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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 05 janvier 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Gleb "Vilhelm" Sysoev
(chant+guitare+basse+claviers)

-Max "Morbius" Sysoev
(guitare+basse)

Ont participé à l'enregistrement:

-Valentina Astashova
(claviers)

-Sergey Pastuk
(accordéon)

-Serpentum
(basse)

-Vlad Yungman
(batterie)

TRACKLIST

1) Siberian Sorrow
2) The Shrouded in Darkness

3) Leshiy
4) Spiritual Emptiness
5) Enisey
6) Blizzard
7) Howl at  Night
8) Rest in the Snow

DISCOGRAPHIE


Grima - Will of the Primordial
(2019) - black metal - Label : Naturmacht



Grima est russe. Grima est l’affaire de deux frangins [ndlr: jumeaux]. Grima est passé en dehors de mes radars malgré deux précédentes sorties. Grima ne m’en veut pas car il ne me connaît pas, mais personnellement je m’en veux à la découverte de cette pépite. Grima fait du black metal. Et Grima ne grimace pas.

Grima fait faire la moue, de manière plutôt admirative il faut le dire. Mais avant de se lancer dans un concours de compliments, revenons un peu sur les fondamentaux. Qui dit Russie dit généralement black metal froid (on s’en serait douté), assez cru et tendance pagan. Le duo ici présent ne déroge pas à la règle pagan puisqu’il semble manifestement éprouver un grand respect pour la Nature et sa musique dégage une forte aura mélancolico-bucolique. Ce n’est pas l’instrumentale et fort à-propos nommée "Spiritual Emptiness" qui viendra contredire cet état de fait. Froid, Grima l’est également assurément. Cru, un peu moins déjà. Car le groupe maîtrise sa technique, sa production. Ce troisième album fait montre d’un professionnalisme certain et dénote une certaine habitude du studio. Car les frères ne se laissent pas déborder et savent au contraire exactement là où ils désirent aller.

Will of the Primordial est une ode à la Nature, cela transpire de tous ses pores. Par sa langueur il rappelle Drudkh du temps où les Ukrainiens faisaient de la bonne musique. Pour autant, il est nettement plus vigoureux. Employer le qualificatif « atmosphérique » est tentant, mais si cela doit se faire au détriment de l’agressivité, alors non, ce dernier est inapplicable dans le cas présent. Car le disque envoie. Du bois évidemment, avec des blasts récurrents, des riffs qui peuvent se faire hargneux et même des solos typés heavy. Seulement les compositions sont plus riches que cette simple débauche d’ambiance et de blasts. Tout d’abord, la star incontestée de l’album: l’accordéon. Ayant fait appel à un guest spécialement pour l’occasion, Grima ne se prive pas de le mettre en avant. Avec l’intelligence de ne pas en coller partout (bien au contraire en fait), et avant tout de lui donner tout le relief dû lorsqu’il intervient.
Ensuite les claviers. Leur présence est attestée et indéniable. Elle est même indispensable, tant ils contribuent à l’atmosphère particulière du disque dans la délicatesse de leurs effusions. Cependant ils ne s’en tiennent pas à de simples nappes. Tantôt spatiaux pour aérer une musique qui ne manque pas d’air, tantôt mièvres pour rappeler la nostalgie de l’enfance. Les Russes n’en manquent pas une pour abreuver l’auditeur que nous sommes en gâteries musicales. Ils n’oublient évidemment pas la classique guitare acoustique, mais même là ils parviennent à rendre ses apparitions hors de l’ordinaire tant elles s’insèrent brillamment dans la composition, point d’effet de collage sauvage. Dès lors, ce que l’introduction ne cachait pas se confirme: nous sommes face à une réussite. Même la construction de l’album est relativement surprenante puisque les trois premiers titres sont les plus longs, au-delà des sept minutes, comme pour dire « vous voyez, on fait de la bonne musique, pas besoin de vous ménager pour débuter ».


Et ils ont raison. Ce Will of the Primordial appartient à la caste des grands albums. D’inconnus au bataillon, Grima passe pour ma part directement dans la case des groupes à suivre. Quiconque possède un intérêt pour le black metal, voire le metal au sens large, a à gagner d’une telle rencontre.


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