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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 17 décembre 2019
Sa note : 16/20

LINE UP

-Adramelech
(chant)

-Ska-Gul
(guitare)
 
-Morion
(guitare)
 
-Crudelis
(basse)
 
-M.
(batterie)

TRACKLIST

1) The Innermost Disillusion
2) Abysmal Cacophony
3) Upheaval of Silence
4) Ω ≻ 1 (Oscillation in Timelessness)
5) Gate-eye of Fractal Spiral
6) Orison for the Baneful Serpent

DISCOGRAPHIE


Inferno - Gnosis Kardias (Of Transcension and Involution)
(2017) - black metal - Label : World Terror Committee



La Tchéquie est un pays étrange dans le metal, et plus particulièrement dans le black metal. Relativement absente des radars, elle est capable de coups d’éclat imposants. Master’s Hammer pour les plus anciens, Lykathea Aflame pour les plus death tarés et Cult of Fire pour les plus sanskrits. Bref, un pays discret, mais qui sait sacrément péter les plombs quand il le faut. Il semblerait bien que Inferno soit de cette trempe. 

Précédé de critiques élogieuses, c’est ainsi que ce Gnosis Kardias a eu la grâce d’atterrir dans mes esgourdes. Et c’est tout à fait logique étant donné son caractère différent. Cet album sort du lot, indéniablement. S’il fallait absolument le comparer et le qualifier, ce serait du black spatial. Et pour cela, le nom de Darkspace ressortira. On pourrait aussi se dire finalement que spatial et hallucinogène vont de paire. Dans ce cas, pourquoi ne pas évoquer Mysticum, spatial et halluciné, même si musicalement ça demeure très éloigné. Bref, vous voyez le topo, on parle black metal pas franchement conventionnel. De toute façon, pour s’en convaincre il suffit d’écouter les premières mesures de l’album, batterie blastée accompagnée de maigres accords de guitare. C’est tristement simple et diaboliquement efficace.
Le mérite d’une telle accroche est de jouer franc jeu. Ce disque ne s’adresse pas au quidam noir moyen. Il explore des dimensions supplémentaires, voire même parallèles tant on peut se sentir dans un autre monde par moments. Cela le rend-il difficile d’accès pour autant ? Non, car les mélodies sont présentes, elles étalent leurs ramifications le long des compositions comme autant de liant musical et de points d’accroche nécessaires. Évidemment, cela demandera, exigera, de l’ouverture pour accepter ces louvoiements. Le black metal strident et cosmique ainsi proposé ne rentre volontairement pas dans les canons. Pour autant, les blasts et les mélodies sont là. Même les riffs font quelques apparitions remarquées. Et les claviers aussi… à moins que ces Tchèques joueurs ne nous dupent avec des guitares aériennes déguisées en claviers.
Le déguisement, voici une notion qui sied bien à une telle livraison. Le but est d’échapper à la sagacité de l’auditeur en lui proposant une autre vision de la musique, en serpentant entre ses attentes et ce qu’il croit deviner de la progression des chansons. Ne croyez pas les changements de rythmes légions, cependant ils sont forts, marqués et tenaces. Les titres semblent vouloir progresser vers un but céleste et ils nous embarquent pour un sacré voyage ce faisant. Enrobé d’une atmosphère épaisse (écoutez l’hallucinante "Gate-eye of Fractal Spiral"). L’égarement devient alors une notion à éviter comme la peste, ce que Inferno fait avec maestria. Bien sûr, il perd des aficionados en cours de route, mais pour quiconque désirant se plonger dans ce monde sombre bien sûr, mais stellaire, en découlera une expérience prenante. Et c’est toute la réussite de Gnosis Kardias, de son parti-pris casse-gueule, en tirer une cohérence.


Spécial et spatial, deux termes décrivant bien cette sortie. A l’adresse de l’aventurier noir, il le comblera immanquablement. Ce faisant, il se brouille avec toute la frange plus traditionaliste. Qu’importe, un tel album est un album de choix sécants. Alors, sectionnez.


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