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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 26 mars 2008
Sa note : 14/20

LINE UP

-Andy B. Franck
(chant)

-Torsten Ihlenfeld
(guitare)

-Milan Loncaric
(guitare)

-Andreas Mailänder
(basse)

-Dieter Bernert
(batterie)

TRACKLIST

1)Crush Depth
2)Tear Down the Walls
3)Beyond My Destiny
4)Arena
5)Coming Closer
6)Darkest Silence
7)Maharaja Palace
8)Far Away
9)Demonsion
10)Lost Unseen
11)Perception of Life

DISCOGRAPHIE


Brainstorm - Ambiguity
(2000) - heavy metal - Label : Metal Blade Records



Nouveau label et surtout nouveau chanteur : il est temps pour Brainstorm de passer à la vitesse supérieure après des débuts assez laborieux, mais néanmoins remarqués à défaut d'être remarquables. Et visiblement, la mayonnaise a bien pris entre Andy B. Franck (qui s'est chargé de l'intégralité des paroles) et Brainstorm, puisque ces derniers nous offrent là leur album le plus heavy et de loin le meilleur à ce stade de leur carrière. Pour une fois que le sempiternel discours promo ne ment pas !

Le début de l'album donne dans le classique de chez classique. Pas de petite intro cette fois, tout juste quelques notes étouffées et mystérieuses au début de "Crush Depth" avant de balancer la purée sous la forme d'un bon riff bien mastoc. Pour le reste, on retrouve les ingrédients habituels : changements de tempo sous forme d'accélérations bienvenues et refrain fédérateur, avec des chœurs bien appuyés. Une aptitude au gros riff qui tache confirmée avec "Arena" et son riff sculpté à la tronçonneuse. Pas de révolution à l'horizon donc, mais de nettes améliorations, pas de doute là-dessus. Prenez par exemple "Tear Down the Walls" et sa double pédale à fond la caisse : pas de différence profonde avec "Holy War" sur l'album précédent, sauf que cette fois, sans qu'on puisse véritablement l'expliquer, ça sonne. Faites le test, et vous verrez ! Voilà en tout cas le premier vrai hit de Brainstorm, le premier refrain à reprendre avec une bière à la main sous le soleil d'un festival. Une condition sine qua non pour se faire un nom sur la scène heavy !

Ambiguity marque également la transition salvatrice de Brainstorm d'un heavy metal trop basique à une musique un peu plus ambitieuse. Évolution nécessaire pour sortir de la masse des groupes de heavy arrivés sur le marché avec la vague true metal, mais aussi complètement assumée. Les Allemands n'hésitent pas en effet à balancer dès la troisième piste "Beyond My Destiny", une pièce de plus de 8 minutes lente et mélancolique, aux confins du metal sympho. Dans le genre inattendu, ça se pose là, d'où la présence dans la foulée d'un "Arena" ultra-classique histoire de ne pas trop bousculer les fans, signe d'un tracklisting osé mais judicieusement étudié. Autre signe de cette évolution, "Maharaja Palace", probablement la compo la plus étonnante de l'album. Là encore, Brainstorm choisit de garder le pied sur le frein et en profite pour greffer sur une base heavy classique une atmosphère indienne plutôt originale. Moins de chance en revanche pour la ballade "Far Away", qui voit Andy B. Franck en rajouter des tonnes dans le registre de l'émotion et qui au final sonne un peu faux.

Même sans mettre systématiquement en avant les titres les plus originaux de cette galette, force est de constater que les compos de Brainstorm sonnent nettement plus matures que ce que le groupe avait proposé jusque là. À ce titre, la fin de l'album est assez révélatrice de l'effort fourni par Brainstorm pour étoffer un peu sa musique, notamment au niveau des arrangements. Tout en restant très heavy, des titres comme "Demonsion" ou "Lost Unseen" n'ont finalement que très peu à voir avec les deux premiers efforts de Brainstorm. Le premier nous propose un étonnant couplet reposant principalement sur la section rythmique, alors que la paire de gratteux s'en donne à cœur joie sur un break très mélodique. Le second nous offre quant à lui une intro très travaillée de près de 2 minutes qui semble couler de source et un refrain bien soutenu par les claviers inexistants sur les premiers opus du groupe. Dommage que Brainstorm manque la dernière marche, avec un "Perception of Life" qui voit les Allemands retenter l'expérience speed mélodique, mais sans le même succès qu'avec l'impeccable "Dog Days Coming Down".


Après un double galop d'essai pas tout à fait convaincant, Brainstorm parvient enfin à prendre son envol avec Ambiguity. Forts de compos plus riches et plus mélodiques, mises en valeur par un chanteur plus en rapport avec les ambitions du groupe, Brainstorm s'est enfin donné les moyens de s'extirper de la masse. Avis aux amateurs : l'édition limitée est pour une fois chaudement recommandée. Vous y trouverez un titre bonus ("Revenant") qui vaut le détour, et qui voit Andy B. Franck s'essayer au chant… death ! A découvrir !


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