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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 08 décembre 2019
Sa note : 16/20

LINE UP

-Frank Albanese
(chant+guitare)

-Peter Brown
(guitare)

-Greg Nottis
(chant+basse)

-AJ Viana
(batterie)

TRACKLIST

1) Usurpation
2) Currents   
3) Rituals
4) To Atone
5) Withered
6) Worlds Within
7) Kindling   
8) Accursed
9) Progeny

DISCOGRAPHIE


Hath - Of Rot and Ruin
(2019) - death metal progressif et mélodique - Label : Willowtip



Quand on me parle d’un groupe en évoquant Ne Obliviscaris, mon sang ne fait qu’un tour. Après l’excitation, vient le scepticisme : les Australiens sont incomparables, qui ose ainsi s’en inspirer ? Les Américains de Hath produisent un death progressif et sortent avec Of Rot And Ruin leur premier album après un EP paru quatre ans plus tôt. C’est donc le véritable baptême du feu pour le groupe, et du feu, il va y en avoir.

Si Ne Obliviscaris possède un univers extrêmement riche et varié, notamment par la présence d'une voix claire très mélodique ou de violons, ce n’est pas du tout le cas de Hath. Cette comparaison, flatteuse, me paraît du coup peu pertinente, même si certains passages peuvent, en effet, rappeler la musique des Australiens (notamment sur "Accursed"). Sur Of Rot And Ruin, la base death metal est très présente. La voix claire est rare et souvent criée plus que mélodieuse. Pour ma part, j’ai plus pensé à un groupe comme Svart Crown. Of Rot And Ruin combine agressivité, ambiance sombre et… quelques passages beaucoup plus calmes. Si la base death prog se veut classique, avec des morceaux longs et violents, c’est clairement les passages lents et atmosphériques qui font le sel de la galette. De « album sympa et bien exécuté », Hath en fait une œuvre plus ambitieuse, plus surprenante aussi. Il semble que le groupe soit dans une évolution vers ce genre de constructions, car les premiers morceaux sont du death progressif pur : rentre-dedans, tout en agressivité et en mélodies dissonantes (si ce n'est "Rituals", déjà très ambitieux). La fin va nous en offrir bien plus encore.
C’est avec "Withered" que Hath nous montre son autre facette. La chanson démarre après près de deux minutes de progression lente et mélodique de toute beauté. "World Within" enfonce le clou avec son break calme où la basse nous propose un petit solo mélodique très réussi, suivi ensuite par les guitares. On enchaîne avec un interlude en son clair de deux minutes… La deuxième partie de ce "Of Rot And Ruin" présenterait-elle ce vers quoi le groupe veut aller ? Si la première moitié est brute de décoffrage (mais néanmoins réussie), la seconde présente un groupe excellent, qui mêle différentes influences avec brio. C’est le moment de se rappeler que l’on est en possession de ce qui est le premier effort du groupe. Que d’espoirs à avoir pour cette formation talentueuse ! Les quatre musiciens ont déjà une belle maîtrise de leur jeu ensemble. Ils sont tous au service de la musique. Outre le chant, parfaitement raccord avec le reste, on entend petit à petit tous les détails ajoutés par chaque instrument. Mentions spéciales à la basse qui, parfois, colore l’ensemble tout en discrétion, mais aussi à la guitare lead, souvent un peu retrait face aux rythmiques plombées, mais qui donne aussi une richesse au spectre du death metal de Hath.

Avec Of Rot And Ruin, Hath produit l’une des galettes les plus enthousiasmantes de l’année. La deuxième partie de l’album est formidable et on attend plus qu’une chose : que le groupe confirme son potentiel et nous produise une suite au niveau des meilleures formations du metal extrême progressif.


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