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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 janvier 2020
Sa note : 13/20

LINE UP

-Kyle Earl "Naas Alcameth" Spanswick
(chant+guitare+claviers+basse)

-Ain
(batterie)

TRACKLIST

1) Breath and Levitation
2) Tides of Oneiric Darkness
3) Consummation
4) The Dreaming Eye
5) Into the Indigo Abyss

DISCOGRAPHIE


Akhlys - The Dreaming I



Akhlys, voilà un nom qui s’est forgé une belle aura lors de l’année 2015. Sorti des Etats-Unis et d’un peu nulle part, en tout cas pour qui ne suit pas spécialement la scène américaine, The Dreaming I (hommage à Kate Bush ?) a fait sensation dans le milieu. C’est donc tout naturellement qu’il a attiré ma curiosité, un black metal violent et chargé en ambiance, accompagné qui plus est de critiques quasi universellement élogieuses (ok, il n’y en pas cinq-cents-mille), voilà qui ne manque pas d’intriguer.

Décidément, le nom de l’album intrigue. Car s’il ne s’agit pas d’un hommage à Kate Bush, peut-être renvoie-t-il à The Mind’s I de Dark Tranquillity, dans un style tout à fait différent cependant (hormis le penchant pour les mélodies). Et le fait qu’il comporte une chanson "The Dreaming Eye" est-il une référence à la dualité Reign in Blood/"Raining Blood" de Slayer ? Bref, on spécule énormément, mais toujours aucun mot sur la musique. Il faut savoir que le pilier de Akhlys, c’est l’atmosphère. Cela ne signifie pas nécessairement coller des claviers partout ou jouer lentement, bien au contraire. Des claviers, il y en a assez peu, discrets et en arrière-plan. Des lenteurs, il n’y en a… pas. Ou si parcimonieusement. L’ambiance est plutôt au blast ou à la double pédale en temps normal. Pourtant l’introduction est de rigueur. Bruits pas forcément inquiétants, mais étranges, intrigants. Et les voilà poursuivis par une musique qui cogne dur et vite.
Les riffs ne sont pas la spécialité d’Akhlys. Le groupe en colle bien quelques uns de-ci de-là, pourtant les guitares sont surtout et avant tout le réservoir de l’atmosphère que les Américains vont vouloir déverser sur l’auditeur. Évidemment, il y a de vrais riffs, pour autant ils ne sont pas majoritaires et reposent bien souvent sur les fondamentaux du black metal. Tremolo ou va-et-vient hypnotique, il n’y a là aucune recherche de technicité ou de variation. L’efficacité par contre est présente en abondance. Nous y reviendrons plus tard, mais pour l’instant concentrons-nous sur l’enveloppe sombre qu’appose le duo. Indubitablement elle remémore Leviathan l'Américain et les films d’horreur les plus portés sur la psychologie. Ce genre de film dont les protagonistes tournent en rond dans des dédales sans fin ni issue. S’enfoncer toujours plus profondément dans les méandres de la folie, voilà bien le but de The Dreaming I.
La forme utilisée relève elle aussi d’une efficacité éprouvée, de longs titres afin de mettre en place, et laisser le temps d’infuser, la fameuse atmosphère recherchée. Pourtant, c’est bien de cette efficacité dont on peut se plaindre. À trop vouloir atteindre son objectif Akhlys perd une authenticité, voire même une idée du black metal. Le tout est conforté par la production, froide, glaciale même, tout autant que (trop) bonne et pourquoi pas légèrement lisse. On touche alors au but de ce qui semble manquer à The Dreaming I, un brin de folie. Ironique pour un disque faisant son business sur la folie infligée à ses auditeurs. Mais la réalité est bien là et crue. Les compositions abreuvent l’amateur de black metal halluciné de tout ce dont il peut rêver, néanmoins on ressent une trop grande maîtrise des événements qui auraient indubitablement gagné à se laisser envahir pas plus d’improvisation, et pourquoi pas d’émotion.


Oui, The Dreaming I est un album maîtrisé de bout en bout. On sent bien que chaque accord a été plaqué dans le but de recréer cette atmosphère d’asile psychiatrique. L’effet est même réussi. Cependant on peut arguer qu’il est « trop » réussi. Beaucoup y trouveront leur compte, mais il est à parier que les plus acharnés à entretenir une vision puritaine du black metal pourront rester relativement hermétiques à ces compositions trop carrées.


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