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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 30 décembre 2019
Sa note : 16/20

LINE UP

-Natalia Samofalova
(chant+guitare+piano)

-Vincent Bedfert
(guitare)

-Sly
(basse)

-Jérémie Legrand
(batterie)

TRACKLIST

1) A Mouse and a Snake
2) Only I Will Remain
3) Hiding Place
4) Thinning Ice
5) Mr & Misadventure
6) Limerence
7) Disequilibrium
8) Down That Alley
9) One Way Out
10) Devil's Lap
11) The Nerve
12) XYZ
13) In the Presence of a Ghost

DISCOGRAPHIE


Venice May - Illusion is Inevitable
(2018) - post rock rock alternatif et aérien - Label : Autoproduction



Un mois et demi après le très bon concert de The Gathering au Petit Bain il est enfin temps de vous présenter Illusion Is Inevitable, premier album des Français de Venice May (qui ont assuré la première partie des Néerlandais). Une vingtaine d’écoutes plus tard (si si) de cette œuvre complexe et féerique, mon ressenti général est enfin mûr. Une chose est sûre, les Parisiens méritent que vous leur donniez une chance tant le combo possède une étincelle que peu de groupes peuvent se targuer d’avoir à leurs débuts.

Alors certes, et je vais être clair dès le départ, Illusion is Inevitable n’est pas exempt de défauts, mais atteindre ce niveau d’entrée de jeu, peu de formations peuvent s’en vanter. Commençons ainsi avec les éléments à améliorer (et ce afin de ne pas finir sur une note négative). Le principal reproche que je fais à Illusion is Inevitable est sa longueur et donc sa lourdeur. Treize titres pour plus d’une heure de musique, dans un genre complexe c’est trop, beaucoup trop [ndlr: toi, ça fait longtemps que tu n'as pas écouté un album de Dream Theater]. Ainsi l’expérience n’est pas absolue. Je trouve ainsi que l’enchainement "Devil’s Lap" (bien que j’apprécie l’exercice de style) -"The Nerve"-"XYZ" est de trop. L’apport qualitatif est bien moindre que sur les dix autres pistes, et me fait complétement décrocher, ce qui est dommage. Fort heureusement, le titre final, "In the Presence of a Ghost" conclut ce premier essai de fort belle manière avec un final à couper le souffle, faisant un peu office de synthèse de l’œuvre. Pour ma part, pour une expérience optimum, quand j’écoute Illusion is Inevitable, je retire systématiquement les trois titres ci-dessus. Et franchement, dans ces conditions, cet album tutoie les sommets.
S'agissant des autres morceaux, c’est quasi un sans-faute. Venice May alterne titres aériens dans une veine post rock axé sur les ambiances instrumentales et rock alternatif, avec une rythmique plus saturée et un batteur toujours juste en soutien. Ces schémas s’entremêlent et se croisent pour donner vie à des créations complexes, aériennes, tout en restant rock. Il est ainsi très difficile de ressortir un titre en particulier. Si vous êtes amateurs d’ambiances électriques et aériennes, "Thinning Ice", "Down That Valley" et le bijou qu’est "Disequilibrium" sont faites pour vous. Si vous préférez un son plus brut et alternatif jetez-vous sur "Only I Will Remain" ou "One Way Out" (titre bien groovy et où la basse n’est pas là pour faire de la figuration). Mais si cette magie opère, c’est en grande partie dû à la performance de Natalia. L’Ukrainienne délivre une performance proche de la perfection. C’est bien simple, la vocaliste sait tout faire et explore différentes approches. Qu'elles soient rock ("Only I Will Remain"), maniérées mais dans le bon sens du terme ("Thinning Ice"), cristallines ("Disequilibrium") ou encore perchées dans les aigus ("Hiding Place"), toutes ses tentatives sont des réussites. Ajoutez à cela des parties instrumentales léchées et parfaitement exécutées, et vous obtenez un cocktail absolument savoureux.


Illusion is Inevitable est clairement une surprise que je n’ai pas vu venir. Elle se déguste au fil des écoutes, afin d’en saisir l’essence. Le quatuor délivre des compositions pour la plupart maîtrisées, et si on sent quelques références de ci de là (The Gathering, Radiohead, Portishead, A Perfect Circle), le groupe offre une profondeur et une identité propre à son œuvre. Et bien que la recette soit un peu lourde en fin de bouche, c’est un sacré exploit de proposer tant de créativité et de maîtrise pour un premier essai.


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