de Carpathian Forest. Il ne possède pas la surprise de Strange Old Brew ni la folie quasi congénitale de Morbid Fascination of Death. Defending the Throne of Evil est une belle prolongation de ce duo qui aura marqué une génération de fans de black metal, tout en en faisant moins. Plus sage et plus prévisible, il ne se démarque pas favorablement de ses aînés. Néanmoins, il peut très bien se percevoir comme meilleur, en tout cas au niveau, et c’est tout son paradoxe. Le classicisme et le manque de prise de risque récompensés ?

Fondamentalement, j’ai envie de vous dire non. Defending the Throne of Evil n’a pas fait de vague plus que de raison à sa sortie, il ne deviendra pas un classique indispensable quinze ans plus tard. Par contre, il porte en lui tout le pré-requis pour satisfaire l’appétence de metal noir plutôt mid tempo et mélodique. Et il permet de se ré-acoquiner avec le chant de Nattefrost - c’est une belle carotte.


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